‹ Sonnets franc-comtois inédits, écrits au Commencement du 17e siècle et publiés pour la première fois d'après le manuscrit original, avec une introd. historique et des notes, et la description des gravures inédites de Pierre de LoysiChapitre 1 sur 72 · M DCCC XCII · texte numérisé non relu

M DCCC XCII

A la ville de Besançon je dédie ce livre, qui contient un chapitre de son histoire, et, selon toute / robahilité, des vers inédits d'un de ses poètes.

Pari^, 4 avril i S92.

.V. B. — Les nombres romains placés dans le texte de 17;»iroducdon renvoient aux Preuves et Noies, pages 21-41.

«i^Tï^iSE^y^i) L existe à la Bibliothèque de Besançon un 'r^|>i>Y^ recueil d'estampes qui a été décrit de la W»^,>^ façon suivante par M. Auguste Castan, >*3^cl^£^ bibliothécaire actuel de la ville de Besançon, dans le Catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque de Besançon, Sciences et Arts, tome I*?"", 1875, in-40, page 24?. :

« Emblèmes gravés par Pierre de Loisv, à Besançon, vers 161 5, petit in-folio.

« Epreuves des planches d'un recueil, non publié, qui devait se composer de gravures au burin, formant têtes de page, avec un texte au-dessous de chacune d'elles. Cette série s'ouvre par le portrait de Clériadus de Vergy, comte de Champlitte, gouverneur de la Franche-Comté. Plusieurs des gravures montrent les armes de ce seigneur, ainsi que celles de Madc-

4 INTRODICTION

Icino de Baiiiriomoiit, sa femme. La giavuic f|ui suit isi numérolée i, et la dernière est chifTiée io5. Notre exemplaire manque des numéros lo, i3, i5, i6, 21, 25, 29, 55, 56, 63, 64, yS, 76, 82, 85. 86, 89, 94, 102 ei 104. Trois seulement des plandics portent la signature complète du graveur: a Petrus de Loysi fccil. »

<( J'ai indi(|ué comme date de ce recueil, m'écrivait M. Auguste Castan, les environs de l'année 161 5. Je dirais aujounriiui (|u'il a été commencé vers 1612 et terminé vers i')i5 : en effet, les insignes de la Toison d'or n'accompagnent pas l'écusson aux armes de Vergy, qui se voit tant sur le portrait initial que sur les planches chiffrées 1 et 35, tandis que ces insignes apparaissent au Las du blason de la planche 99. Or, Clériadus de Vergy fut reçu chevalier de la Toison d'or le 3 août 161 5. Donc les planches de notre recueil où ne figurent pas les insignes de cet ordre sont antérieures à 161 5, tandis que les dernières du recueil semblent appartenir à cette année.

« Ainsi daté, le recueil ne saurait être compris dans l'œuvre de Pierre de Loisy, dit le jeune, vu que cet artiste faisait encore son tour d'Italie en 1654. J'ai d'ailleurs trouvé un critérium pour distinguer les productions des deux Pierre de Loisy : le vieux écrit toujours Loysi son nom de famille, et le jeune signe invariablement Loisy. Vous avez la première communication de cette remarque, à laquelle je ne songeais

pas encore quand j'ai édile le volume de notre Catalogue : Sciences et Arts '.

« Le format du papier des Emblèmes est de 285 millimètres sur 190. Le portrait de Clériadus de Vergy, avec le quatrain qui en est le soubassement, a pour justification 164 millimètres sur 110. Les figures d'emblèmes sont des têtes de pages : elles mesurent moyennement 90 millimètres de haut sur i 1 o de large ; la place réservée sans doute à un texte est demeurée blanche.

K En dehors des trois planches qui portent la signature complète du graveur, jen remarque deux (la 47'' et la 92e] qui sont signées du monogramme P. D. L. : Pierre de Loysi.

« Un gribouillage commis sur la partie blanche de la page qui porte l'emblème n° i indique que l'exemplaire avait été acheté en 1625.

'( Veuillez agréer, Monsieur, avec l'expression de mon sincère désir d'avoir réussi à vous être utile, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

« Le Conservateur de la Bibliothèque de Besançon, Correspondant de l'Institut,

A. Castan. »

Besançon, le 6 juin 188 3.

1. C'est donc par erreur que M. Charles Weiss a dit dans la Biographie Universelle de Micliaud : « On a de cet artiste

L'exemplaire des Emblcmrs de Pierre de Loysi que je possède, et '|ui ])rovient de la vente, après décès, de la bibliotlièque du général de Valdan, à l'Isle- Adam, en mai 1 883 , l'exemplaire est complet ', c'est-àdire que les estampes y sont accompagnées d'un texte en vers manuscrits et peut-être autographes. Ce texte qui, par mes soins, se trouve public pour la première fois, est, selon toute probabilité, du poète franc-comtois Jean-Baptiste Chassignet.

