‹ Sonnets capricieuxChapitre 229 sur 259 · LES TITANS · texte numérisé non relu

LES TITANS

Montagnes de la Thrace et de la Thessalie, Les géants d'autrefois, de l'Olympe envieux, Allaient vous entassant, et, leur œuvre accomplie, De vos derniers sommets ils provoquaient les dieux!

Sortis des rangs épais dont fermente la lie, Les hommes de nos jours, non moins ambitieux. Vous ont échafaudés, systèmes de folie.

Et de leur Pélion ils ont bravé les cieux !

Sans trouble et sans espoir, ils ont vu les étoiles ; Ils ont fouillé l'azur et dit : u Rien sous ces voiles! Dieu n'est qu'un mot vieilli, dont le sens est perdu, »

Et les croyants ont dit : « Que faii-il dans sa sphère? IS'a-t-il plus de courroux?,.. » Et, moi, j'ai répondu : « Il n'a que du dédain, puisqu'il les laisse faire! »

'298 SO.NNF/rS CAPIUCIEUX.

S(3UVENIUS ET MÉMOIRES

Dix volumes, c'est lourd ! Et tout cela pour dire Qu'en toute circonstance on eut toujours raison ; Que, pour son art de plaire et surtout de conduire, On était chez le roi l'ami de la maison ;

Qu'auprès de soi tout autre était petit garçon ; Que, pilote qui prend Aquilon pour Zéphire, On eut bien le malheur de perdre le navire. Mais qu'on périt du moins d'une docte façon !

Car voilà, mes amis, tel savant livre en somme ; Et chacun là-dessus d'admirer un grand homme ; L'encens perpétuel s'élève sur ses pas.

Une voix, cependant, en chemin dit tout bas :

« Les grands hommes sont ceux, à Paris comme à Rome,

Qui sauvant leur pays — et ne s'en vantent pas! d

JAVLILOTS FT JAVELINES. 299

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