BESOINS DÉ CONSERVATION
La Durée de la Vie.
L'Entretien de la Vie.
Section Temporale : La Conservation de la Vie.
L'Activité.
Le Repos.
S La Propreté.
La Salubrité.
L'Hygiène.
Ces besoins physiques sont des rapports nécessaires de la Vie Humaine avec les combinaisons organiques de la Matière; ce sont les liens qui élèvent la Vie de la Matière à celle de l'Esprit ; la Nature y a assujetti tous les hommes, en les douant des facultés et des organes qui donnent lieu à ces besoins.
L'Être Homme n'existe que par le mode dans lequel ces besoins se manifestent en lui : supprimez les besoins physiques, il n'est plus un homme: car ces besoins sont l'expression de son existence physique; ils constituent son existence organique ou corporelle. L'Esprit n'agit en l'Homme que par la Pensée et le Désir, tandis que le Besoin et l'Action sont le fait du Corps.
La Conservation de l'Individu, comme celle de l'Espèce, est subordonnée à la satisfaction de ces premiers besoins. La Nature en a fait par cela même le fondement du Droit Individuel et du Droit Social Légitime.
Le Droit de Vivre est atteint dans son principe,
si le contentement de ces besoins primitifs n'est pas assuré aux individus; c'est une condition indispensable au rôle vivant que l'homme est appelé à remplir sur la terre ; il ne peut devenir capable de s'élever à l'usage des facultés supérieures, s'il soutire dans la satisfaction des besoins qui l'unissent à la Matière. Il est obligé, sans trêve ni merci, de s'occuper 'des moyens d'y satisfaire :
C'est la Loi dans la Vie Matérielle.
L'Homme doit satisfaire aux Besoins de la Vie Physique pour être en état de s'occuper efficacement de la Vie Morale ; aussi doit-il, avant de savoir pratiquer la Justice, être en état de consacrer l'alliance du Droit et du Devoir, c'est-à-dire qu'en s'accordant les satisfactions matérielles réclamées par ses besoins, il doit savoir protéger dans ses semblables les mêmes satisfactions.
La Créature ne peut avoir d'objet plus déterminé que le soin de son existence propre, puisque participer à la Vie est le but de cette Existence, et que c'est en veillant à sa conservation qu'elle peut accomplir la Loi de sa Destinée.
Mais ces besoins étant satisfaits, et la Vie de Pin-
dividu étant liée à celle de son Espèce; l'OEuvre de Vie ne peut s'accomplir que par la Vie entière de la grande famille humaine : la Vie de l'individu doit donc servir à aider la Vie dans ses semblables.
C'est ce qu'accomplissent les facultés concourant à la Loi du Progrès dans la Vie. Plus élevées que les premières, elles n'ont plus seulement le besoin pour mobile, elles ne sont plus les simples interprètes de la Vie Organique, elles sont aussi les interprètes de la Vie de l'Esprit. Elles combinent la Pensée et le Désir avec l'Action et le Besoin, de sorte qu'elles sont un premier pas fait vers la Vie Morale; elles ouvrent à la Créature la voie du Devoir, parallèlement à celle du Droit.
Les facultés donnant naissance à nos Besoins de Conservation, et constituant la base du Droit Individuel, servent aux rapports de l'Individu avec les choses matérielles; mais les facultés correspondantes à la Loi de Progrès et de Développement, embrassent les faits qui unissent l'existence de l'individu à celle de ses semblables.
C'est pourquoi les faits de leur domaine participent des Besoins de l'Esprit, en même temps que de ceux du corps ; c'est pourquoi au Droit, ils unissent le Devoir ; à la Loi de Conservation, la Loi de Développement et de Progrès.
Les facultés desquelles résultent les désirs et les besoins de cet ordre ont pour tendances invincibles:
m CHAPITRE XII — ESQUISSE D'UNE DOCTRINE
Zone moyenne.
L'Amour, Union des sexes par sympathie; Obéissance aux attraits du Cœur.
L'Amitié, Union des Individus; Égalité, Fraternité.
L'Éducation, Famille, Soins mater- Section Occipitale : \ nels dus au jeune âge; Protection de l'enfance.
L'Instruction, Enseignement de la Science, de l'Industrie et des Arts.
Le Patriotisme, Habitude, Amour du pays, Patrie ; Attachement à tout ce qui a vécu autour de nous.
La Sécurité, la Protection, l'Association, la Solidarité. '
La Répartition, l'Échange, les Transactions.
La Consommation, la Propriété, la Richesse.
La Production, le Travail, l'Industrie, l'Idée.
I La Science de la Matière et des Arts. \ La Science de l'Espace, du Temps et Section Frontale : { du Mouvement.
