‹ Sophie et Mirabeau, ou, 1773 et 1789Chapitre 28 sur 42 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

SOPHIE, MIRABEAU

MIBABEAU.

Il ne fallait rien moins que sa présence pour me rendre à la raison.

SOPHIE

Cette discussion t'a fait du mal.

Elle a redoublé mon énergie ! Ah ! si le tiers-état me nomme député : noblesse, clergé, tremblez de me voir paraître à la tribune, (se frappant le front.) Il y a là de quoi faire vingt orateurs ! Ma nomination tuerait le despotisme et ferait jaillir la liberté. Il ne s'agit, pour me servir de la belle expression de Cicéron, que de rassembler cette forêt de choses éparses, confuses, qui, une fois réunies, doivent étonner le monde, et ébranler la société jusque dans ses bases... Quelque chose me dit là que le nom de Mirabeau est immortel... Ciel ! mon père !

SOPHIE

M. le marquis de Mirabeau !

Sophie , veuillez nous laisser.

LE MARQUIS

Je n'ai rien à vous dire, monsieur le comte, que madame ne puisse entendre... un père peut , dans l'épanchement d'un entretien familier, blâmer ce qu'il croit être un tort, mais le marquis de Mirabeau, en présence de madame de Monnier, n'a que des hommages et des respects à lui offrir.

SOPHIE

Je n'en doute pas, monsieur, et je vous en retnercie; mais je craindrais de vous gfner. [Elle sort.)

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