A MON AMI E. R
Ennemi du travail, amoureux de la rive,
Je n’ai jamais tenté les flots.
Je laisse ma nacelle aller à la dérive
Sur la rivière aux verts ilots.
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J'adore du ruisseau le filet d’eau limpide Qui caresse les cailloux blancs ; J’ai peur, le croirastuf de l’océan perfide
Et des vaisseaux aux larges flancs.
Ils doivent renfermer des misères sans nombre, Ces navires aventureux, Et raconter aux flots plus d’une histoire sombre
Et plus d’un drame ténébreux.
Ici point de dangers, ici point de nanfrage, Ici point de flots écumants ;
Seule, une onde paisible, au gracieux mirage, Gazouille entre des bords charmants.
Une barque légère, une voile, une rame, Une rivière aux claires eaux, Un ami pour causer, une charmante femme,
Un gai soleil et des oiseaux ;
Je ne veux rien de plus, s’il est vrai que sur terre Le calme est le nid du bonheur,
Et que la paix fleurit sous le toit solitaire Et se loge dans l’humble cœur.
Viens avec moi, suivons de l’étroite rivière Les méandres capricieux, Et cueillons en passant une fleur printanière
Le long de ses bords gracieux.
Livrons notre pensée aux douces rêveries,
Notre esquif à l’humble courant,
Mälons le bruit joyeux des folles causeries
Au babil du flot murmurant.
Tu souris! Je le vois, ta barque audacieuse De la mer rêve les dangers,
Car il faut à ta voile une brise orgueilleuse Et la plainte des naufragés.
Laisse-moi dans la baie où mon esquif s’abrite, Où plongent mes lourds avirons, Où le zéphir endort l’onde que seule agite
L’aile des légers moucherons.
Affronte les périls; cor un bi A l'effort des vents ‘urieux
Naïf dans ton espoir, demande à le tempête
Hélas! le secret d’être neur vx!
Et lorsque tu seras fatigué de ta course, Ami, tu reviendras un jour Mouiller ta lèvre ardente à l’humble et fraîche source
Où moi j’aurai puisé l’amour.
Et tu diras: “ Heureux celui qui, de son âme Chassant le rêve décevant, À trouvé le bonheur dans les bras d’une femme,
Et les caresses d’un enfant ! ”