‹ Solutions socialesChapitre 24 sur 172 · ÉGAREMENT DE L'OPINION · texte numérisé non relu

ÉGAREMENT DE L'OPINION

Parce qu'ils n'ont jamais rien fait pour le bien d'autrui, ils ne peuvent comprendre que d'autres hommes puissent, sans folie, s'occuper de l'amélioration du sort de leurs semblables !

Et c'est par de tels individus que tout un système de délations s'organise aux jours néfastes où leurs intérêts égoïstes en éprouvent le besoin !

Ce triste système a fait merveille au moment de nos dissensions civiles de 1848. Après avoir égaré l'opinion sur les socialistes, les ennemis de toute réforme et de tout progrès surent, par leurs délations, enrayer nos libertés politiques; et les hommes mêmes qui en dehors de toute école travaillaient, avec une foi sincère, à l'édification de ces libertés, furent répudiés, comme les socialistesqu'ils avaient eu aussi le tort de mettre en suspicion.

Mais quelle que soit la manière dont on ait voulu envisager le socialisme et les socialistes, la réflexion a fait justice des exagérations dans lesquelles on était tombé à leur égard. Les mots restant, on s'est demandé à quoi ils s'appliquaient, car ce n'est pas avec des mots qu'on flétrit ni les hommes ni les doctrines; les idées utiles à la société triomphent tôt ou tard des erreurs que l'ignorance et la méchanceté peuvent accréditer contre elles. On a donc reconnu que le socialisme a pour but la recherche des moyens de progrès social, et des institutions qui conduisent à ce progrès.

Page 1