Cette opinion repose sur un examen approfondi des œuvres publiées de Jean-Baptiste Chassignet et sur la comparaison de ses œuvres avec ces sonnets. Voyez

(Pierre de Loisy, dit te jeune) un Livre d'Emblèmes, 1/1-4". »

L'exemplaire décrit par M. Charles Weiss est celui de !a Bibliothèque de Besançon.

I. Description de mon exemplaire : il se composait primitivement de 89, ou plutôt de 90 pages, en y comprenant le portrait initial de Clériadus de Vergy. Ce portrait manque; les pages 84 et 86 manquent aussi complètement, le texte des pages 3 3 et 76 a été déchiré. Total: 87 estampes, dont 2 sans texte. Chaque estampe est accompagnée en chef (pour se servir de la langue du blason) d'une courte épigraphe latine, que j'ai cru devoir traduire en français pour les personnes qui ignorent le latin, — et en pointe de 16 vers (2 vers de huit syllabes, lesquels sont la traduction ou la paiaphrase de l'épigraphe latine, plus un sonnet [ i 4 vers] explicatif de l'estampe). Reliure ancienne en veau. Pas de titre : rien que le mot Emblèmes, en lettres d'or, sur le dos de la reliure. Dimensions des estampes : celles de l'exemplaire de Besançon, Format du papier : H. 0,24 c; L. 0,16 c. L'écriture du texte avec ses u pour des v, ses / pour des j, et son absence presque complète d'accentuation et de ponctuation, est celle d'une personne née dans le Wl'' siècle. La pagination du graveur a été changée à la plume.

surtout, comme je l'ai lait, le Mcspris de la vie et Consolation contre la mort. Beaucoup d'idées exprimées dans l'œuvre inédite c|ue je mets au jour se retrouvent dans ce premier recueil de vers publié à iksançon, en 1594, par Jean-Baptiste Cliassignet. Le style est aussi le même.

Comme on peut en juger, tous ces sonnets sont intéressants au point de vue de la langue, et quelquesuns d'entre eux contiennent des vers d'une beauté surprenante. Je me plais par suite à espérer que cette publication, qui m'a pris beaucoup de temps et donné beaucoup de peine (car il m'a fallu tout reconstruire et tout expliquer) ajoutera une pierre nouvelle au grand édifice littéraire de la France.

Lorsque ce recueil d'emblèmes a été coniposé à Besançon, dans le premier quart du XVII^ siècle, la Franche-Comté ou comté de Bourgogne ■ [Liber Con}ilatus\ avait pour souveraine Isabelle-Claire-Eugénie, (ille de Philippe II, roi d'Espagne (I, p. 21), et pour gouverneur « messire Cleriadus de Vergy, comte de

I . Que je ne peux pas confondre avec le duché de Bourgogne, dont la capitale était Dijon.

Cliamplilo ', chevalier de l'ordre de la Toison d'or, du Conseil d'Estat du Roy catholique =, lieutenant, gouverneur et capitaine gênerai en son pays et comté de Bourgongne, baron et seigneur de Vaudrey, Arc, Morey, Mantoche, Leeffons, La Rochelle, etc.

« Ce seigneur, fils de François de Vergy ill,p. 23), comte de Cliamplile, et de Renée de Ray, dame de Vaudrey, sa seconde femme, commença dés l'âge de seize ans, à porter les armes pendant les guerres du pays de Bourgongne, où il leva un régiment pour la défense d'iceluy l'an mil cinq cents quatre-vingtquinze 5. Il fut aussi capitaine d'une compagnie de chevaux légers dressée à ses propres frais, laquelle servit deux ans fort honorablement et utilement dedans les Pays-Bas. Et depuis il espousa dame Magdelene de Baufîremont (III, p. 24), fille de feu Claude de Bauffremont, chevalier de l'ordre du Roy ties-chrestien, seigneur et baron de Senecey, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, conseiller

1. Champliite, chef-lieu de canton de la Haute-Saône, arrondissement de Gray.

La seigneurie de Champiitte fut érigée en comté, par lettres patentes de Philippe II du 5 septembie 1574, en faveur de François de Vergy. Après la mort de Clériadus de Vergy (i63o), Champiitte appartint successivement, jusqu'à la Révolution, aux maisons de Cusance, de Clermont-d'Amboise et de Toulongeon.

Pour plus de détails, voir la belle Histoire de la seigneurie et de la ville de Champliite, par l'abbé Brifaut. Langres, in-8, 1869.

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