‹ Sonnets capricieuxChapitre 134 sur 259 · LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS · texte numérisé non relu

LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS

A dîner chez lui, le rat de la ville

Lnvita jadis le rat campagnard.

Venez, lui dit-il « d'une voix civile,

Vous aurez chez nous mieux qu'un peu de lard. »

Il vint- en effet au repas fertile, Et tous deux mangeaient ; il se faisait tard, Quand survint un bruit dans la nuit tranquille, Tout comme au festin du roi Balthazar!

Le rustique, alors, que le frisson gagne, Dit au citadin : « Viens à la campagne, Nous y mangerons plus en sûreté.

» — Non, retourne seul, dit l'autre, à ta ferme; Quiconque, ici-bas, n'a pas le cœur ferme Est poltron aux champs comme à la cité. »

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