‹ Soudan français. Contes soudanaisChapitre 10 sur 64 · L'HYÈNE ET LE LIEVRE · texte numérisé non relu

L'HYÈNE ET LE LIEVRE

(Conte kbassonké.)

Les deux compères arrivèrent un soir dans un village Khassoaké.

— • Toi, dit le lièvre è l'hyène, tu t'appelleras Louniandin et tu m'appelleras Morolou. *

I Comment, dit l'byène, toi, si petit, lu pré- « tends avoir un nom aussi grave que Morolou s et un aussi gros personnage que moi s'appel- 1 lerait d'un nom aussi piètreque Lountandin?

• Point, mon compère, tu t'appelleras Lountana din et moi Morolou. »

— Allons I comme tu voudras, diile lièvre, » comme à regret, il est donc bien entendu que ■ tout ce qu'on apportera pour Lountandin sera

• pour moi et tout ce qu'on dira pour Morolou <r sera pour toi 7 »

— C'est entendu », dit l'hyène.

Ils entrèrent dans une maison et furent bien accueillis.

A l'heure du repas, une femme portant un plat s'approcha des étrangers et dit : i Lountandin, voilà ton souper, u

Le lièvre prit et mangea; l'hyène n'eut rien.

Le lendemain nouveau plat pour Lountandin et encore rien pour Morolou.

Or, dans la nuit, le lièvre se leva, alla dans le foyer, y fit un trou et y déposa ses crottes.

Les ménagères Khassonké sont levées de bonne heure et s'occupent de suite à nettoyer la cuisine. En balayant, la femme remarqua

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cette terre fraîchement remuée et, y ayant mis le doigt, s'exclama aussitôt : « Morolou ' 1 » .

L'hyène furieuse se sauva en disant: « Les a bonnes choses sont toujours pour Lountandia ' • et jamais pour Morolou, je ne l'oublierai pas. »

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