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INFLUENCE DES DISPOSITIONS MATÉRIELLES

aux évolutions sociales des peuples ; et, en effet, si l'on y fait attention, on verra qu'il faut, aux cultes, aux réunions des croyants : l'Église ou le Temple; qu'il faut pour l'Éducation et les soins à donner à l'Enfance : la Crèche, la Salle de garde, et l'Asile ; pour l'Instruction : des Écoles, des Collèges, etc. ; le Travail a des Usines et des Ateliers ; enfin tout ce que l'homme fait est subordonné à la création du milieu matériel propre à en faciliter l'exécution ou la pratique, et les résultats sont proportionnels aux dispositions créées pour les produire.

L'architecture de l'habitation nouvelle doit être, en conséquence, la représentation de l'Union parmi les hommes, autant comme elle a été jusqu'ici l'image de la Division qui règne parmi eux.

Il suit de ces déductions que du jour où l'habitation humaine sera conçue sur un plan réunissant tout ce qui est nécessaire au progrès de la Vie, la condition de l'homme devra promptement s'en ressentir.

Disons plus, disons que l'État Social peut certainement passer par des améliorations bien diverses, mais qu'il n'entrera véritablement dans sa voie régulière et définitive qu'avec la conception architecturale la mieux comprise pour faciliter, au peuple tout entier, l'accès à tous les avantages de la vie sociale.

Les véritables institutions sociales sont celles qui se traduisent, dans les faits matériels , par des fondations durables, et servant, par elles-mêmes,

au maintien de ces institutions ; en dehors de cela, tout est éphémère et sans consistance : les principes restent sans application, les théories les plus vraies sont sans portée, et les aspirations les plus généreuses, sans effet durable sur le sort du peuple.

Quelle sera donc l'Architecture de l'Habitation ? Quelles seront sa construction, sa forme et ses dispositions? Tel est le problème dont la solution importe à celle de la Répartition Équitable des biens de ce monde, et qu'il est dans les conditions dii progrès de notre époque de résoudre.

Un problème bien posé est à moitié résolu, dit un adage vulgaire : il est aussi vrai de dire que les problèmes sont bien souvent différés, faute de connaître les éléments de leur solution.

Assurer le bien-être aux classes pauvres , aux classes ouvrières, est le vœu de tous lesphilanthropes; mais bien peu d'entre eux ont commencé par rechercher en quoi consiste le bien-être; ils se sont bornés à émettre des théories hasardées qui, ne tenant aucun compte des lois véritables de la question, sont le plus souvent faites pour obscurcir le véritable but à atteindre.

La science du bien-être ne repose pas sur des conceptions de l'imagination, elle repose sur la connaissance vraie des besoins de la Vie Humaine. Il ne suffit pas que des vues intéressées vantent certains plans préconçus, pour que ces plans deviennent des vérités. Le fond de la Nature Humaine est immuable; le bien-être a ses conditions obligatoires auxquelles l'Habitation doit satisfaire.

Les lois du bien-être sont inhérentes à l'espèce humaine ; il n'est pas besoin de faire de profondes théories pour déterminer en quoi elles consistent : aussi est-il surprenant que ces lois soient si méconnues en théorie, quand elles sont si bien connues dans la pratique.

Il suffit d'examiner comment la créature humaine recherche et pratique le bien-être pour en avoir une juste idée. Les faits existent, ils sont patents ; à côté des privations imposées aux besoins de l'existence; à côté de la Pauvreté qui manque des choses pouvant rendre la vie agréable, ne voyons-nous pas la Richesse pour laquelle abondent toutes les choses nécessaires à la vie ? Il suffit donc d'énumérer ce que la famille riche s'ingénie à réaliser à son profit, pour reconnaître, sauf les variantes exigées par les latitudes et les climats , que c'est dans les avantages matériels, dont elle est entourée, que cette famille trouve les satisfactions en dehors desquelles tout bien-être disparaîtrait pour elle.

