‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 5 sur 224 · LES · texte numérisé non relu

LES

€ VOILA CE CŒUR QUI à TANT AIMÉ! »

Le Cœur ve Jésus-Curisr, — T. I. 1

SOMMAIRE

Ï. La Révélatiou de Paray manifeste au moude le Cœur du Christ eucharistique, comme celle de Naïm avait découvert le Cœur du Christ voyageur, — Combien elle apparait opportune contre le protéstantisine qui niait la vérité de l'Eucharistie, contre le Janséuislie qui en detruisait l'usage et contre le naturalisino des temps modernes qui veut ruiner jusqu'à la notion mème de Jésus-Christ. — LL La Révélation totale du Sucré-Cwur coutient plusieurs phuses, — Texte des paroles dites par le Sauveur un vendreli aprés l'octave de ja Fête-Dieu, — HIL linyortance et caractère de cette Révélation. — Sa valeur au ; nt de vue de Ja for. — Son caractère et son but : manifester ]n vie personnelle et l'amour actuel de Jésus dans Le Sacrement, — Aussi là dévotion au Cœur eucharistique, 'est-a-dire au Cœur de Jésus honoré dans l'Euvchue ristie, est-elle la réponse parfaite à la Révélation de Paray. — IV. Commentaire des paroles de cette Révélation. — Elles énone cent un tipie objet : les preuves éclatantes de son AINOUT ; — lingratitude dont nous le payons ; — les réparations qu'il Huplore, — V. a Voilà ce Cœur Qué & tant ainé, qu'il w'« rien éparyue, jusqu'à s'épuiser et se consumer. » — VE L'épuisomient de La vie et de LA mort du Sauveur. — VII. La Consoinption de l'anéantissement dans le don de l'Eucharistie. — VIIL La plunte douloureuse des retours de notre ingratitule, — IX, L'appel à la réparation : li communivr, — l'heure sunte, — le culte puslie du Sacré-Cœur,

# Voila ce Cœur qui a tant aimé {cs hoïmiues 1, »

{Paroles de N.-S. à la LP:

Î. — La révélation solennelle de son Cœur, que le Sauveur avait faile durant sa vie mortelle, La préparant par de sublimes paroles et l'entourant, comme du rayon nement qui lui convenmt, de merveilles de puissance et de bonté, telles que la résurrection de l'enfant de la vouve

4 LES PAROLES DE LA RÉVELATION ee ds mur PE tte — tte 0 à gl de

et la couversion de Madeleine, il lui a plu, dans ses miséricordes fidèles autaut qu'inépuisables, de la renouveler dans son état eucharistique, avec un éclat nou moius magnitique.

C'est lu vévélation de Paray-le-Monial, reprise et écho tidèle de la révélation évangélique de Naim.

Comme le Sauveur avait voulu révéler le secret de l'incompréhensible bienfait de l'Incarnation en découvrant son Cœur aux contemporains de son existence terrestre, ainsi u-t-il cru nécessaire d'expliquer le mystère d2 son existence eucharistique et les trésors d'amour qu'il ÿ prodigue au monde, en montrant le Cœur qui le fait vivre et aimer « jusqu’à la tin », dans le Sucrement.

Combien cett* révélation de son Cœur, qui disait sa pré sence personne: : et son amour actuel dans l'Encharishe, était opportune à l’aurore des temps modernes, peut-être les derniers de la durée du monde, pour y jeter une puis-

sante poussée de vie, et les rendre capables de préparer l'avènement du règne éternel du Christ, duns la gloire et dans l'unité!

Le protestantisme avait tenté d'arracher à l'Eucharistie sa ré alité vivante, Jésus-Christ substantiellement présent sous les apparences sacramentelles, en enseignant qu'elle n'est qu’un signe, ne contient qu'une vertu sanctii ante et n'a pour but que de rappeler le souvenir de la mort du Sauveur. — Le Christ vigilant, qui parait dormir dans le suaireé impénétrable du Sacrement, « mais dont le Cœur veille » sur l'Eglise pour subvenir à ses hesoins, le Christ souléve alors la pierre de l’état sacramentel. sous laquelle l'hérésie le voulait faire passer pour mort, et montrant son Cœur, organe essentiel de la vie physique, symbole uni-

versel de la vie morale. il proteste contre Ia négation meurtrière : « Non! l’Eucharistie n'est pas un signe inerte, nn symbole vide : j'y demeure en personne ct j'$ suis un

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vINMe Vivant: sentez battre ce Cœur qui fuit en moi la vie, comme il la fait duns tout être humain : £t mihi est cor sicul el vobis (1)! »