La Science des Rapports, des Causes et des Effets.
Section Pariétale
Voilà les différents buts assignés dans la Vie aux facultés et aux organes de la deuxième zone du cerveau.
La première zone est individuelle avant tout ; la seconde est individuelle et sociale.
La première est l'affirmation du Droit, la seconde est affirmative du Droit et du Devoir.
La marche naturelle des facultés à travers les Évolutions de la Vie nous conduit ainsi de l'instinct du Droit Individuel au sentiment du Droit Collectif.
En agrandissant le cercle des droits de l'hommeT les facultés concordantes à la Loi de Développement et de Progrès de la Vie, lui ouvrent en même temps le champ du Devoir. Toutes les facultés de cet ordre, ainsi que les besoins qui en naissent, font sentir à la Créature Humaine la présence de son Espèce autour d'elle, et la nécessité de ses rapports avec elle.
Ce sont les facultés sociales comme ce sont les besoins sociaux; ce sont les Droits comme ce sont les Devoirs dévolus par la nature à l'Homme en Société.
Ce sont les Droits et les Devoirs que nul ne peut enfreindre sans faillir à sa Mission dans la Vie. Tous, nous devons, dans la mesure de nos forces, faciliter l'éclosion de ces besoins et de ces facultés en nos semblables, comme en nous-mêmes, car ces facultés et ces besoins constituent le fondement du Droit et du Devoir Individuel, et doivent être le fondement du Droit et du Devoir Social.
tiê CHAPITRE XII — ESQUISSE D'UNE DOCTRINE
Quand l'Homme a su s'élever au complet essor de ses facultés progressives, il peut faire usage des facultés moralitives d'Équilibre ou de Pondération , composant la zone des facultés qui caractérisent surtout l'Espèce Humaine, et marquent doublement la supériorité de son rôle sur la terre, parmi tous les autres Êtres de la Création.
Ces facultés, contrairement à celles de Conservation, empruntent particulièrement leur mobile des impulsions de l'Esprit; elles sont surtout les instruments du Désir avant d'être ceux du Besoin. Leurs organes occupent toute la parUe supérieure de la tête, indiquant par cela même la supériorité de leurs fonctions dans la Vie, et l'élévation des aspirations de la personnalité humaine.
C'est à cette zone supérieure des organes du cerveau que correspondent les désirs et les besoins :
Zone supérieure,
[ De se rendre utile; Section Occipitale: ] De se distinguer;
( De se dévouer au Bien Social ;
Section Pariétale
De Direction et de Commandement; De Souveraineté, de Liberté et de
Dignité; De Justice et d'Équité ; D'Appel aux Lois Générales et aux
Forces de la Nature; Enfin, de Recherche de l'Intelligence
qui préside à toute chose;
Section Frontale
Du Vrai, Du Bon, Du Bien, Du Beau, Du Juste.
Créer l'Harmonie en tout et partout, tel est le but final assigné par le Créateur aux forces organiques supérieures de l'Homme ; telle est la mission permanente qu'elles s'attribuent, même au milieu des écarts d'interprétation dont elles sont malheureusement encore trop souvent capables.
Car il est à remarquer que tous les hommes ont la commune prétention de faire usage de leurs facultés de la façon la plus louable ; la différence de leurs actions tient donc à la différence du degré de Progrès Vivant , dans lequel se trouve leur Esprit.
Par ce fait même, nos désirs et nos besoins sont sujets aux directions les plus opposées, et aux actions les plus contradictoires, suivant que l'homme fait usage de ses facultés pour obéir aux Lois de la Vie, ou pour en intervertir la marche.
C'est pourquoi les Désirs et les Besoins, correspondant aux organes supérieurs du cerveau , sont la plus large expression du caractère de l'Homme, soit dans la voie du Bien, soit dans la voie du Mal ; car c'est par le progrès moral que l'homme a accompli dans la Vie, que ses désirs et ses besoins individuels prennent des directions nuisibles ou utiles au Progrès Individuel et Social.
A cette latitude des facultés humaines, les désirs et les besoins, ayant moins pour but les satisfactions du Corps que les satisfactions de l'Esprit, sont appelés à se dégager des vues d'intérêt personnel pour entrer dans celles de la Vie Morale, inspirées par l'Intérêt Social.
Mais les organes du cerveau, comme les organes du Corps, sont susceptibles d'acquérir l'adresse de leur fonction par l'exercice que leur imprime l'Esprit.
