L'ASSOCIATION EMPÊCHÉE
comprendre que la Matière est faite pour Tous les hommes, et que les richesses mêmes dont elle s'est accrue, étant dues au concours de la Collectivité, ne devaient pas s'immobiliser en quelques mains.
Alors la loi, laissant à chacun la valeur de sa fortune mobilisée en titres, saurait au moins conserver intact l'Instrument du Travail et de la Propriété aux mains du Travailleur, pour poursuivre indéfiniment l'œuvre productive de la Richesse au profit de tous.
Mais la loi n'est encore que la tradition d'un passé de servitude et de féodalité, pendant lequel la terre et les choses matérielles sont tout, pour les détenteurs de la Richesse, et l'homme rien. Aussi les droits du Travail sont-ils encore méconnus, presque entièrement, pour laisser aux possesseurs des choses matérielles la plus forte partie des réserves disponibles dues au Travail, et même la faculté de briser l'Instrument de production édifié ou amélioré par le Travailleur.
C'est contre ces traditions vieillies, et contre l'iniquité qui en résulte, que l'esprit moderne s'élève peu à peu et que, s'inspirant de la Justice, il cherche les solutions propres à accorder au Travail la part de droit légitime qui lui est due, sans enlever a la Propriété ce qui lui appartient.
C'est à la prochaine évolution sociale, imminente dans les civilisations européennes, que reviendra l'honneur de faire entrer ces Droits dans le Code des Nations, par la révision nécessaire des Lois.