RÉSULTATS
qu'il y a un progrès très sensible en faveur des premiers. Ils ont, croyons-nous, atteint sous ce rapport tout ce qui pouvait être attendu, car il faut aussi avoir égard à la sécurité des funes et ne pas trop les fatiguer par une vitesse de rentrée qui, en accroissant l'effort outre mesure, occasionnerait la rupture.
Les sondages surtout ont été admirables de rapidité et de précision.
L'emploi du fil d'acier comme ligne de sonde présente un seul inconvénient : il se rompt trop facilement s’il se forme une coque; pour éviter cet accident, il est indispensable de prendre une foule de précautions et de suivre avec une attention très soutenue son déroulement, aussi bien que l’enroulement sur le touret lorsqu'on relève. M. Jacquet, chargé de cette partie des opérations, a certainement par les soins qu’il y a apportés pré-
venu bien des ruptures. Il y aurait peut-être lieu
de chercher soit un alliage, soit un métal aussi résistant et aussi maniable que l’acier, mais offrant plus de flexibilité.
Si nous considérons ce que ces dragages nous ont appris, à notre avis, les grandes dragues doivent être rejetées; elles sont trop lourdes et, proportionnellement à leur poids, ne ramènent pas autant que les petites. Dans les très grandes profondeurs, il faut ajouter au poids de linstrument celui de la fune déroulée, et comme elle doit être d’un fort diamètre en raison des dimensions de la
drague, le poids total que la partie sur laquelle on vire doit supporter devient énorme, elle n’a plus la même valeur, car il suffit d’un petit effort pour dépasser son maximum de résistance et la rompre. Es Quant aux dragues, elles s’enfoncent dès leur arrivée, se remplissent immédiatement, et lorsque … la traction commence à agir sur elles, le halage les promène sans rien faire entrer de plus que ce qu’elles contiennent déjà. Il en résulte que l’on ne ramène qu’une partie très restreinte de la surface du fond, à moins que sur celle-ci ne se trouve M une couche semi-fluide d’une assez grande épaisseur s’écoulant en partie tamisée par le sac. Il nous a été permis de remarquer plusieurs fois que M nous ramenions des séries de couches parfaitement distinctes par les diverses teintes qui les coloraient et par leur densité. En pareille circon- « stance, le travail effectif de l'instrument se trouve « fort réduit, et c’est inutilement qu’on le promène sur le fond.
Nous pensons que, pour les fonds vaseux, il est nécessaire d’avoir des dragues ne s'enfonçant pas et ne se déployant que sous les premiers efforts de la traction; ce qui le fait voir, c’est que l’appareil imaginé par M. Richard, la vergue armée de petites dragues, s’est montré plus efficace que les grandes dragues indépendantes, seulement il nest pas tou- « jours assez maniable et son poids est trop considé- M rable. à
Il nous semble cependant que, sous de moin-
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dres dimensions, cet appareil deviendrait plus propre au service qu'il doit rendre, si l’on em- ployait deux vergues, au lieu d’une, qui formeraient les branches d’un châssis entre lesquelles on placerait les dragues de telle sorte que les lames travaillantes débordent.
C’est avec une satisfaction bien facile à comprendre qu’au moment où la campagne d’exploration était terminée nous entendions proclamer qu’elle avait eu un plein succès.
Notre joie était d'autant plus vive que c’est nous qui l’avions provoquée et que nous avions assuré qu’elle réussirait, en nous fondant sur les dix années de recherches qui nous avaient permis d’avoir foi en la richesse de la partie de l'Océan que nous commencions à connaitre un peu.
Nos espérances avaient été dépassées et nous étions heureux de ce succès, c'en était bien un, puisqu'il enrichissait la science et par-dessus tout la France de sujets zoologiques infiniment précieux et qu’elle ne possédait pas.
Heureux également de voir enfin notre pays lancé sur la voie de ces recherches par l'accomplissement d’une campagne qui non seulement avait donné lieu de faire quelques études utiles sur les dragages en eaux profondes, mais qui avait en même temps initié aux méthodes un groupe d'officiers intelligents de cette marine, toujours prête au service qu’on lui demande et qui le remplit toujours avec un dévouement, un entrain et
| une.intelligence de la chose, admirables. Ceux-ci
formeront un noyau autour duquel rayonneront
de nouvelles initiations, et, quand le besoin se fera sentir, On saura à qui s'adresser pour avoir des chefs de file expérimentés, auxquels on pourra confier la direction du service des campagnes d'exploration qui, nous l’espérons, succéderont à celle de 1880.
Que mes collègues de la commission me permettent, eux aussi, de leur exprimer mon admiration pour leur courage et leur dévouement à la science, car, n'étant pas marins, ils ont été souvent peu à l'aise pour exécuter de minutieux travaux, auxquels ils n’ont jamais renoncé, quelque pénibles qu’ils aient été. Habitués à de splendides laboratoires où tout est commode, il leur a fallu s’accoutumer, dans des espaces rétrécis, à des opérations bien délicates parfois, à des besognes d'autant plus fatigantes qu'elles étaient gênées par les brusques mouvements de roulis et de tan-
gage,