AUX COQUETTES
Derrière le miroir, ce démon aux aguets, Dans ce discret asile où l'élégance règne, Ces roses, ces bijoux, tout ici vous enseigne A ne pas trop vous plaire aux ornements coquets.
Apprenez le danger des colliers, des bouquets. Démêlant vos cheveux, quand, au matin, le peigne Dans leurs loues flots dorés avec amour se baigne. Que, dans l'écrit) ouvert, brillent vos affiqueis;
Que, vous applaudissant du bonheur d'être belles. Vous venez contempler, dans vos glaces fidèles. Les contours serpentins que votre corps décrit;
Que, comme un souple jonc, votre taille se cambre. Cherchez bien : vous verrez, dans un coin de la chambre, Quelque diable embusqué qui regarde... et qui rit.
JEUNE KACCUANTE.
Cil. IiEFEBVRE.
À quoi donc rêves-tu, ma gentille bacchante. Nonchalamment couchée à l'ombra de ce bois? Quel est le grand objet qui t'occupe?... Ah! je vois : Tu lis la plus belle œuvre et la plus éloquente.
Un nid plein d'oeufs mignons ! La trouvaille est piquante, Ce livre merveilleux, que feuillettent tes doigts, T'apprend que les oiseaux d'Amour suivent les lois ; Tu tiens de leurs ardeurs la preuve convaincante.
Médite, j'y consens. Ces mystères sont doux. Le nid qu'ils ont construit fait songer aux époux, Puis les œufs font songer à la mère couveuse.
Et toi peut-être aussi tu couves dans ton sein,
Pour qu'il éclose un jour, quelque amoureux dessein,
Et c'est pourquoi ce nid te rend toute rêveuse.
Mil