‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 43 sur 49 · MONTRÉAL, —- BOSTON, —- NEW-YORK · texte numérisé non relu

MONTRÉAL, —- BOSTON, —- NEW-YORK

Le soir même j'étais à Montréal; j'y passai la journée du lendemain dimanche, tout juste le temps de dire adieu à quelques amis et de visiter encore une fois une ville pour ainsi dire francaise.

Le lundi matin 14, je partais pour Boston, dans les États-Unis. Je traversai le Saint-Laurent sur le pont Victoria, la merveille industrielle du Canada.

Ge pont esi d'une construction imposante et fait la gloire, autant des architectes qui l'ont imaginé, que des entrepreneurs qui l'ont construit. Le tube au travers duquel passe le train est supporté par vingtquatre piles, et a, à peu près, deux kilomètres de long. L'élévation du pont est de trente mètres audessus du niveau de l'eau pendant l'été, et une ouverture pratiquée au centre du tube permet au voyageur de jouir d'une magnifique vue de la

rivière,

Deux immenses et massives levées s'avancent de

chaque côté dans la rivière et supportent Ie tube.

RÉ

Elles forment avec celui-ci le pont Victoria, dont la longueur totale est de 10,000 pieds, ou près d'une lieue.

A mon départ de Montréal, on m'avait recomfl mandé de faire attention au pays que j'allais traverser, À cet effet, j'étais parti de jour, afin d'admirer à mon aise les beaux spectacles de la nature qu'on m'avais promis. Mais j'eus beau m'écarquiller les | yeux pendant les deux jours que je passat dans le train, c’est à peine si je voyais les individus qui étaient dans le même compartiment que moi.

Le mois de mai ayant été très-sec, le feu prit un

beau jour dans les forêts, et, avec une rapidité

effrayante, se répandit en un clin d'œil sur une

étendue considérable, estimée à près de 400 lieues

carrées, brülant les villages, ravageant les pro-

priétés et détruisant les récoltes.

Nous traversions les forêts enflammées avec une vitesse excessive, C'était horrible à voir ! une fois le

train passé, les flammes qui avaient formé la haie

une is le

haie

sur notre passage, se rabattaient sur lo voie ferrée el avaient l'apparence d'une longue voûte de feu.

Les arbres ressemblaient à d'immenses cierges, Tout enfin, dans ce spectable, présentait un aspect d'une horreur magnifique, d'une effrayante beauté,

Le vendredi 16 mai, au matin, j'arrivai à Boston, C'élait la dernicre station de mon immense voyage autour des États-Unis. Je reslai cinq jours à Boston qui, à mon avis, es après New-York la plus Jolie ville des États-Unis, Une multitude de petits parcs la décore; les maisons ont un style particulier qui les distingue de toutes celles que j'avais vues précédemment,

La population de Boston est de 400,000 habitants, La principale industrie est Ja fabrication de la chaussure,

ILexiste à Boston des fabriques immenses qui emploient jusqu’à 1,500 ouvriers.

Le commerce de blés y est aussi fort actif; la ville de Chicago en expédie des quantités prodigieuses que l’on embarque à Boston et qu'on envoie

en Europe,

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