La richesse jouit des biens matériels, ce sont eux qui constituent le bien-être :

Pour elle, l'alimentation est saine et abondante ;

Les vêtements sont beaux, propres et bien faits;

L'habitation est commode et agréable, la propreté y règne ;

Les pièces habitables ne sont livrées à aucune fonction gênante ;

Les soins de la famille sont rendus faciles par les gens de service;

Des pièces particulières sont consacrées aux soins de l'enfance ;

D'autres pièces sont consacrées aux soins et aux fonctions du ménage ;

Des salles sont réservées aux amusements;

Des jardins, des promenades, entourent l'habitation et constituent le charme extérieur.

Tels sont les principaux éléments concourant à procurer le bien-être matériel : la pauvreté, dans son isolement, ne peut atteindre à rien de semblable.

Personne ne contestera que les satisfactions matérielles sont plus grandes pour le riche que pour le pauvre ; personne ne contestera davantage que la richesse n'a de mérite que par les satisfactions qu'elle procure.

Si, en effet, on privait la famille du millionnaire d'une nourriture suffisante et convenable ;

Si on la dépouillait de ses habits pour la couvrir de haillons ;

Si, au lieu d'un château pour habitation, on l'obligeait à n'avoir qu'une chaumière;

Si, dans cette chaumière, la principale pièce habitable servait à la fois de cuisine, de buanderie et de chambre à coucher pour le père, la mère et les enfants ;

Si les soins des enfants en bas âge restaient, jour et nuit, à, la charge du père et de la mère :

Dans de telles conditions, quel bien-être resteraitil à cette famille riche à millions?

Il ne serait même pas nécessaire d'user de tant de restrictions pour que la vie ait perdu tout son charme. Supposons pour un instant que cette famille ait continué à jouir d'une nourriture, satisfaisante, et qu'elle ait conservé l'usage de ses vêtements habituels, mais qu'elle soit restreinte au régime de l'habitation que nous venons de lui assigner, ne serait-ce pas encore pour elle un supplice à peu près égal ?

L'habitation et son régime constituent donc une des parties essentielles du bien-être, et des satisfactions de l'existence ; ils marquent le degré de sociabilité auquel la créature humaine a su s'élever.

Les animaux sauvages ont les grands arbres des bois, ou des terriers <pour abris, ils ont pour couches l'herbe des champs ou la terre froide ; mais déjà

pour les animaux domestiques, on construit la loge, l'étable et l'écurie.

L'habitation de l'homme ne doit point pouvoir se confondre avec celle des animaux; pour l'Être qui s'associe le plus intimement par le Travail à l'OEuvre du Créateur, pour l'Être qui est la manifestation de l'Intelligence sur la terre, l'habitation doit être un Palais; cette vérité est tellement dans les besoins de la Nature Humaine , que c'est à cela qu'aspirent ceux qui arrivent à la fortune : une habitation dans laquelle sont réunies toutes les ressources nécessaires à la vie est toujours le couronnement de la richesse.

Si nous avons remarqué qu'en enlevant une à une à la famille riche les jouissances que procure une habitation convenable, on la prive du bien-être dont elle jouit, — ne pouvons-nous pas hardiment conclure que, si nous réunissons tous les avantages de l'habitation du riche autour de la famille du pauvre, nous aurons créé au profit de celle-ci une somme de bien-être dont elle est privée?

Combien d'hommes, animés du reste de bonnes intentions, ont vanté malgré cela, et vantent encore, de nos jours, l'urgence de l'isolement de la famille du travailleur, comme seul moyen de conserver aux mœurs les formes d'un idéal impossible, objetdes rêves de leur imagination; de petites maisons, un petit jardin, voilà pour beaucoup de philanthropes tout le bien-être qu'ils souhaitent à la famille de l'Ouvrier.

Il ne suffit point cependant d'avoir un toit pour que les conditions propres à assurer le bien-être des masses soient réalisées? Non, cela suffit pour donner le jour à de malheureux petits êtres pour lesquels il n'est, dès la naissance, que privations et tortures ; mais cela ne fait point que ces pauvres petits soient chaudement logés dès leur entrée en ce monde; cela ne fait point qu'ils soient bien vêtus, bien soignés et qu'une propreté constante soit faite autour d'eux; cela ne fait point qu'une bonne garde leur soit assurée pour guider leur petits pas, pour les préserver de tout accident, pour répondre à leurs questions, et pour créer des distractions utiles à leur éducation, par des occupations en rapport avec le besoin de mouvement dont ils sont sans cesse agités.

