‹ Sous les pins [microforme]Chapitre 34 sur 69 · À MONSIEUR A. SUZOR-« ‘E · texte numérisé non relu

À MONSIEUR A. SUZOR-« ‘E

Artiste-peintre,

Ami, j’ai visité ton modeste aselier

Où ton pinceau d’

artist a su multiplier

Des croquis que ton rêve a fixés sur la toile:

Profils harmonieux,

fronts de vierges que voile L'ombre indécise et douce où se plait ton pinceau,

Figures de vieillards ou d'enfants au berceau,

Nature morte à qui tu sais rendre la vie,

Paysages ombreux qui donneraient l'envie

D’aller rêver sous bois si mes lourds quarante ans

Me permettaient encor les jeux de mon printemps.

Un large pan de mur couvert de panoplies Etale un croisement d’armes toutes vieillies

Que brandissaient jadis des héros endormis Lorsqu'ils semaient la mort parmi les ennemis. Et pendant que j’admire, à l’écart tu dessines : Je vois sous ton pinceau surgir des bécassines Pantelantes encor sous le plomb du chasseur, Vivantes à tromper les yeux du counaisseur.

Pour attirer bientôt tes mains jamais oisives

Un lit qui nous surprend par ses formes massives Attend là dans son coin. Je salue en passant

Une horloge qui dut sonner l’an mil six cent. Plus loin un vieux rouet, désormais immobile,

Attend pour se mouvoir le pied frêle et débile

Des femmes d’aujourd’hui. Ce coin, c’est le passé ] ; P

Déjà si lein de nous, où l’on voit entassé

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