AUGMENTATION DU MÉRITE
TIII
EfTets
de
la grâce
2° Le
mérite
Augmentation
du
mérite.
Preuve
de
cette
augmentation
L'état de grâce faisant du chrétien le membre vivant de Jésus-Christi Jésus-Christ, nous l'avons dit, lu, confère lepouvoir de produire, sons son influence, des œuvres vraiment divines et strictement dignes d'une récompense ; — or, comme Jésus-Christ est toujours vivant et qu'i7 opère toujours, il s'ensuit qu'il ne s'écoule pas un momentdu jour ou de la nuit où il ne soit au pouvoir du chrétien de faire une œuvre divine et méritoire.
De même, dit le Concile de Trente, que la tête fait constamment sentir son influence aux membres, de même que le cep ne cesse pas de communiquer sa sève aux branches, — ainsi Jésus-Christ répand sans cesse dans toutes les unies justifiées la vertu qui doit prévenir, accompagner et suivre toutes leurs bonnes œuvres... Si quelqu'un dit que l'homme justifié ne mérite pas véritablement l'accroissement de la grâce par les bonnes œuvres faites par la grâce de Dieu qu'il soit anathème. (Ses. vr, 32), — A celui cjui a, il sera clonnéet il abondera. (Math. xxv).
via EFFETS DE LA GRACE.
TIIl
Effets de la grâce
Le
mérite
~ Le mérite n'est pas lié aux prisons, — il n'est i \ pas attaché à la solitude, — il n'est pasreng ] lermé dans les cloîtres.
-^ i Le mérite peut être acquis dans les armées, — f ' à la Cour, — aux champs, — à la ville. En tous les temps de la vie pourvu qu'existe
l'usage de la raison et de la liberté. 2^ Soit séculier, — soit religieux, — soit ecclé-
/ VIII Augmentation
mérite.
2° Facilité de cette augmentation qui peut élever rame fidèle à
une grandeur
en quelque
sorte infinie.
Elle peut se faire :
^ \ siastique.
Soit dans l'état de mariage, — soit dans le cé- ^ i libat.
S: iSoit dans la richesse,— soit dans la pauvreté. S- Soit dans la santé, — soit dans la maladie. À tout moment du jour et de la nuit. Le sommeil n'interrompt pas le mérite de celui qui s'est endormi avec la pensée de bénir et de glorifier Dieu. Parles actions même indifférentes qui dellesmêmes ne sont pas méritoires, en les relevant par une intention su7'natui'elle, alors même que cette intention ne serait pas actuelle
Sourvu que l'intention virtuelle persévère. — ieu n'a pas voulu que le trésor de nos mérites dépendit proprementde nos pensées et de notre l'éflexion afin que notre inadvertance ne l'amoindrit pas.
Par le seul désir qui supplée à l'œuvre qu'on ne peut pas faire.— Bien plus le désir d'avoir ! debonsdésirsjjroduitdcsmérites (Is.xvm).
^ ^,Par la multiplication des bonnes intentions 3 I dans une bonne œuvre. — Une même action peut être faite par un principe de rehgion et par un principe de charité.
Par l'approbation d'une bonne œuvre déjà faite. Autant de fois l'âme se complaît surnaturellement dans le bien qu'elle a fait, autant de fois elle mérite.
Par l'ofirande réitérée faite à Dieu d'une bonne action. — C'est mériter, pour un religieux par exemple, que de renouveler les vœux de pauvreté,de chasteté et d'obéissance.
VIII EFFETS DE LA GRACE
KfrctM
de la grâce
Le
mérite
Âugnien-
tiition
du mérite.
Abondance
de
cette
auirmen-
tation.
l'ilo
étonne
et
elle ravit
Pour l'âme vivant
ien état < de grâce habituelle
L'âme en état de prâce qui agit pour plaire à Dieu, mérite, par par un seul acte et d'un mérite de justice, dit le Concile de Trente, l'augmentation de la grâce habituelle et, par suite, l'accroissement des vertus théologales, des vertus morales infuses et des dons du S. Esprit ; de plus la gloire éternelle (S. vi, c. 32.) Tout acte d'amour, dit S.Thomas, vaut la vie éternelle.