Ah! combien ils se trompent ceux-là qui veulent laisser à la famille pauvre, qui a besoin de son travail de tous les jours et de tous les instants, la charge des fonctions les plus assidues, les plus délicates, et les plus saintes de la vie! Quel contre-sens de vouloir que l'enfant ne relève que de sa famille, quand les pères et mères ne peuvent obtenir le salaire qui les fait vivre que par des occupations actives, les obligeant à négliger les soins dus à l'enfant !

Ne voyons-nous pas que la famille riche, dont le pain du jour est tout gagné, a des bonnes pour soigner ses enfants, des précepteurs pour les ins-

truire, et que c'est là une condition de bienêtre et de tranquillité pour les pères, les mères et les enfants? Ne faisons donc pas de raisonnements contraires aux faits, profitons des leçons de l'expérience; les misères des familles pauvres, et abandonnées à leurs propres forces, sont trop traditionnelles depuis l'origine du monde, pour qu'il ne soit point déplacé de vanter encore le régime de Tisolement familial, et la pauvreté des conceptions de l'architecture domestique imaginées jusqu'ici.

Nous avons vu quelles sont les conditions véritables de l'habitation dans laquelle la classe riche trouve le bien-être ; nous avons vu que c'est en concentrant tout ce qui est nécessaire à l'usage des personnes, en mettant à côté des besoins de chacun les moyens propres à les satisfaire, que le riche trouve dans son intérieur les satisfactions du corps, qui contribuent tant aux satisfactions de l'esprit.

Nous devons en conclure que l'amélioration du sort des classes ouvrières n'aura rien de réel, tant qu'il ne leur sera pas accordé les Équivalents de la Richesse, ou, si Ton veut, des avantages analogues à

ceux que la fortune s'accorde ; armé de cette boussole, on peut marcher constamment dans la voie des choses qui sont à faire, on a un guide sûr de sa conduite.

Placer la famille du pauvre dans un logement commode ;

Entourer ce logement de toutes les ressources, et de tous les avantages dont le logement du riche est pourvu ;

Faire que le logement soit un lieu de tranquillité, d'agrément et de repos ;

Remplacer, par des institutions communes, les services que le riche retire de la domesticité ;

Telle est la marche à suivre si l'on ne veut pas que les familles ouvrières soient perpétuellement exclues du bien-être qu'elles créent, auquel toute créature humaine a droit, et qu'il est dans les nécessités de notre époque de réaliser pour tous.

Les institutions propres à atteindre ce but se dessinent d'elles-mêmes, lorsqu'on examine attentivement les conditions d'existence de la famille pauvre :

Le logement est insalubre et malpropre, parce qu'au lieu d'être réservé au calme, nécessaire au repos et au bien-être des personnes, il sert d'atelier pour les travauxdomestiques, de buanderie pour le lessivage. La rareté du linge fait du lavage une nécessité de tous lesjours, de sorte que les miasmes qu'on extirpe du linge pour faire la propreté,

retournent en buée dans l'atmosphère de l'habitation, et dans les planchers et carrelages; car la ménagère ne se fait pas faute de laver son appartement avec ce qu'elle appelle ses eaux grasses, elle trouve que cela nettoie bien ; c'est une propreté à la surface qui enveloppe la famille de principes morbides lui apportant la maladie, tuant l'enfance en bas âge, énervant l'ouvrier, l'enlevant à son activité et avivant ainsi , de plus en plus, les douleurs d'une pauvreté sans issue.

Le riche a une buanderie qui enlève au foyer domestique ces causes d'insalubrité, de saleté et de dégoût; il faut donc pour le pauvre une buanderie accessible pour lui à l'égal de celle de la maison du riche, c'est-à-dire attenant à sa propre maison.

