‹ Soudan françaisChapitre 49 sur 54 · IX. — Daoud tua Goliath · texte numérisé non relu

IX. — Daoud tua Goliath

La Circoncision . — Un jour, Djibril dit à Abraham : « Dieu t’ordonne de te purifier. » Aussitôt Abraham fit les ablutions prescrites pour la prière; mais Djibril lui dit : « Ce n’est point là ce que Dieu t’ordonne. »

Alors Abraham avisant ses ongles, qui étaient malpropres, se mit à les nettoyer, mais, quand il eut fini, Djibril dit encore : « Ce n’est point là ce que Dieu t’ordonne.

Alors, Abraham s’épila sousles aisselles ; mais Djibril dit encore que tel n’était pas l’ordre de Dieu.

Abraham s’épila le pubis, puis se rasa la moustache, sans plus de succès.

Djibril partit alors pour aller rendre compte à Dieu ; pendant cette courte absence, Abraham, soudainement inspiré, saisit une hache et se circoncit. Mais, tant par la perte de s-ang que

par la douleur qu’il éprouva, il perdit connaissance. Djibril le rappela à la vie et lui dit : « Tu as bien exécuté l’ordre de Dieu, mais tu as agi trop brutalement ; à l’avenir, voici les instruments dont tu te serviras. » Et il lui présenta un couteau et des ciseaux.

L’Excision. — - Ce serait aussi au temps d’Abraham que remonteraient l’excision et certains tatouages de la femme. Voici ce que l’on raconte à ce sujet.

Entre autres concubines, Abraham avait une négresse qu’il affectionnait beaucoup. Il n’en fallut pas davantage pour éveiller la jalousie de l’une des épouses d’Abraham.

Un jour, cette femme saisit la négresse et : i° l’excisa, c’est-à-dire lui supprima le clitoris; 20 lui fit des entailles : au front, aux joues, aux pommettes; 3° lui perfora le lobe de l’oreille; 4° lui tatoua en noir la lippe et les gencives

i. Toutes ces mutilations sont pratiquées de nos jours par les Soudanaises.

La Tour de Babel. — Jusqu’à Nemroud (Nemrod), un des descendants de Nouhoun (Noé), tous les hommes étaient blancs et parlaient la même langue.

Nemroud, pour se battre avec le maître de Birahim (Abraham), résolut d’élever une grande tour. Il la construisit dans le pays de Babyla : elle avait 25o milles 1 de haut et 200 milles à la base.

La tour achevée, tous les hommes s’y installèrent.

Le septième jour, un grand ouragan jeta la tour à bas et dispersa les hommes : les uns tombèrent tout près, dans la mer, ce furent les Européens ; d’autres tombèrent dans des endroits sans eau où ils durent creuser des puits, ce furent, entre autres, les Bambaras; d’autres tombèrent au bord des fleuves et dans les endroits marécageux tels furent les Soninkés et les Khassonkés. Quant aux arabes, ils tombèrent à Misra (le Caire), à Scutari, à Stamboul, à Faz (Fez).

1. Le mille, nous a-t-on expliqué, est la plus grande distance où l’on perçoive encore distinctement les objets.

La plupart des hommes oublièrent leur langage par suite de la frayeur que leur causa le cataclysme qui les dispersa; les différences de climat, d’alimentation et d’existence achevèrent de rendre les hommes dissemblables les uns des autres.

Voilà pourquoi leshommes n’ont plus le même langage et ont l’épiderme diversement coloré.

La fin du monde. — La fin du monde sera annoncée par un animal sorti du pays de Hamana (Yémen?) et reconnaissable à ce qu’il aura :

les yeux de l’homme;

le cou de l’âne ;

les pieds du cheval ;

la bosse du dromadaire;

la barbiche du bélier;

les griffés rétractiles du chat.

Après cet animal, Issa (Jésus) apparaîtra et la guerre ne cessera de bouleverser l’Orient et l’Occident. Djoudjou (Gog) et Madjoudjou (Magog) rempliront le monde d’effroi. La lune se parta-

géra en deux. Le soleil se lèvera à l’ouest et se couchera à l’est. Un Mahdi se révélera à Constantine. Les jeunes gens exerceront partout le pouvoir et leur inexpérience accroîtra encore l’anarchie universelle. Les femmes seront plus nombreuses que les hommes. Les richesses augmenteront démesurément. La prière sera oubliée. Le Coran remontera au ciel. Alors, un grand coup de vent renversera tout et Massa oui Adjan, le Borgne qui est marqué, au front, du mot « Infidèle », achèvera, pendant sept ans, l’œuvre d’extermination.

Les questions d'Abondjidou Boustcilou. — Un descendant de Mahomet, le nommé Aboudjidou Boustalou, se trouvait un jour en prière, quand il entendit une voix lui dire : « Va-t-en au lieu où les Juifs prient, tu verras leur actes et écouteras leurs paroles. »

Aboudjidou obéit et, dès qu’il fut à l’endroit où les Juifs priaient, le grand prêtre se tut. Les auditeurs demandèrent la cause de ce silence subit : « C’est, dit-il, qu’il y a parmi

« vous un étranger, je ne puis, devant lui, parce 1er de notre religion et, si je vous parle de la « sienne vous ne me croirez pas. »

ce Si, dirent-ils, nous te croirons et, nous sui- « vrons la voie que tu nous indiqueras, si nous « reconnaissons la vérité de tes dires. »

Mais, leur montrant l’étranger, le grand prêtre refusa.

Alors, l’un des auditeurs s’adressa à Aboudjidou et lui dit : « Si tu peux répondre aux ce questions que je vais te poser, nous suivrons « ta religion. »

Aboudjidou accepta.

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