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LES INTÉRÊTS SOCIAUX

En consacrant ces Droits, dans toute leur étendue, la Loi assurera, par contre-coup, la pratique des Devoirs qui ont les mêmes facultés pour base :

Les Devoirs de la Production, msp'want à chacun le désir de créer : par le Travail et l'Industrie, les ressources utiles au développement de la Vie dans la Société et dans l'Humanité; par l'Invention et la Science, les moyens de Progrès propres à élever l'Homme à des destinées supérieures, en donnant à chacun les moyens d'être utile à ses semblables ;

Les Devoirs de la Consommation, faisant à chacun une mission de la Prévoyance Individuelle, unifiée à la Prévoyance Sociale, afin d'assurer à tous : les Moyens d'Existence, les Satisfactions de la Vie, l'Accès à la Possession et aux Avantages de la Richesse, unis aux sentiments de Justice, d'Équité, de Dignité, qui relèvent les droits du citoyen, en possession de sa Souveraineté et de sa Liberté, ces biens précieux au Progrès Social ;

Car c'est par la Liberté que l'homme peut obéir aux Lois de la Nature, et par conséquent accomplir les Devoirs qu'elle lui impose dans la Vie. La Liberté est le corollaire indispensable de tout développement *et de tout progrès dans la Vie Humaine. Sans elle, il n'est pas d'équilibre possible dans la vie sociale;

Les Devoirs de la Répartition, inspirant le désir général que chacun soit mis en possession de la place et de la part qui lui sont dues dans les fonctions

industrielles et sociales, afin de pouvoir concourir brement au Développement, au Progrès et à l'Harmonie de la Vie Sociale, enfin à tout ce qui intéresse l'Existence Humaine;

Les Devoirs de la Protection Sociale, assurant la Sécurité et la Tranquillité de tous : par l'appui que chacun donne au Droit des autres, par le concours que chacun apporte aux intérêts communs, et par le désir que chacun a de se rendre utile.

Voilà ce que l'esprit de la Loi de Vie doit incarner dans l'esprit des masses, et ce que la Loi écrite doit préparer par les Institutions.

Un Gode est à faire pour mettre la Législation en accord avec la Loi Naturelle de nos Besoins Affectifs, afin de mettre les Institutions Sociales en harmonie avec ces Besoins.

La Procréation,

L'Amour des sexes ,

La Paternité et la Maternité,

La Filiation ,

L'Union entre les hommes ,

L'Attachement à nos habitudes ,

Le Patriotisme,

La Fraternité

sont les tendances du cœur humain, que la loi écrite a constamment violées.

Tout est à régler sur l'union des sexes suivant le vœu de Ta Nature, suivant la liberté des attraits du cœur, de façon à séparer l'Amour des Contrats d'Intérêts.

Il faut effacer les préjugés introduits dans la Loi, sur la Famille, la Paternité et la Maternité.

Il faut effacer de la loi cette monstruosité qui exclut encore l'Enfant de l'Amour de'ses droits à la Protection Paternelle et Maternelle, et à l'Héritage de son père et de sa mère, au mépris du bon sens et des plus saines raisons de la philosophie.

Tous les enfants sont légitimes devant le même Dieu qui ordonne leur existence ; leur légitimité doit être reconnue devant la mère qui leur a donné le jour, et devant le père qui lésa fait naître.

La Loi qui oblige la Paternité et la Maternité à se cacher, est un crime social dont le Législateur doit compte devant la Vie.

L'Éducation et l'Instruction de l'Enfance sont oubliées ; les Lois qui doivent veiller sur elles sont à faire. Le droit de propriété de l'homme sur son semblable est effacé de nos mœurs, mais le Droit d'Abus pèse encore sur l'Enfant, faute d'institutions propres à le protéger.

A Paris, cette capitale du monde civilisé, le tiers des enfants nouveau-nés est envoyé à une mort certaine sans que la loi les protège : la nourrice à

la campagne moyennant 15 fr. par mois, c'est le droit de livrer l'enfant nouveau-né à la mort, sans que la police intervienne.

L'homme se faisant législateur a cru pouvoir* disposer de la liberté de son semblable ; il ne s'est pas contenté de fausser l'Amour et la Famille, il a créé par la loi mille obstacles à la Liberté de Réunion et d'Association, aux essors et aux entraînements de l'Amitié.

Mais c'est surtout à l'Affective la plus élevée que les législateurs ont porté la plus grave atteinte ; ils n'ont pas craint de briser violemment, par les Lois de la Guerre, tous les liens de l'habitude qui attachent l'Homme au pays qui Ta vu naître, au sol qu'il cultive, à la profession qu'il exerce, aux personnes avec lesquelles il vit, brisant ainsi en lui toutes les plus saintes affections du cœur pour l'enrôler au service des querelles de ses tyrans.

Et c'est au nom du Patriotisme que le Despotisme des pouvoirs prétend entreprendre toutes ces guerres contraires aux intérêts des peuples; c'est quand ii a brisé au cœur de l'homme les plus douces affections du patriotisme dans leur utile essor, qu'il en invoque la puissance pour les mettre au service du Mal.

Peuples 1 le Vrai Patriotisme, c'est le véritable Amour du pays ; il veut sa grandeur développée par le Travail et la Paix. Le vrai patriotisme dérive de l'Amour de l'Humanité; devant lui, tous les peu-

pics sont frères, ils désirent chacun de leur côté la prospérité des lieux qu'ils fécondent; mais cette prospérité ils ne la désirent pas par la guerre, ils ne la désirent pas par la spoliation de leurs voisins : ils la veulent par le Travail Utile, afin de pouvoir recevoir les autres peuples en amis et en frères, au sein de leurs Conquêtes Pacifiques.

Le Gode des Lois en accord avec nos besoins affectifs est donc à faire, pour donner à la Créature Humaine la Liberté à laquelle elle a droit pour tout ce qu'il y a d'Amour en elle dans son attachement aux autres et à la Nature entière. Philosophes et Penseurs , guerre aux préjugés qui assiègent le Monde pour le Malheur de l'Humanité î

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