LIVRES
Les livres envoyés à l’exposition de l’Union centrale se font remarquer surtout par la beauté de leurs reliures. Ils peuvent sous ce rapport même offrir des modèles aux artistes qui, de nos jours, ont porté au plus haut degré un art dans lequel la France n’a pas de rivaux.
Plusieurs volumes ont appartenu à des rois de France. On compte deux François Ier, deux Henri II, un Henri III ; ce dernier, vendu en 1J389 à l’encan par les ligueurs devant l’hôtel de ville, fut racheté par le célèbre chroniqueur l’Étoile. On remarque deux Henri IY, un Louis XIII, un cardinal de Bourbon (Charles X, roi de la Ligue) eÇjdeux volumes aux armes de Louis XIY.
Les dix Grolier qui figurent dans la même salle sont peutêtre les plus intacts et les plus purs qui ont été mis sous les yeux du public. Les trois Maïoli sont d’une très-belle conservation. Les de Thou sont aussi très-remarquables. Il faut
citer en outre deux Canevarius, un Séguier, un Turgot, quelques variorum aux armes de Du Fresnoy.
Les autres livres montrent de très-beaux spécimens de Le Gascon, de Padeloup, de Derome. Parmi les plus précieux de cette catégorie, nous mentionnerons un manuscrit enrichi de miniatures, de la fin du xvc siècle, qui a fait partie des collections de Gaignat, La Vallière, Camus de Limare, du comte d’ÏIoym, de La Bédoyère et Morel de Vindé ; le manuscrit d’Adonis, deLaFontaine, offert au ministreFouquet, orné de la plus précieuse reliure de Le Gascon, et qui est le plus beau Jarry connu après la Guirlande de Julie ; les Œuvres d’un auteur de sept ans (le duc du Maine), exemplaire unique sur vélin, aux armes de madame de Montespan; enfin un livre couvert d’une splendide reliure à compartiments du xvie siècle, et qui contient une collection de dessins d’Androuet Du Cerceam