‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 41 sur 49 · RE · texte numérisé non relu

RE

Re 2 =

ere AE emmse — eee = ” Se rm siens ae ur

RG 7 at 2 rm

cultivés, surgissent les troncs noireis de laniique forét qui a couvert tout le pays, et dont les vastes lambeaux sont encore d'une suprème beauté. Puis nous eéntrons dans lindianopolis; nous traversons à toute vapeur de grasses prairies baignées par le lac Michigan, Le pays est parfaitement plat; la forêt à disparu ; pas un arbre à l'horizon. Bientôt de gigantesques affiches placardées de chaque côté de a voie annoncent l'approche d'une grande ville. Nous franchissions de larges avenues, puis des rues populeuses, criant gare aux passants par le moyen de la grosse cloche que notre machine fait elle-mème sonner à toute volée. D'ailleurs nous avons ralenti notre marche ; aussi de jeunes marchands de journaux, courant après le train comme après une diligence s’accrochent aux portières, escaladent Îles plates-formes et viennent erier leur marchandise dans l'intérieur des wagons. Le train ne s'arrete qu'au cœur de la ville et au centre mème du qartier que détruisit le terrible incendie de 1874, dont de grandes piaces vides et noires rappellent le sou-

venir,

nique vastes . Puis

sons à

s popun de la e-mème ; ralenti le jourine dililent Îles handise s'arrete u qartier dént de

le sou-

Voilà ce qui se passe à Chicago, pendant qu'ici nous nous étonnons encore de voir des tramways à traction de chevaux, circuler dans nos rues.

Chicagc est née en 1830: c'est donc une ville de quarante-sept ans. Ses commencements furent humbles, Ge n'était d'abord que cabanes en bois, À vingt ans, elle comptait déjà 60,000 âmes ; elle en a maintenant plus de 500,000,

Les premiers habitants, préoccupés d'autre chose que de confort et d'hygiène, s'étaient établis sur un ancien marais. Quand on fut dever: sensible à l'inconvénient d’avoir les pieds dans l’eau, l'ancien marais était couvert d'habitations d'une très-grande valeur. Les démolir pour les réédifier, après que le sol aurait été surélevé de plusieurs mètres, cela neüt pas demandé beaucoup d'invention; mais quelle dépense! et aussi quel trouble jeté dans l'existence des expropriés !

On prit un parti bien plus original : celui de surélever le sol sous les maisons mème debout, meublées, habitées et suspendues entre ciel et terre

pendant toute la durée de l'opération. C'est de la

sorte que furent assainis les quartiers bas de la ville, opération qui a trop fait parler d'elle alors, pour qu'on en ait tout à fait verdu le souvenir.

La ville de Chicago est une des plus belles des États-Unis: ses rues soné très-larges, ses hôtels de vrais palais, et son commerce très-actif, Située sur le bord du beau lac Michigan, dont l'étendue est de deux cents lieues de long et quarante de large, Chicago fait un grand commerce de blé et de cuirs; les abattoirs sont immenses et les alentours de la ville sont remplis de tanneries très-importantes.

Une des curiosités de la ville est l'énorme machine qui va chercher au fond du lac les eaux pures qui sont distribuées par toute la ville.

Chicago a cependant sa rivière, mais une rivière bordée d'élévateurs en guise d'arbres, chargée d’innombrables navires, et dont les eaux jaunes n’arrosent que des chantiers et des entrepôts; des ponts mème tournants eussent gèné le perpétuel va-et-vient de la navigation; aussi les a-t-on supprimés, et c’est

par des tunnels qu'on va d'une rive à l’autre.

Je restai plusieurs jours dans cette belle ville; j'y

es

ille,

Jour

des s de sur t de rge,

lies ;

rencontrai un négociant francais, qui me promena

ltout, me fit visiter tout, ete. La dernière nuit ve Je passai à Chicago, je fus réveillé par le bruit de vingt-cinq tambours qui s'exerçaient à deux heures du matin, et traversaient les rues en faisant un tapage infernal, C'était probablement la liberté de faire du bruit qui était mise en application.

Puis je quittai Chicago, me dirigeant sur Toronto, où J'étais attendu avec impatience,

De Chicago à Toronto, la route est fort jolie et très-accidentée, On suit d'abord le Jac Michigan pendant assez longtemps ; puis on arrive à Détroit, belle et grande ville, ainsi nommée parce qu'elle estsiluée sur le détroit qui fait communiquer le lac Huron avec le lac Erié. Le détroit passé, on est au Canada, et on traverse plusieurs petites villes, trèsgentilles, dont les plus remarquables s'appellent, comme en Europe, Londres, Paris, ete.

À Hamilton, où j'arrivai le matin du 20 avril, je m'arrélai, une demi-journée, afin de dire adieu aux nombreuses connaissances que J'y avais. Je

voulais voir aussi mon premier ami au Canada,

= pan s OT :

Se DE ne ne Poe

bot dé rai me.

nas

PS ange namees «+ de ARE eye ne

re “<

a nn

Hogan

mate.

Frank Mills, dont l'amitié pour moi ne s’est jamais démentie ; le soir j'étais à Toronto.

J'étais heureux de me retrouver dans cette bonne et charmante ville; il me semblait que c'était là mon pays natal où je revenais après cinq mois d'absence. La réception qui m'avait été faite était encore présente à ma mémoire, et quand les hauts clochers de Toronto m'apparurent, je fus aussi content que si j'arrivais en France. Là, en effet, j'avais beaucoup de tonnaissances, et les quelques jours que je comptais m'arrèter me promettaient une série de fêtes et d’attentions dont j'avais eu un avant-goût durant mon premier séjour. Il serait trop long de raconter toutes les invitations qui me furent adressées. Tout le monde voulut me recevoir, entre autres le gouverneur, dont les jeunes filles furent pour moi, comme auparavant, d’une attention et d’une amabilité dont j'ai été fort honoré.

Après quelques jours passés à l'hôtel, j'allai habi-

ter dans la famille Beardmore, qui avait voulu abso-

lument me posséder avant mon départ définitif pour

ais

ette que inq faite | les fus L, En les prdont jour.

tions { me eunes d'une

, fort

habi- | abso-

jf pour

la France. Je restai dix Jours dans cette estimable famille, qui s'ingéniait à me procurer tous les agréments possibles, Aussi, je voyais avec regret approcher l'époque de mon départ, et les jours me semblaient trop courts.

Vers le milieu de mon dernier séjour à Toronto, je traversai le lac Ontario et allai aux chutes du Niagara. Je voulais revoir une dernière fois cette merveille de la nature. On ne peut se lasser de la regarder, et plus on l’admire plus on veut prolonger sa contemplation.

Je passai une journée délicieuse en compagnie d'un excellent jeune homme dont J'ai déjà parlé, M. Vincent Foy,

Tous les deux nous revétimes des habits en caoutchouc, et, accompagnés d'un guide, nous descendimes dans une espèce de caverne située sous la chute. Nous n'y restâmes que quelques secondes: la violence de la chute et l'eau qui Jaillissait sur nous

de toutes parts nous coupait la respiration: de pius, le bruit épouvantable. profond, impossible à

décrire qui régnait dans cette caverne nous rendit

Page 1