‹ Sonnailles et chansonnaillesChapitre 12 sur 40 · DE MON BALCON · texte numérisé non relu

DE MON BALCON

Mélancolie

Grands bois, j’ai suivi vos sentiers, Curieux de vos violettes ;

Mais sans rechercher les lauriers Que l’on met au front des poètes.

Je regarde, de mon balcon,

Sous rhaleine des durs automnes, Tomber — quand passe r aquilon Les feuilles mortes qui frisonnent.

Je pense qifil est des berceaux Où dormaient des fillettes blanches, Qu’ainsi que des duvets d’oiseaux Un souffle a fait tomber des branches.

C’est que les choses d’ici-bas,

— Feuilles de fleurs, feuilles de hêtre Doivent s’abattre sous nos pas, S’effacer soudain, puis renaître.

Parmi les grands arbres divers Que ma fière avenue arbore,

L’un peut survivre à cent hivers, L’autre peut 11e voir qu’une aurore.

Quand viennent les hivers nouveaux La bise éparpille nos graines :

Joies et fleurs, amours et moineaux De leurs débris jonchent les plaines.

Les moineaux ont fui, leurs chansons N’éveillent plus les voisinages ;

Les arbres n’ont plus de frissons Et leurs cimes n’ont plus d’ombrages.

A leurs hauts sommets dépeuplés, Tous les nids déserts se confondent Où chantaient nos gentils ailés De tristes corbeaux se répondent.

Où st ridait le merle moqueur

Monte — c’est bien plus « Modem Style »

L’aigre sifflet de la vapeur

Et le cri de l’automobile.

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