C'est pourquoi, bien que le rôle de ces facultés soit de créer l'Harmonie sur la Terre, et que leurs véritables besoins soient la Fraternité, l'Ordre, le Désir d'être utile, la Dignité, la Souveraineté, la Liberté, la Justice, le Respect et l'Union parmi les hommes, il n'est pas moins vrai que l'homme se sert longtemps de ces forces pour se diriger dans les voies de l'erreur ; car l'Esprit d'Accord et d'Harmonie Sociale ne germe dans l'Humanité que par l'expérience des conflits et des malheurs que l'imperfection humaine nous crée dans la Vie.
C'est à l'absence d'exercices de ces facultés dans les masses, et au criminel emploi qu'en font les indignes ou les incapables, que sont dus tous les malheurs des peuples et des nations.
C'est par l'assujettissement dans lequel sont encore placées les facultés supérieures des peuples, c'est par la domination des facultés ténébreuses de quelques hommes, que les Sociétés sont conduites dans les voies inverses de la vraie Vie.
C'est pourquoi Ton voit encore le triste spectacle de la direction et du commandement distribués par la faveur, et accaparés par les habiles, au lieu d'être l'émanation de toutes les forces sociales et la mission réservée au Mérite.
La Justice n'a ni règle, ni base, et la Religion est un pur métier, aux mains de ceux qui jouent le rôle de la représenter.
Les sentiments du Bon, du Vrai, du Bien, du Beau, sont pervertis, et la destinée des peuples est livrée au hasard des circonstances, ou au caprice de quelques-uns.
Ah! il n'en serait pas ainsi si les facultés humaines jouissaient de leur liberté, et de leur véritable essor : les -vrais mérites pourraient alors se faire jour, et l'on ne verrait plus, dans le gouvernement des sociétés présentes, le spectacle de toutes les turpitudes.
' Par la perversité des facultés de haute morale, l'Ambition ne prend pas son essor dans la voie des
désirs qui doivent imprimer à l'humanité l'amour du Travail et de la Paix. La direction insensée des souverains pousse les Peuples à des armements formidables, dont la conséquence inévitable sera la destruction des Nations par la Guerre, pour les criminelles satisfactions de l'amour-propre des dynasties royales.
Si les facultés moralitives de haute puissance reprenaient, au contraire, le rôle qui leur est assigné parmi les Peuples, elles balayeraient de leur souffle les intérêts princiers qui font le malheur des Nations, en entretenant, entre les rois et leurs familles, des rivalités ambitieuses dont les peuples paient les terribles conséquences de leur travail et de leur sang !
Usant de leur souveraineté, les Peuples inaugureraient la Fédération des Nations : alors serait pour toujours établi le règne du Travail et de la Paix, le règne de la Tranquillité et de la Prospérité des Peuples.
L'étude de l'Homme est de toute nécessité pour approfondir les problèmes d'Organisation dont la solution importe au Bonheur Social.
C'est par la connaissance des besoins véritables
de l'Espèce, qu'on arrivera à la reforme des erreurs et des abus que renferment les mœurs et les lois. La législation ne peut s'épurer qu'en s'inspirant des Lois de la Nature, et surtout qu'en respectant celles qui régissent la Vie Humaine. C'est en mettant les Lois Humaines en accord avec les Lois de la Vie, que la Justice ne sera plus une fiction dans les Sociétés.
La Législation dans nos Sociétés s'est surtout fait remarquer jusqu'ici par son opposition constante à la libre expansion des Besoins de l'Homme, et par les obstacles quelle s'est évertuée à créer à sa Liberté.
Car la Liberté, cette aspiration universelle des Sociétés Modernes, que serait-elle sinon l'expansion pleine et entière de tous les Désirs et de tous les Besoins légitimes de l'Homme ?
Que serait-elle, si elle ne devait pas effacer toutes les restrictions portant sur les faits qu'une saine philosophie ne peut reconnaître coupables, c'est-àdire contraires aux Lois de la Vie?
Le principe de la Liberté veut que les Désirs et les Besoins, inhérents à la Nature Humaine, soient considérés comme des Obligations que le Créateur nous a imposées. Toutes les institutions humaines qui sont en contradiction avec les lois de la Nature, toutes celles qui déclarent imparfaite l'OEuvre du Créateur, sont contraires au principe de la Liberté, car la Liberté c'est le Droit suivant la Nature.
Tout obstacle opposé à la Liberté, et à la libre expansion de PIndividu est donc une atteinte au Droit et au Devoir.
Les Désirs et les Besoins sont partout l'Émanation de Droits Naturels à satisfaire. Le Devoir, pour l'Individu et pour la Société, consiste à en rechercher la satisfaction par des moyens en accord avec la volonté de la Nature; et la Justice consiste à appliquer la Loi de cette satisfaction, de façon à établir l'Harmonie de la Vie Humaine, par le parfait accord entre les Besoins de l'Individu et les Institutions Sociales.
