‹ Solutions socialesChapitre 123 sur 172 · LÉGENDE DE LA COUPE EN PLAN, PLANCHE N · texte numérisé non relu

LÉGENDE DE LA COUPE EN PLAN, PLANCHE N

Section du carré central.

A. Cour intérieure pavée en ciment ; les petits carrés qui figurent dans la partie du centre sont faits pour éclairer le sous-sol ; ceux du pourtour servent à la ventilation générale de la cour.

Les piédroits des voûtes et murs de séparation sont représentés par des lignes ponctuées.

B. Escaliers, allant du sous-sol aux greniers.

C. Galeries de circulation et passages d'une cour à l'autre à tous les étages, communiquant avec les escaliers.

D. Groupe de logements de deux chambres chacun, pouvant faire des logements de quatre chambres.

a. Vestibule des deux logements.

b. Cabinet-dressoir pour le logement de gauche c et d. e. Cabinet-dressoir pour le logement de droite fet g.

^X^ Lits. ( Emplacement figuré ).

ii i Placards compris dans le logement.

|"fffl Cheminées et conduits de ventilation des appartements.

E. Deux logements : L'un de trois chambres h, i, j, l'autre de deux chambres k, l, pouvant faire ensemble un logement de cinq chambres.

F. Ikm logements : L'un de deux, chambres m, n, l'autre d'une chambre o, pouvant faire ensemble un logement de trois pièces.

G. Logement de deux chambres, sans vestibule.

H. Fontaines placées au-dessus d'une partie faite en ciment, entre des poutrelles en fer, et surbaissée de manière à ce que l'eau, tombant sur le carrelage, coule dans le bassin et le tuyau de descente placés sous le robinet.

I. Cabinet d'aisvnces inodores, bien éclairés le jour par de grandes croisées, et la nuit par le gaz.

p. Vestibule, côté des dames.

g. Vestibule, côté des hommes.

r," s, Sièges à cuvettes inodores.

t, u, Cuvettes inodores, à fleur d'une aire en ciment; ces cuvettes servent aussi de tuyaux de descente pour les eaux ménagères, Un robinet donne de l'eau à volonté dans ces cabinets.

v. Urinoir au rez-de-chaussée seulement.

J. Cabinets et trappes aux balayures à tous les étages; un large conduit permet aux balayures de descendre dans le sous-sol, d'où elles sont enlevées, tous les jours, par des gens de service.

Les entrées du Palais n'ont point de portes en été; mais en hiver elles sont fermées par des vantaux de lm,60 d'ouverture, tournant par leur milieu sur un pivot en bas et un tourillon en haut, de façon à permettre au plus jeune enfant de les ouvrir en poussant contre l'un des côtés du vantail. Un ressort en spirale, placé autour du tourillon supérieur, ferme ces portes derrière le passant.

Ces vantaux ne servent que pour empêcher les courants d'air froid en hiver à l'intérieur des cours.

Les passages d'une cour à l'autre oui 2ra de largeur.

La forme demi-circulaire des escaliers est préférable à toute autre ; elle est la plus commode pour tous les âges de la population ; du côté de la rampe, le jeune enfant trouve les marches étroites qu'il gravit en se tenant aux barreaux, et les grandes personnes, du côté opposé, trouvent ces marches plus larges et plus convenables pour leurs pas. Les dimensions régulières et suivies des degrés ùe ces escaliers les rendent aussi d'un plus facile accès pendant la nuit, ou lorsqu'il y a foule et grande circulation.

Les escaliers de grande communication doivent avoir une largeur de marche de lm,50, et pour limon un demi-cercle de 2 mètres de diamètre. Les autres escaliers sont suffisants à im,20 de marche. La hauteur des degrés ne doit pas excéder 16 centimètres. Ces escaliers doivent être construits en pierre ou en fonte et maçonnerie de ciment, afin d'éviter la sonorité du bois.

