‹ Sonnets sur le SalonChapitre 13 sur 15 · DÉSOLATION DES OCÉANIDES · texte numérisé non relu

DÉSOLATION DES OCÉANIDES

AU l'IEI) 1)F BOC DE PBOMÉTHÉE. LEHMANN,

Vers le fils de Japet, cloué sur son écueil, Accourt tout un essaim d'océanides nues, Bonnes divinités, du fond des flots venues, Pour pleurer comme on pleure à côté d'un cercueil.

Leurs longs cheveux épars, témoignage de deuil , Leur touchant abandon, leurs poses ingénues, Seins de lis, dos d'ivoire, extrémités menues, Le grand supplicié peut tout voir d'un coup dœil.

Ma foi, ce roc battu des vagues orageuses

Ne me ferait point peur, pourvu que nos nageuses

Vinssent souvent ainsi se lamenter autour.

Si donc ton cœur est las, mon pauvre Prométhée,

D'une punition tant de fois répétée,

Changeons, je prends ta place, et va pour le vautour!

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