BIENVENUE AUX MARIÉS
« N'est-ce pas joli! s'écria Gélia qui se mit à envoyer des baisers aux enfants, à tendre la main à ses bonnes et à jeter des regards de bienveillance sur l'étranger qui à demi caché forçait Sancho à présenter les armes.
— J'ai vu des ornements bien varies employés pour la décoration des grilles, mais -vos statues vivantes sont, ma chère, tout ce qu'il y a de plus charmant, dit M. Georges, en regardant Ben qui la bannière à la main dégringolait avec son agilité ordinaire de son poste élevé.
— C'est à vous, mon ami, d'achever ce que je n'ai fait qu'ébaucher, répondit gaiement Gélia; puis Sancho s'étant avancé pour offrir sa patte et ses félicitations, elle lui dit : Allons Sancho, présente-moi ton maître, je veux le remercier d'être arrivé juste à temps pour sauver ma vieille maison d'une destruction complète. :
— Madame ! J'en aurais sauvé douze que cela ne m'aurait pas acquitté envers vous de tout ce que vous avez fait pour mon fils, répondit Brown en s'avançant, la figure rayonnante de joie et de reconnaissance.
— J'ai été bien heureuse do m'occuper de lui, et je vous prie de vous rappeler qu'il aura toujours sa place dans notre maison jusqu'à ce que vous en ayez une meilleure à lui donner. Dieu soit loué ! il n'est plus orphelin! s'écria Gélia en touchant de sa main blanche celle de Brown sur laquelle il y avait des traces de brûlures.
— Viens, ma sœur, j'aperçois un succulent souper et je meurs do faim, interrompit Thorny qui, malgré la part qu'il prenait au bonheur de Ben, ne se
laissait pas dominer par les émotions sentimentales.
— Descendez, chères petites, que je puisse vous remercier de votre accueil si chaud, car il a été chaud de plus d'une manière, et son regard se dirigea vers le haut de la cheminée d'où sortait encore un peu de fumée.
— Oh pardon! s'écria Bab en se cachant la figure.
— Elle ne l'a pas fait exprès, ajouta Betty d'une* voix suppliante.
— Vivent les maries ! vivent les mariés î » cria Ben en agitant son drapeau pour donner le signal des acclamations au moment où Célia, appuyée sur le bras de son mari, se mit en marche pour franchir le seuil de la maison qui devait être pour elle et pendant de longues années un heureux foyer.
La grille près de laquelle s'était jadis reposé un petit vagabond, ne devait plus rester close, car Gélia voulait qu'elle livrât passage à tous ceux qui, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, tristes ou gais, viendraient demander l'hospitalité Sous les Lilas.
Pages.