Les galeries, du mur à la balustrade, ont une largeur de lm 30. La balustrade a en hauteur lm, 00; les barreaux sont ronds, droits et espacés à 0m,12 les uns des autres ; aucun enfant ne peut ainsi passer la tête entre ces barreaux , ni monter sur la balustrade.

La dimension des galeries est commode et convenable; elle est suffisante pour tous les besoins de la circulation, c'est un fait démontré par l'expérience :

la largeur de ces galeries ne pourrait être augmentée, sans nuire à la lumière nécessaire aux appartements de l'étage inférieur, ni diminuée, sans gêner la circulation.

La balustrade est un appui placé en face des appartements; elle fait de la galerie un balcon d'où l'on peut contempler très-agréablement les réunions, les jeux des enfants, et tous les mouvements de la foule dans un jour de fête.

Les plans qui précèdent font voir que les logements du Familistère sont à double rang de chambres : les unes ayant vue sur la cour intérieure, les autres sur les façades extérieures ; cette disposition permet la ventilation complète de l'appartement.

Les planchers des galeries, ainsi que ceux des appartements, sont carrelés, afin de se prêter à une propreté plus facile, et de donner moins d'accès à l'incendie.

Tous les appartements sont plafonnés, et les murs dressés avec soin sont le plus souvent badigeonnés à la chaux; c'est un moyen facile de renouveler la propreté dans l'intérieur du logement de l'ouvrier et d'assainir sa demeure. Les habitants aisés font placer les papiers et tenture» qui leur conviennent.

La règle servant à la distribution des appartements est celle-ci : les portes sont placées à distance d'un angle du fond de la pièce, de façon à

ce qu'un^ grand lit puisse être placé, autant que possible, en deux sens différents, dans chaque chambre, avec sa table de nuit au chevet, et que la porte, placée au delà du lit, soit toujours assez distante de l'autre angle de la chambre pour laisser place à un meuble.

Ainsi les plus petites chambres doivent avoir :

Pour la longueur d'un lit et ses rideaux 2m, 40

Pour la largeur de la porte 0m, 75

Pour l'espace de la porte au mur, afin de pouvoir placer derrière cette porte un placard ou une commode 0m, 65

Largeur totale des plus petites chambres 3m, 80

Le plus ordinairement, la première pièce d'entrée sur la cour a :

En profondeur 4m, 50

Et en largeur. 3m, 95

Un petit cabinet de débarras, en face le vestibule d'entrée, a :

En profondeur lm, 45

Et en largeur lm, 20

La seconde pièce, donnant sur ie côté extérieur du Palais, contient :

En profondeur 4m, 70

En largeur 4m, 75

Le placard compris dans cette pièce a pour dimension :

En largeur lm, 70

En hauteur 2m, 60

En profondeur 0m, 50

Toute la menuiserie est faite avec le plus grand soin, et sur les meilleurs modèles. Un tel édifice obligeant à construire en grande quantité à la fois, il est possible de mettre le travail en train pour faire une menuiserie bien soignée, et à un prix modéré.

Les portes d'entrée, donnant de la galerie sur le vestibule, sont à deux vantaux :

La partie ouvrante a en largeur. . . 0m, 85

Le second vantail a. . . . 0m, 45

La largeur totale de la porte est de. . . lm, 30

Sa hauteur au rez-de-chaussée, au premier, et au deuxième étage, est de 2m, 25, avec une imposte au-dessus qui en élève l'ouverture à la hauteur des fenêtres.

Ces portes, au troisième étage, sont à un seul vantail ; leur hauteur est de 2m,56 et leur largeur de 1 m ;

Elles sont vitrées dans leur panneau supérieur, pour remplacer l'imposte servant à éclairer le vestibule aux autres étages.

Les portes à chambranle des appartements du

rez-de-chaussée, du premier, et du second étage, ont :

En hauteur 2m, 25

En largeur 0m, 75

Celles du troisième étage ont en hauteur 2ra,05 et en largeur. Om,75

Les portes des cabinets de débarras ont :

En hauteur im, 94

En largeur 0m, 60

Les dimensions des fenêtres des logements ont :

Pour le rez-de chaussée :

En hauteur 2m, 14

En largeur lm, 20

(Les fenêtres des débits ont, en façade, des dimensions plus grandes.)

