‹ Sonnets capricieuxChapitre 254 sur 259 · SUR UN VERS DE MUSSET · texte numérisé non relu

SUR UN VERS DE MUSSET

Tu l'as dit, cher poëto, hélas! mort avant riieure : « Il ne me reste rion, sinon d'avoir pleuré. » Oui, ce mot survivra comme un gage sacré; Car, Dieu nous l'a proniis, heureux celui qui pleure.

En vain la jiassion, de son glaive acéré, Frappe l'orgueil en nous et la vertu meilleure; Tant qu'au fond de nos cœurs une larme demeure. Tant qu'elle monte aux yeux, rien n'est désespéré.

Jeune, il eut de son temps le doute et l'ironie. Au hlasphème, parfois, il prêta son génie; Il profana l'autel où repose l'amour.

Il pleura ce[)endant, il connut la souffrance!

Et n'eût-il répandu que ces pleurs d'im S2ul jour,

K travers une larme il a vu l'espérance!

CYPni:S ET SCABIEUSES. 329

L'ÉPI TA PHE DE BEllRYER

De rûloquence humaine il atteignit la cime; Il éclairait nos temps, clarté dans la noirceur. De tous les opprimés champion magnanime, Il ne regar.lait pas au nom de l'oppresseur.

La France du passé, qui descend à Pabîme, L'avait de son drapeau choisi pour défenseur; C'est elle qui mêlait de force et de douceur Sa parole superbe et son geste sublime!

Quoique ce vieux tiibim fût l'avocat des rois, Le peuple tout entier, dont il servit les droits. D'un deuil reconnaissant le salue et l'escorte.

0 grand homme adorJ, dors dans ton blanc linceul Au delà du tombeau ta renommée emporte La louange de tous el l'injure d'un seul!

330 SONNF/rS CAPHTCIEUX.

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