Voilà ce que la Société doit s'évertuer à réaliser au lieu d'instituer des Lois et des Mœurs en révolte permanente contre les tendances de la Nature Humaine.
Les Forces de la Vie placées en nous sont susceptibles d'essors différents. Gréées en vue d'assurer la Conservation, le Développement et l'Équilibre de la Vie, ces facultés peuvent prendre des directions contraires à leur but final, si la direction des peuples est mauvaise; la Loi Humaine doit donc intervenir, non pour entraver, mais pour régler l'essor de nos facultés, suivant les Fins de la Vie.
Par exemple, les facultés du Travail et de la Production, au lieu de s'appliquer uniquement à des créations utiles au bonheur de l'Espèce, sont pendant bien longtemps détournées de leur voie pour
créer les engins de guerre, de destruction et de massacre de l'humanité elle-même.
De même, l'Esprit de Réserve, d'Économie et de Propriété est souvent entraîné par de cupides tentations, faute d'Institutions Sociales donnant essor aux tendances de cette faculté, et lui assurant satisfaction dans les limites qui empêchent les écarts de la Passion.
Et il en est ainsi pour toutes les forces vives placées en nous; le milieu en fait l'éducation, et les circonstances en provoquent l'usage; le caractère des institutions politiques et sociales est donc le point de départ, agissant sur l'essor subversif ou harmonique des facultés humaines.
^Jusqu'ici, la Loi ne s'est occupée ni des Droits, ni des Devoirs dérivant de nos Facultés; son rôle s'est borné à accepter, à consacrer et à sanctionner les faits accomplis, à en protéger la tradition par la Force substituée au Droit, et par TÉgoïsme substitué au Devoir. La Force est devenue la seule règle de ceux qui ont fait la Loi : les droits des faibles ont été partout sacrifiés, il n'y a eu d'autre règle à leur égard que le bon plaisir, et leur place sociale n'a plus été que ce que le puissant l'a bien voulu faire.
Notre Législation Moderne, quoi qu'en pensent ses admirateurs, n'est que la tradition d'un passé dont nos Révolutions Économiques et Politiques n'ont pu effacer d'un seul coup toutes les traces. La Législation des Peuples Antiques et Barbares y
a partout laissé son empreinte d'oppression, de préjugés et d'erreurs; c'est pour corriger les défauts d'origine de cette Législation que la Société est en ce moment en travail.
Les Lois Civiles et Politiques de presque tous les peuples de la terre sont faites au mépris des Lois de
la Yie.
Les Lois Civiles et Politiques ont été conçues le plus souvent au profit de Minorités qui, de près ou de loin, ont toujours accumulé les trésors créés par le Travail , sans autre compensation pour le travailleur que la pauvreté.
Les Lois Civiles et Politiques doivent être la sauvegarde du Progrès de la Vie Sociale, par la protection de la Vie dans chaque Individu, au lieu d'être, pour quelques-uns, la protection de l'abus des jouissances et d'un luxe contraire aux besoins de
la Vie.
Les Lois Civiles et Politiques sont des iniquités quand elles consacrent des régimes qui font que tous les biens créés par le Travail passent aux mains de quelques-uns pour abuser de la Vie, quand la grande masse des travailleurs est privée du nécessaire.
Les Lois Civiles et Politiques doivent faire que, dans la Vie Sociale, nul ne puisse s'approprier, sans juste compensation , le bien produit par le travail
d'autrui.
La Loi Politique est un mal, lorsqu'elle crée des
obstacles à la libre expansion de la Vie des Peuples et des Nations.
La Loi Civile est un mal, lorsqu'elle fait obstacle au libre essor de la Vie dans l'Individu.
La Loi Civile est un mal, lorsqu'elle est en contradiction avec les tendances que la Nature a placées dans l'individu, comme Forces de sa Manifestation dans la Vie.
La Loi Humaine n'est légitime, qu'à la condition d'être l'interprétation des Volontés de la Nature dans l'Individu, dans la Société et entre les Nations; et cette interprétation doit toujours concourir à l'Entretien, au Progrès et à l'Harmonie de la Vie.
La Loi s'étant mise en contradiction avec les Droits et les Devoirs dérivant des Facultés et des Besoins de l'Homme , il faut que la Loi se relève de ces écarts; il faut qu'elle inaugure la Justice Véritable à la place de la Justice Factice et de convention ; il faut qu'elle donne, ou plutôt qu'elle laisse à chaque créature humaine, la place sociale qui lui est assignée par les facultés que la Nature lui a départies.