LE ROYAUME DES INCAS
«huis d'étroites limites. Le quatrième roi Inca, Maita Capak, fut vainqueur d'Alcaziva, descendant des arrières-chefs de Cuzco. Les trois rois suivants (''tendirent leur domination par la conquête. Ils constituèrent une caste guerrière avec les combattants des peuples conquis qu'ils dépaysaient ; et pour l'utiliser, leurs successeurs augmentèrent leurs conquêtes. Ils ne se jetaient pas sur leurs ennemis : ils leur demandaient leur soumission : ils l'obtenaient souvent, faisaient du chef un \assal. Ils assuraient leur autorité par des garnisons, et ils établissaient de grands approvisionnements pour leurs soldats.
Le règne des Incas ne fut point à l'abri des troubles. Malgré tous leurs efforts, leur pouvoir trouvait des résistances et provoquait des révoltes.
Il avait pour caractéristique d'être une théocratie guerrière. L'inca, fils et prêtre du soleil, était le maître absolu des personnes et des choses, des actes et des volontés. Il ('tait le seul propriétaire; mais il avait partagé le territoire en trois portions, celle du soleil, celle de l'inca et celle des sujets. Il était aussi le seul propriétaire des troupeaux de lamas. Des fonctionnaires en prélevaient la laine et la répartissaient entre les personnes chargées de la travailler. Ils en abattaient la quantité nécessaire pour la nourriture de l'inca.
Les mines d'or et d'argent étaient exploitées au profit de l'inca, mais comme il n'y avait pas de commerce, ces métaux ne servaient que d'ornement.
Iln'yavait pas d'impôt, l'individu devant tout son travail à l'État. On attribuait un lot de terre à chaque famille composée de dix personnes. Le lot primitif était augmenté de moitié à la naissance de chaque garçon et d'un quart à la naissance d'une fille. Elle constituait l'unité administrative : et un fonctionnaire lui était attaché
pour en prendre soin et la surveiller1. Dix familles formaient un groupe de cent habitants et de dix fonctionnaires soas la surveillance d'un chef. Ensuite venaient dix lois ces cent familles el dix luis ces cent fonctionnaires ; el dix mille familles avec autant de fonctionnaires constituaient une province. Les chefs de province qui, autant que possible, appartenaient à la famille des Inc;is, et les surveillants en chef des petits groupes étaient tenus de paraître de temps en temps a la cour de l'Inca et d'envoyer des rapports réguliers. Ils étaient sous la surveillance constante d'inspecteurs : et quand une famille était en faute, non seulement elle était punie, mais aussi ses surveillants aux divers degrés qui n'avaienl pas su la maintenir dans l'obéissance.
Chacun, homme et femme, «Hait astreint au travail. A vingt-cinq ans le jeune Péruvien devait se marier. Un jour dans l'année était consacré à cette cérémonie. Les fonctionnaires désignaient à chaque jeune homme la jeune (ille qu'il leur convenait de lui donner, tu loi de terrr leur était attribué avec une maison. Quand la province était trop peuplée, on les envoyait dans de nouveaux territoires.
Les jeunes ^ens devaient le service militaire: des
jeunes lilles étaient choisies aussi pour aller travailler dans des monastères, où elles étaient assujetties, sbos peine 'le mort, à la continence.
Les terres du soleil et de l'Inca étaient cultivées • □ commun. Les surveillants conduisaient leurs administrés au travail comme à une fête, mais selon l'ordre «lu sage Pachatukec, il les fouettaient d'abord, les pendaient ensuite, s'ils refusaient de s'j associer. Môme peine pour celui qui osait se déplacer sans ordre. Les
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enfants cl les vieillards étaient tenus de fournir leur contingent.
Cependant jamais les Incas n'essayèrent d'introduire ce système dans toutes les provinces qu'ils avaient assujetties.
Les Espagnols avaient déjà abordé en Amérique quand Huania Gapak était occupé depuis plusieurs années à réduire Quito. Là, il oublia sa femme et son fils, Tbrascar, et viola la loi des Incas, en prenant une femme qui n'était pas de leur race. Il en eut un fds Atabualpa qui devint son favori. Il laissa à celui-ci le royaume de Quito et au premier celui de Guzco. Un conflit éclata. Atabualpa descendit avec ses troupes à Cuzco, remporta la victoire, fit massacrer les Incas. Lorsque Pizarre arriva au Pérou, il le trouva en dissolution, et c'est ce qui explique la facilité de ses succès.