Les enfants en bas âge sont négligés forcément par les causes suivantes : défaut de linge, défaut de propreté, absence de soins généraux, isolement et abandon de la mère qui vaque à ses travaux.

Le riche obvie à tout cela par des nourrices et des bonnes; il faut donc une nourricerie pour le pauvre dans sa propre maison : c'est la crèche touchant à l'habitation.

Nous avons dit ce que l'enfant au berceau doit souffrir dans la maison du pauvre ; l'enfant qui marche n'est guère plus heureux : livré au plus complet abandon, presque nu ou en guenilles, il se roule sur la poussière du chemin ou patauge dans la boue du ruisseau, et souvent pour cela il est

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maltraité, battu, injurié; nulles leçons, nuls soins intelligents, ne viennent le relever de ses mauvaises habitudes et le diriger dans une meilleure voie; l'enfant du pauvre est abandonné à lui-même, quand il n'est pas placé sous le régime violent de la répression paternelle ou maternelle, ou de celle de ses frères et sœurs.

L'enfant du riche, quand il sait marcher, est guidé avec bienveillance par des personnes commises à cette fonction, sous les yeux de la mère; des jouets sont à sa disposition, des amusements lui sont ménagés de manière à le préparer, à l'initier à la vie : il faut donc pour l'enfant du pauvre, et près de l'habitation de la mère, des salles où l'enfant reçoive ces premières leçons avec les soins les plus attentifs et les plus intelligents; il faut, en développant les facultés physiques par des exercices attrayants, préparer le corps de l'enfant à la culture facile de l'intelligence : ce sont les salles de garde et d'asile perfectionnées, et bien comprises, qu'il faut mettre à la portée de tous.

Comment se fait l'éducation de l'enfant pauvre quand, de 5 à 12 ans, il peut aller à l'école? Combien peu profitent des leçons du maître ou ne les reçoivent que dans des conditions imparfaites? Combien, arrivés à l'âge du travail productif, oublient le plus souvent le peu qu'ils ont appris et n'en peuvent faire aucun usage?

Si l'on se représente la population de ces villa-

ges embrassant souvent un rayon de plusieurs kilomètres, on verra combien de causes empêchent l'enfant de profiter des leçons de l'école, quand il y en a une; combien de motifs légitimes viennent justifier l'indifférence apparente des pères et mères : «N'est-il pas triste d'abandonner de pauvres enfants à eux-mêmes, pour un pareil trajet, par le mauvais temps, les mauvais chemins, par la pluie, par le froid, par la neige? » Et quand il fait beau, que de motifs de retard et même d'arrêt l'enfant ne trouvet-il pas en chemin pour se dispenser des leçons du maître 1

Par toutes ces causes, l'instruction éprouve de graves retards dans les campagnes, et si elle est plus développée dans les villes, cela tient surtout aux facilités que les enfants trouvent pour se rendre aux cours d'enseignement ; il faut donc aussi les écoles près de l'habitation.

Et il en est ainsi de toutes les choses servant au développement intellectuel et moral. A quoi, par exemple, pourrait servir l'établissement de crèches et de salles d'asile dans les villages, où l'éparpillément des maisons placeraitde suite ces institutions, si utiles et si bienfaisantes, à des distances qui en rendraient l'usage impossible à la plupart des familles?

Dans les villes, la proximité de ces institutions d'utilité publique les rend d'un usage plus facile ; c'est pourquoi on a pu penser à y fonder des crè-

ches, des salles d'asile, elc, mais établies dans les campagnes, où leur présence serait si nécessaire, ces institutions n'en seraient pas moins désertes ou à peu près. Les familles ne pourraient en profiter qu'en petit nombre, à cause de l'éloignement des habitations ; les pertes de temps, et les difficultés qu'il y aurait pour y porter les jeunes enfants, rendent ces fondations impossibles.

Toutes les mesures tentées pour favoriser le développement de l'espèce humaine, ne peuvent avoir qu'un lent et difficile accès au sein des campagnes; et on ne peut songera leur création, tant que de profondes modifications ne seront pas introduites dans l'organisation domestique et économique des populations.

