DE MON BALCON
Mélancolie
Grands bois, j’ai suivi vos sentiers, Curieux de vos violettes ;
Mais sans rechercher les lauriers Que l’on met au front des poètes.
Je regarde, de mon balcon,
Sous rhaleine des durs automnes, Tomber — quand passe r aquilon Les feuilles mortes qui frisonnent.
Je pense qifil est des berceaux Où dormaient des fillettes blanches, Qu’ainsi que des duvets d’oiseaux Un souffle a fait tomber des branches.
C’est que les choses d’ici-bas,
— Feuilles de fleurs, feuilles de hêtre Doivent s’abattre sous nos pas, S’effacer soudain, puis renaître.
Parmi les grands arbres divers Que ma fière avenue arbore,
L’un peut survivre à cent hivers, L’autre peut 11e voir qu’une aurore.
Quand viennent les hivers nouveaux La bise éparpille nos graines :
Joies et fleurs, amours et moineaux De leurs débris jonchent les plaines.
Les moineaux ont fui, leurs chansons N’éveillent plus les voisinages ;
Les arbres n’ont plus de frissons Et leurs cimes n’ont plus d’ombrages.
A leurs hauts sommets dépeuplés, Tous les nids déserts se confondent Où chantaient nos gentils ailés De tristes corbeaux se répondent.
Où st ridait le merle moqueur
Monte — c’est bien plus « Modem Style »
L’aigre sifflet de la vapeur
Et le cri de l’automobile.