‹ Sonnets capricieuxChapitre 49 sur 259 · ELLE ET LUI · texte numérisé non relu

ELLE ET LUI

C'est l'éternelle histoire. On la tient, on la juge. Elle étouffa le fruit d'un amour clandestin. « Ce crime est exécrable, il causa le déluge, » Dit son accusateur, qui cite du latin.

Orpheline, elle était sans appui, sans refuge;

Un amant revenait, pressant, chaque matin.

« J'ai trop cru, malheureuse, aux serments d'un transfuge, »

Dit-elle, en s'inclinant sous l'arrêt qui l'atteint.

Mais l'amant, mais le père, ô justice éternelle! Pourquoi n'est-il pas là, flétri, broyé comme elle? S'est-il du noir cachot évadé par hasard?

Non. Il est au café, comme à son ordinaire. Quand il aura fini de jouer au billard. Il prendra le journal et lira cette affaire.

Page 1