Pour le premier étage :

En hauteur 2m, 14

En largeur lm, 15

Pour le deuxième étage,

En hauteur 2m, 00

En largeur lm, 10

Pour le troisième étage,

En hauteur lm, 33

En largeur lm, 00

La plupart des chambres sont éclairées dans leur milieu par une fenêtre qui verse dans la pièce une lumière abondante et largement suffisante. Les angles et les murs de l'appartement restent ainsi libres, sur un grand espace, pour placer les meubles nécessaires à la famille.

Nous ne suivrons pas plus loin ces détails, car ce n'est pas un traité de construction que je veux faire. Mais il m'a paru utile de rassembler ces données principales qui, quoique très-simples en apparence, peuvent éviter bien des recherches à quiconque voudrait aborder sérieusement l'étude de la réforme architecturale de l'habitation humaine, dans l'intérêt du progrès social.

Si j'en trouve un jour le loisir, je traiterai en détail de l'architecture sociale, en traçant des plans divers d'habitations unitaires, ou de Palais destinés à réaliser le bonheur du peuple, sous l'influence de l'Association et des réformes qu'il est dans les Lois de la Vie Sociale d'appliquer dans un avenir prochain.

Quant à présent, il est particulièrement dans mon sujet de décrire, à grands traits, les points principaux devant servir de cadre à ces études, en les appuyant sur les faits que j'ai réalisés.

4tt> CHAPITRE XX — LE PALAIS SOCIAL

On comprend sans peine que, quelle que soit la simplicité d'exécution architecturale de l'ensemble des choses indiquées dans ce rapide exposé, il en résulte un édifice remarquable par son importance.

Mais si l'on suppose quelque recherche dans son édification, si les façades de l'édifice sont étudiées, si l'architecture en est soignée, on se trouve, non plus en face de ces habitations qui respirent la pauvreté et la misère, mais bien en présence d'un Palais remarquable, dans lequel la demeure de l'Ouvrier est complètement transformée, où l'existence se trouve dans des conditions toutes différentes, où des ressources de toute nature offrent à l'habitant des conditions de bien-être impossibles à réaliser autrement au profit des classes ouvrières.

Tout s'enchaîne dans la voie du Bien, comme dans la voie du Mal : dès que l'habitation réunit et concentre tous les éléments de comfort précédemment énumérés, le peuple n'est plus obligé de consommer ses faibles ressources dans les mille inconvénients que lui ont toujours présentés les causes extérieures : il en est débarrassé ; il peut alors disposer d'une

façon plus directe de son temps et de son salaire, pour son plus grand bien et celui de sa famille.

Le Palais Social n'est donc pas seulement un meilleur abri que la maison isolée de l'ouvrier, il est en outre un instrument de bien-être, de dignité individuelle et de progrès. Et c'est précisément parce qu'il donne tout d'abord satisfaction au plein développement de la vie physique, qu'il ouvre pour le peuple de nouveaux horizons à la vie morale ; s'il en était autrement, il manquerait son but.

Afin de bien comprendre la vérité de cette affirmation, il est bon de ne pas perdre de vue que nous avons, pour guide et pour Loi Suprême de nos études, la Vie et ses Besoins, et que nous nous sommes donné pour règle de rechercher , au profit des masses, les Équivalents de la Richesse, c'est-à-dire les avantages qu'elle procure.

Nous devons donc trouver au Palais Social tout ce qui est nécessaire à la vie, et tout ce qui peut, en la rendant agréable, concourir à son progrès.

Voyons comment le Familistère correspond aux satisfactions externes et internes de la vie physique, et quelle est l'influence de ces satisfactions sur la situation morale de ceux qui en profitent.

Page 1