— Or, si une seule action donne tout cela, que ne donneront pas deux, vinçjt, trente, cent actions venant ajouter leur mérite particulier à ce premier mérite. Essayez de vous rendre compte des mérites acquis par la T. Ste Vierge , depuis sa conception immaculée jusqu'à sa mort, pendant plus de soixante ans de vie.
, Ni tous les Anges ni
L'âme i tous les Saints s'unis-
en I sant pour la lui
état \ procurer ne pourrait
de grâce! le faire.
reçoit INi Dieu lui-même
à j créant des mondes
chaque I à l'inQni et les lui
action < donnant ne saurait
nouvelle \ la récompenser di-
une j gnement.
récom- ■ jLes Saints du ciel , pour
pense I l'obtenir , souffri-
nouvelle, | raient volontiers tou-
, telle I tes sortes de tortures
\ que \ jusqu'à la fin des
^ temps.
VIII EFFETS DE LA GRACE
Effets
de
la grùce
Le mérite
, VIII Augmentation du mérite.
Abondance
de
cette
augmentation
Pour l'âme correspondant
à la
grâce
ac-
iti'.elle
L'âme qui reçoit avec docilité, soumission, reconnaissance la grâce actuelle mérite, par convenance, des grâces actuelles plus abondantes. La grâce actuelle agissant sur les vertus infuses qui sont en nous et nous faisant ainsi produire des actes méritoires, donne à Dieu une gloire nouvelle et Dieu, comme par reconnaissance, nous donne à son tour de nouvelles grâces ; et il y a entre Dieu et l'âme un échange continuel de fidélité et de grâces. Chaque action vaut un degré de grâce habituelle de plus; et même, selon quelques théologiens, le double de la grâce que l'âme possédait en faisant cette action.
1° Se conserver dans l'état de grâce en évitant le péché même véniel de propos délibéré, et se purifiant souvent par le sacrement de pénitence et par des actes d'amour de Dieu.
2° Multiplier les actions bonnes et saintes et sanctifier les actions indifférentes par une intention bien déterminée de travailler, de souffrir, de se \ reposer, selon la volonté de Dieu.
l3° Se rappeler que la valeur d'un acte se tireae l'union qui existe entre Dieu et celui qui fait cet acte. Les richesses, la gloire sont moins devant Dieu qu'un quart d'heure de souffrance ou I d'humiliation supporté avec soumis- \ sion et amour.
\III EFFETS DE LA GRACE
PERMANENCE DU xMERITE
TIII
KrretM
delà
grAcc
2' Le
mérite
1" Le mérite est de sa nature impérissable. — II n'y a ni dans le Ciel ni sur la terre ni dans les enfers, aucune puissance capable de nous en dépouiller. — On peut même dire que Dieu ne le fait pas, puisque le mérite acquis par chaque chrétien fait partie des richesses du corps mystique de .lésus-Clirisl. Détruire ce mérite serait appauvrir le divin Sauveur.
2° Le mérite acquis peut se perdre, par un prchc mortel. — Le mérite est le droit à l'amitié et à la possession de Dieu, or le péché mortel nous éloif^'nant de Dieu éloitme de nous tout mérite ; il fait île nous l'ennemi de Dieu. Le péché mortel nous sépare do nos mérites mais il ne les détruit pas ; le péché etTacé par la contrition parfaite ou par l'ail rition jointe à l'absolution, tous les mérites acquis antérieurement à ce péché redeviennent la propriété de l'àmc.
3° Le mérite n'est pas perdu ni intégralement ni en partie par le pèche véniel même le plus grave. Le péché véniel peut nous empêcher d'acquérir de nouveaux mérites avec autant d'abondance mais il ne peut diminuer les mérites déjà acquis ; il n'a pas brisé les liens qui nous attacnaient à Dieu. — Un chrétien peut sans doute, pour un acte méritoire qu'il fera, commettre de nombreuses fautes vénielles,mais le démérite de ces fautes n'a qu'un effet temporaire tandis que le fruit de son acte méritoire est éternel. 11 expiera ces fautes vénielles au purgatoire, mais ce châtiment aura un terme et .son mérite acquis aura la gloire éternelle.
4° Les péchés elTacés par la conversion sont remis d'une manière absolue et irrévocable ; ils ne seront jamais imputés à l'homme alors même qu'il se damnerait pour d'autres péchés subséquents. — Larai.son en est que Dieu est plus porté à la miséricorde qu'à la justice.