L'AIR : VENTILATION ET SALUBRITÉ GÉNÉRALES
Autour du Palais, pas plus que dans son enceinte, ne peuvent exister des matières en putréfaction, ni des eaux croupissantes; les égouts et les citernes ont leurs siphons : aucune émanation n'y est possible. Des trottoirs, dévastes cours extérieures, des pelouses, des jardins cultivés et des allées servant de promenades, font au Familistère des abords largement ouverts, dans lesquels l'air s'épure au contact de la végétation, sans rencontrer des causes méphitiques, ni délétères.
Le renouvellement de l'air, nécessaire à la ventilation des cours et des appartements, est obtenu par de larges ouvertures souterraines ménagées au Nord, dans les jardins, derrière le Palais. Ces ouvertures, de 4 mètres environ de côté, traversent le sous-sol des habitations et circulent en souterrains voûtés, sous le sol des cours, au bas des façades intérieures, de manière à rafraîchir l'air en été et à le tempérer en hiver ; des ouvraux, ménagés de distance en distance, laissent échapper cet air à travers des grilles en fonte, placées à fleur du sol des cours.
En hiver, pour éviter, pendant les grands froids, une aération inutile, venant de l'extérieur du Palais, l'entrée des galeries souterraines est momentanément fermée de grandes portes qui interceptent le courant.
Par suite des faits qui se passent généralement autour de l'habitation du pauvre, on est tellement
imbu de l'idée que les agglomérations ouvrières doivent être nuisibles à l'hygiène, que le visiteur au Familistère, quoique fort surpris de la propreté générale qui y règne, n'en est pas moins souvent préoccupé des moyens de ventilation. Un fait frappe son attention : les cours intérieures sont couvertes d'immenses vitrages; on doit, pense-t-il, se trouver comme en serre chaude en été dans ces cours. — Les impressions naissent en général des faits qu'on a vus, et la donnée scientifique n'est pas la première qui se présente à l'esprit de la plupart des personnes.
La vérité, c'est que le verre intercepte dans une forte mesure les rayons du Soleil, au lieu d'en augmenter la chaleur. Ce qui fait la serre chaude, c'est la concentration d'un air non renouvelé, et conservant sa chaleur acquise. Les vitrages du Familistère ont, au contraire, pour la ventilation, de larges dégagements par où s'échappe l'air échauffé des cours, que remplace l'air frais venant des galeries souterraines. D'où il suit que le vitrage, tempérant par lui-même l'ardeur du Soleil, maintient l'air plus frais en été à l'intérieur du Palais ; tandis qu'en hiver, il préserve l'habitation de la bise et de toutes les intempéries, et contribue, concurremment avec les portes se fermant d'ellesmêmes aux passages des cours, à maintenir à l'intérieur du Palais une température douce, qui permet d'y circuler en vêtements légers.
Sans qu'il soit véritablement établi que les dis-