‹ Sous le vocable du chêneChapitre 54 sur 57 · AUX NEUF MUSES EN UNE · texte numérisé non relu

AUX NEUF MUSES EN UNE

Par ces jours et ces nuits où, sans personne au monde. Un pauvre enfant a l'univers à supporter, Où les sens font des cris, où la cervelle gronde, Où le cœur ne bat plus qu'à coups inespérés,

Toi seule es tous les Dieux et toute la Lumière, Et j'ai vu sous ton doigt pacifique et rêveur Mes rides s'effacer, se tarir mes paupières Ou mes larmes changer de source et de douleur!

C'est pourquoi, tel celui dont le corps fut malade Et qui de son grabat se relève infirmier. Ou tel un libertin orgueilleux et maussade Qui, touché par la grâce, aime à le publier,

Je tâche d'arracher un beau vers à ma vie. Afin qu'au soir d'un de ses jours les plus amers Quelque triste vieillard en ait l'âme ravie Et s'endorme, le front couronné d'un beau vers !

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