‹ Solution du problème de la suggestion hypnotiqueChapitre 17 sur 32 · NOUS REVONS TOUJOURS EN DORMANT · texte numérisé non relu

NOUS REVONS TOUJOURS EN DORMANT

Si le lecteur a bien compris le mouvement des « Empreintes-vivantes » et les fonctions perpétuelles du Jet- Spoïitanë, deux phénomènes explique's dans la Section précédente, il comprendra de lui-même que nous rêvons toujours en dormant et que nous ne pouvons pas ne pas rêver. J'ai indiqué dans mon Traite et dans mes Cinq Conférences, les différents moyens par lesquels tout homme peut s'assurer qu'il n'y a pas de sommeil sans rêves.

Chaque fois que vous vous réveillez le matin, si vous vous habituez à reprendre de suite possession de la direction de votre pensée et que vous plongiez immédiatement vos esprits en arrière dans le sommeil que vous venez de quitter, vous arriverez au bout de quelques semaines à vous apercevoir qu'un rêve a été' interrompu en même temps que votre sommeil : toujours.

Si, lorsque, pendant les chaleurs surtout, vous vous sentez fatigué, alourdi et tombant dans la sommnolence, vous voulez lutter contre le sommeil qui s'approche et dont vous sentez le besoin, faites un effort énergique de la volonté pour reprendre possession absolue de votre esprit, au moment où vos paupières sont déjà à demi-closes : vous passerez ainsi d'un demisommeil à l'état de veille ; et vous vous apercevrez que, toujours, un rêve commençait en même temps que vous tombiez dans le sommeil, même dans la première et la plus légère phase de votre engourdissement.

Puisque les fonctions du Jet- Spontané ne s'arrêtent pas plus que la circulation du sang, et que ce que nous voyons dans nos rêves est le produit des dites fonctions, il est impossible que nous ne rêvions pas en dormant.

Le sommeil normal est un phénomène physiologique. Le sommeil nous est indispensable. La privation prolongée de sommeil fait que nous nous endormons en causant, en marchant, en travaillant. Nous tombons dans le sommeil ordinaire par l'effet du repos et de l'occlusion des paupières. Le sang abandonne en partie le cerveau et les quatre membres en passant de l'état de veille au sommeil, pour se porter en plus grande abondance dans les viscères thoraciques et abdominaux dont il active les fonctions pendant le sommeil.

Pendant l'état de sommeil normal, les quatre membres, ainsi que tous les muscles soumis à l'action de la

volonté, et qui concourent au travail ou aux exercices du corps humain, sont en repos ; les facultés mentales se reposent absolument comme les muscles et les membres. Il ne peut pas se faire de travail par les facultés de l'esprit humain pendant le sommeil régulier de l'homme en état de santé.

Donc toutes les visions de nos rêves ne sont que le produit exclusif du Jet- Spontané; nos facultés intellectuelles en repos absolu n'y prennent aucune part.

Pendant le sommeil notre sensibilité est conservée bien qu'affaiblie ; le mouvement d'un camarade de lit nous réveille ; un tic-tac, un ronfleur, un frôlement, une barbe de plume promenée (jeu des enfants taquins) sur la figure d'un dormeur lui fait lever la main et souvent le réveille.

Le cauchemar, sommeil troublé ou anormal, est produit par quatre causes expliquées dans mes ouvrages précités. Le Jet-Spontané agit dans le cauchemar ; mais au lieu d'apporter dans les Corps striés des empreintes-vivantes ordinaires, il n'y apporte que les « empreintes » relatives aux Sensations funestes, douloureuses, pénibles ou tragiques que nous avons éprouvées, ou que nous avonssimplementlues, ouvues, ou entendues comme ayant été subies par d'autres.

Pendant le délire causé par une fièvre, par une congestion cérébrale, l'afflux de sang active les fonctions du Jet-Spontané et donne lieu à des scènes dont lestémoins sont effrayés.

Dans tous ces cas de sommeil, de cauchemar et de

délire, l'esprit de l'homme reste étranger à ce qui se dit par les fonctions du Jet-Spontané.

Le lecteur aura à revenir sur les explications des trois tangentes, données dans les Sections VI, VII et VIII, ainsi que sur les deux Sections relatives à l'Impression et à la Sensation, pour bien comprendre les causes de la Suggestion.

En expliquant les grands phénomènes psychophysiques qui précèdent (et qui s'accomplissent sans la participation de notre intellect, absolument comme les fonctions de la circulation et de la respiration), nous avons parlé des fonctions de tous les organes internes non nerveux du cerveau. Ces organes sont : la Glande pinéale, la Voûte à trois piliers, le Seplum lucidum, le Corps calleux, les Corps striés, la matière grise ou cellulaire et la matière médullaire des hémisphères. Comme ces organes n'ont pas de nerfs, aucun d'eux ne concourt directement au mécanisme de la transmission de la pensée par la parole.

La théorie « des localisations » qui place le siège de la parole dans un des lobes de l'hémisphère gauche, tombera un jour toute seule parce que l'on cessera d'en parler comme on a cessé un jour de crier : Ohé Lambert ! Les mouvements obtenus par la faradisation appliquée sur certaines circonvolutions ne prouvent rien quant aux fonctions des parties faradisées.

J'ai déjà écrit que c'est clans les organes doués de nerfs, situés à la base du cerveau dans ce que l'on appelle : l'Isthme de l'encéphale, que se trouvent lesnerfs concourant au mécanisme de la parole. Si l'on fait des

recherches sérieusesdans les tubercules quadrijumeaux; dans la Protubérance annulaire ; dans la Moelle allongée et les différents pédoncules qu'elle contient ; et surtout dans les Bandelettes de Reil en suivant les fibres qu'elles contiennent et leur entre-croisement, etc. ; si Ton cherche là attentivement, on arrivera peut-être à découvrir les nerfs qui servent au mécanisme de ïa parole. Ceci est l'affaire de la physiologie, non celle de la psychologie.

Les organes psycho physiques du cerveau étant dépourvus de fibres musculaires et de nerfs, sont entretenus, nourris ou ensérosês par les fonctions de l'arachnoïde ; cette membrane leur donne le liquide appelé céphalo-rachidien dont ils ont besoin. 11 est probable que, pendant le sommeil, une partie du sang qui quitte le cerveau est remplacée par une augmentation de liquide céphalo-rachidien ; ce liquide doit faire dans le cerveau, pendant le sommeil, le travail de réparation que le sang opère dans les autres organes.

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