‹ Sonnets capricieuxChapitre 121 sur 259 · DUEL · texte numérisé non relu

DUEL

Julio dit un jour à Carlo qui l'accoste :

(( Quel est votre poëtc, à vous, brave marquis?

— L'Arioste, dit l'autre. — Ah! fi de l'Arioste! Le Tasse est, à mon sens, mille fois plus exquis.

» — Non, le grand Arioste a des droits mieux acquis.

— Lui? c'est un animal, dit la voix qui riposte.

— Un animal, vous-même! — Allez au diable en poste!

— Ce mot-là veut du sang. — Courons dans le maquis! »

Là-dessus, on se livre au grand jeu de l'épée.

Le chevalier du Tasse a l'artère coupée.

(( Pardon! lui dit Carlo, vous l'avez bien voulu.

)) — J'en conviens, fait tout bas Julio qui soupire. Tasse me coûte cher. Au moment où j'expire. Que n'ai-je la douceur, au moins, de l'avoir lu! »

HISTOIRKS ET CONTES. 103

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