‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 14 sur 47 · SOLDAT BASQUE · texte numérisé non relu

SOLDAT BASQUE

Je l'ai vu, désirant une dernière fois

Jouer un air natal sur sa flûte de bois,

Et, bien qu'il eût le front nimbé d'une blessure,

Faire chanter son âme en une haleine pure.

Il disait la douceur des femmes de chez lui,

Le travail journalier, propre au facile ennui.

De grouper chaque soir, blancs sous la blanche lune.

Les moutons égrenés dans la montagne brune.

Son ardeur tout à coup l'abandonna ; ses yeux

Tournèrent en dedans leurs deux points lumineux.

Mais ses doigts, se levant et s'abaissant encore,

Cherchaient les trous creusés dans le roseau sonore ;

Puis, consumant son âme en un souffle léger,

Il sourit à sa « mie » et mourut en berger.

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