A LÉLIO
Tu m'as envoyé ton volume à lire.
Je l'ai lu d'un trait, sans un bâillement. Quant à mon avis, s'il faut te le dire, Le voici, mon cher, très-succinctement :
Laisse là les vers, démonte la lyre ; Dieu ne t'a pas fait pour cet instrument. Le siècle, d'ailleurs, que la prose attire, Fut doué pour lui négativement.
Sois donc de ce temps, écris de la prose. Sur la politique ou toute autre chose, Fais un bon traité que lu vendras cher.
Mais, dans ton sujet, fût-ce le plus ample, ^e sois jamais long et sois toujours clair. Je m'arrête là, pour prêcher d'exemple.