D'autre part, janstniene s'acharnait à séparer l’homme d'avec Dieu pour le précipiter duns le gouttre du naluralisme. en niant toute possibilité, pour la créature tombée, d'aimer un Créai-ur si grand, si Suint, que l'inaccessibilité — ou l'impossibitité d'être atteint par le er lte de l'homme — était présentée comme son caractère propre. (‘était nier la grâce et la rédemption et, par conséquent, l'amour même de Dieu pour l'homme, — L'adorable Sauveur éperdu d'amour Pour cet être né de sa bonté et rachets pur sa miséricorde, tressaille alors sous les froides espèces du Sacrement: il en fait jaillir des flammes, au milieu ç squelles montrant son Cœur palpitunt et brûlant, il s'écrie : « Voilà ce Cœur qui a lant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné pour, leur fémoigner son amour ! »

Et il disait encore :

«Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, que, ne pouvant plus contenir les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande et qu'il se manifeste à eux pour les enrichir de ces précieux trésot qui contiennent les grâces sanctifiantes et salutaires pour les retirer de l'abime de perdition (2). »

Au monde vieilli, dont les yeux se sont affaiblis dans le faux jour du rationalisme, dont le sensualisme à épuisé les forces et qui s'est alourdi dans un pesant matérialisme ; à ce monde devenu incapable d'inspiration chevaleresqne et d'action généreuse, le Sauveur apporte, dans la munifestation de son Cœur, un renouvellement de foi, d'amour, de vie spirituelle, — « Le Sauveur me fit connaitre, dit la

(1) Job, x1r, 3.

(2 Vie et écrits de l2 Bieuheureuse Marguerite-Maris par sos Contemporaines, T, I, P. lu,

ÿ LES PAROLES DE LA HÉVLLATION

Le ee ee eg —

Licrheureuse Marguerite-Murie, que le grand désir qu'il vuit d'être parfaitement aimé des hommes lui avait fuit brmer le dessein de leur manifester <on Cœur, et de leur donner, dans ces derniers siècles, ce dernier en. de son umour (1.

Déjà au xive siècle sainte Gertrude, l'une des confidentes privilégiées du Sucré Cœur, qui préparait de loin les voies à la Vierge de Paray, avait appris de lapôtre saint Jean que la :nanifestation éclatante du Cœur de Jésus « était réservée pour les derniers temps, «x qu'à celle voix le monde décrépit el refroidi en l'amour de Dieu füt réchauffé et rencuvelé par l'amour (?.

(2) Le jour de la fête de saint Jean l'Eva .séliste, sainte Gertruie fut transportée en esprit, par l'apôtre bieu-aimé, près du Sauveur, la bouche collée contre la plaie ouverte de son divin Cœur, La vierge benédictine s'enhardit à lui demander si, au soir de la Cène, reposant sur la poitrine du Maitre, il n'avait pas sent les battements de son Cœur. Sur la réponse aftirmative de l'Apôtre, elle lui demanda Pourquoi il n'en avait rien dit dans son Evancile, Sur quoi saint Jeun répondit : « Certes oui, J'ai senti profondément leur douceur, qui à pénétré mon Âme comme ferait ure Hqueur d'une bouchée do pain qu'on y tremperait. Mais mou devoir m'obligeait d'écrire, pour l'Eglise naissante, le mystère du Verbe non créé, Aux telhps mMmodernes était réservée la révélation explicite des battements intiniment doux de son Cœur. — Jila vero cum ex motu sanctissimorum pul-uum quibus sine intermissioue commovebatur Cor diviuuin inetfabili delectatione afliceretur, dixit ad bentum Jonnuem : « Numnquid et tu, dilecte Dei, horum suavissimorum pulsuum non sensisti delectamentr"), dum in cwna supra idem suavissimum pectus recubuisti, quorum delectatione ego nunc tantuim atlicior? » Respondit : « Etiam fateor, veraciter sensi et persensi, quia suavitas illorum sic medullitus animam mean pertransivit, sicut dulcissimus medo unquara suavius pertrauseundo dulciticare potest micum recents similaginis, » Tunc illa : « Et eur hoc ita penitus conticuisti, quod nec quicquam vel modice saltem exinde uostris profectibus intelhgendum conseripsisti? » Respondit : « Meum profveto erat novellæ adhuc Ecclesie de increati Dei Patris Verbo uuum describere verbum, de quo usque in finem mundi suflicienter capere posset intellectus generis humaui totus, quamvis à nullo tanien uuquam pleue possii comprehendi, Eloquentin autem suavitatis pulsuuim

di.

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