A UN PINCEAU FERTILE
J'ai vu de tes tableaux à toutes les vitrines :
La nature y prenait cent visages divers.
Des champs et puis des bois, des ravins, des ravines,
Des ciels de tous les bleus, des prés de tous les verts.
Là, des bouviers guidant le soc, faces chagrines ; Ici, de vieux clochers bâtis tout de travers, Et puis beaucoup d'étés, suivis de leurs hivers, Et beaucoup de châteaux, suivis de leurs ruines.
Je passe les matins et les soleils couchants.
Ta rapide palette a bien atteint le mille.
Prends garde, mon ami, prends garde à tes penchants.
C'est bien d'être fécond, mais c'est mieux d'être habile. Moi, depuis que j'ai vu tous ces tableaux des champs. Je n'ose plus quitter la ville.