Pour l'administration parfaite de l'intérieur d'une maison, il faut une réunion de connaissances que ne peut posséder le personnel composant une seule famille. La salubrité, l'hygiène, la propreté et tous les soins domestiques intelligents qui sont l'apanage de la fortune, ne peuvent devenir le partage des masses, sans une organisation particulière des relations domestiques, qui, en concentrant toutes les fonctions, permettra de mettre l'intelligence, la science et le savoir au service de chacune des institutions indispensables au vrai bien-être de tous.

Pour donner à la pauvreté les Équivalents de la Richesse dont elle est privée, il ne faut pas seulement améliorer un côté déterminé de l'existence

de la famille, par un fait d'association partielle; il faut améliorer les ressources de la famille de l'ouvrier dans son existence tout entière ; il faut créer d'abord le milieu propre au bien-être de la famille; il faut donner à celle-ci les satisfactions qui naissent du milieu habité, lorsque des conditions de charme assez variées l'entourent; il faut enfin réunir dans l'habitation tous les éléments de conservation et de progrès nécessaires à l'Être pour accomplir son rôle dans la Vie.

Pour enlever les familles ouvrières aux maux qui les poursuivent dans leur isolement, il faut s'élever à une conception supérieure de l'habitation humaine; il faut l'union des familles et leur coopération ; il faut réunir au profit de leur collectivité les avantages qu'on ne peut créer isolément pour chacune d'elles.

Car on conçoit que si les châteaux ont pu seuls réunir, et à grands frais, pour l'usage de quelques privilégiés de la fortune, les ressources nécessaires à la famille, on ne peut songer à donner ces ressources à tous les hommes par les mêmes moyens ; on ne peut faire un château pour chaque ouvrier : il faut donc, pour une Équitable Répartition du bien-être, créer le Palais dans lequel chaque famille et chaque individu trouveront ces ressources et ces avantages, réunis au profit de la collectivité.

Mais comment donner à l'habitation de chaque

rij

Vue extérieure de la Noi

rriceiie et du Pouponnât.

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ouvrier les avantages qui n'existent que pour les privilégiés de la richesse ?

Gela n'est possible qu'en ouvrant au Capital de nouveaux moyens de se rendre utile, car si l'on ne peut faire des millionnaires de tous les travailleurs de l'industrie, il est pourtant possible de trouver une direction nouvelle à l'emploi du Capital dans une voie encore inexplorée; voie profitable au Capital lui-même, et au plus grand bien de l'espèce humaine : la Réforme de l'Habitation est ce nouveau champ d'activité à ouvrir au Capital et au Travail?

Dans la première moitié de ce siècle, Capital et Travail ont créé la Grande Industrie et transformé les moyens de transports ; ils ont créé les Usines et les Chemins de fer; il leur reste à entreprendre la Réforme Architecturale de l'Habitation.

Nous avons vu que nulle amélioration n'est possible dans les demeures ouvrières abandonnées à l'incurie et aux ressources individuelles : le bien être de l'homme ne peut se réaliser dans ces conditions ; la misère s'attache au milieu qui lui est propre; le Capital n'a rien à faire là, l'Aumône seule peut y remplir son rôle!

Il faut donc sortir de ce milieu.

Voilà pourquoi le FAMILISTÈRE a été fondé.

Ne pouvant faire un Palais de la chaumière ou du galetas de chaque famille ouvrière, nous avons voulu mettre la demeure de l'Ouvrier dans un Palais; le Familistère, en effet, n'est pas autre chose,

c'est le Palais du Travail, c'est le Palais Social de l'avenir.

Ce qu'il n'est pas possible de faire au profit de familles éparpillées et sans lien, les améliorations qu'on ne peut introduire dans le tohu-bohu des habitations ouvrières, ni à la ville, ni à la campagne, ni dans les caves, ni dans les mansardes habitées ; ce que ne permettent pas même les habitations ouvrières isolées les mieux construites, quel qu'en soit le système : le Familistère le permet, le Palais Social le rend possible, bien plus, il le rend nécessaire.

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