L'HOMME AUX TROIS HOUPPES
(Conte bamaDa).
Unhomme avait, sur la tête, trois houppes de cheveux. Il vint trouver le roi et lui dit :
— n Si tu me dis le nom de chacune de mes B trois houppes, tu peux me tuer, n
Le roi dit : «J'y réfléchirai, u
Un jour, le roi fit venir la femme de l'homme, qui l'avait ainsi défié, et lui donna beaucoup d'or :
— n Ton mari, lui dît-il, ne pourrait te faire «tant de cadeaux. »
— « Non, dit-elle, il ne le pourrait pas. »
— <i Eh bien! dit le roi, si tu veuï me dire « le nom de chacune des trois houppes, qu'il a [c sur la tête, je te donnerai encore beaucoup > plus d'or.
— «La première, dit la femme, se nomme :
n l'homme devenu roi ne connaît plus ses H anciens amis; la seconde: il ne faut pas avoir d conlîance dans les femmes; la troisième:
« méfie-toi de l'enfant [que ta femme a eu d'un << précédent mari, ce n'est pas ton fits. li
Le roi la remercia, lui donna beaucoup d'or et manda son mari :
— a Ami ! je sais le nom de chacune de tes B houppes. »
— v Ah I et quels sont-ils ? n
— ■ La première se dit ; l'homme, devenu
• roi, ne connaît plus ses anciens amis. •
— <' La seconde : il ne faut pas avoir con-
• fiance dans les femmes. »
— n La troisième : méfie-toi de l'eafant que « ta femme a eu d'un précédent mari, ce n'est a pas ton fils, t
— a Eh bienl dit l'homme, tu peux me tuer.
Le roi le fit attacher, et, quand on voulut
l'emmener, survint le fils, que la femme de l'homme avait eu d'un précédent mari.
— « Arrêtez, dit-îl, que je dépouille cet « homme du vêtement, qui m'appartient, avant 8 que le sang l'aitendommagé. »
Alors, l'homme, s'adressant au roi, dit :
— Il Attends un peu, B dire. "
— fl Parle », dit le roi
— « Toi et mo H et, quand nous
ai quelque chose à te
du même âge ieunes, bien des fois je
• t'ai battu. Nous <!tioiis bons amis alors. Au- B jourd'hui, tu vas me tuer.
— « C'est vrai «, dit le roi.
— « C'est ma femme qui t'a révëlé mon secret.
• Or, cette femme, je n'ai pas eu recours à toi « pour l'épouser, non plus que pour la nourrir
• ou la vêtir. Cependant elle m'a trahi pour toi. »
— ■ C'est vrai <>, dît le roi.
— « L'enfant de ma femme m'a arraché son « vêtement, de peur}qu'il à« soit souillé de mon « sang; s'il eut été mon fils, auraît-il jamais agi « ainsi? »
^ 1 Certes non, avoua le roi et il dit à « l'homme : je te pardonne pour les vérités que <• lu viens de m'enseigner, mais n'oublie pas « que l'on ne doit jamais défier son roi car il « est tout puissant. »