‹ Sonnets sur le SalonChapitre 8 sur 15 · PICOU · texte numérisé non relu

PICOU

Regardez-les tous deux : c'est un couple d'amants Qui, les mains dans les mains, causent sous la ramée ; Du pétulant jeune homme a la voix enflammée La jeune fille émue écoute les serments.

Mais qu'ils sont loin déjà ces magiques moments!

Voici l'amant qui craint et fuit la bien-aimée,

Et sa rancune, hélas! résiste, envenimée,

Même aux douceurs qu'on trouve aux raccommodements.

En vain elle se risque à l'appeler du coude. Il reste froid, morose, inexorable; il boude. Regrettant ses aveux, ses baisers, ses cadeaux.

Ainsi le sombre ennui succède aux jours de fête. L'Amour vient, c'est charmant, on se tourne la tête : L'Amour part, tout est dit, on se tourne le dos.

Page 1