‹ Sonnets capricieuxChapitre 256 sur 259 · ALEXANDRE DUMAS · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DUMAS

Adieu, puisque tu pars, colosse au cœur de femme! Toi qui fus le poëte et le divin conteur; Toi qui, dans la poussière où dormait le vieux drame. Vins le ressusciter d'un soufïle créateur !

De tes imbroglios multipliant la trame,

Tu grandis le roman de toute ta hauteur;

Et, sans te soucier d'un monde détracteur.

Tu fus clément et doux, jusque dans l'épigramme.

0 poëte, ô géant, toujom's lier de courir, Tu ne connus jamais fatigue ni souffrance; En un fils de ton sang tu te vis rcrieurir.

Puis enfin, dans un jour où [)artail Tospérance, Tu partis avec elle en ])leurant sur la France, El ton dernier bonlieur fut alors de mourir!

332 SONNETS CAPRICIRUX.

MONTÂLEMBKRT

Je Taimais, noble esprit, âme si bien trempée! Je l'aimais, conibatlaiit de tous les grands combats, Oui disais : <( Ma parole esL la sœur de l'épée! » Toi (|(ii pouvais le dire et ne te trompais pas.

La trame de tes jours à propos fut coupée; Tu fis bien, chevalier, de partir d'ici-bas Avant de voir la l'rance envahie et frappée, Et le sol du pays raccourci sous les pas.

Tu fis bien! Qu'aurait dit ta belle âme si pure, Devant les maux sans nom que la patrie endure? Tu i)laignais la Pologne et fus de ses amis.

La Pologne du moius, cette triste Pologne, N'a pas sur elle-même, en proie aux ennemis. Achevé de ses mains leur sanglante besogne!

CYPRtS KT SCABIEUSES. 333

Page 1