‹ Souvenir du conventum des anciennes élèves de la Congrégation de Notre Dame, St Roch de Québec [microforme]Chapitre 23 sur 30 · RÉFLEXIONS ET SOUVENIRS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS ET SOUVENIRS

Monsieur le Curé, Mes évérendes Mères, Mesdames,

Nous sommes dans un siècle de progrès; du moins, c’est le cri général. La lumière éclate de toutes parts, et à mesure que ce rayon lumineux rejaillit d’une famine plus vive, l’esprit de l'homme, étincelle de la Divinité, semble se distendie et s'agraudir pour en recevoir tonte la plénitude et l'éclat,

Di l'on jette un regard vers la Biurque de Pierre, Léon XIIT,

notre inmortel Pontife, est à, ialgré ses quatre-vingts ans,

ualgré le martyre de sa captivité. Il est là, tenant vaillamment dns sa main le flambeau de la civilisation et de la régénération sociale, Voyez-le, penché vers la portion peinante de son troupeau, 5es douleurs sont siennes, Il règle les questions longterips débattues, rend justice à chacun par ses su-

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blimes dectrines, ses lois admirables, d'accord en cela avec l’uomme distingué qui préside actuellement aux destinées du plus grand empire de l'univers.

Pour continuer le dévelopement de ma pensée, la science étonne le monde par ses progrès merveilleux !

Oserai-je le dire, les femmes elles-mêmes, à qui l’âge ancien n'a ait réservé qu’une place d’esclave, les femmes, résénérées par le Christianisme, ont reconquis avec les siècles une large place au soleil des nations.

Ici, que de noms glorieux voudraient se glisser sous ma plume ! que d’héroines, de magnanimes guerrières j'aimerais à citer ! Que de vaillantes femmes canadiennes qui ont illustré leur pays par leur courage : ces nobles sœurs de la Charité, affrontant la mort dans les hôpitaux !

Et pour être chconstantielle : Marguerite Bourgeoys, M:dame de la Peltrie, la Mère de l'Incarnation, et iunt d’autres qui, par leur zèle et leur dévouement dins les commencements de la colouie, ont réussi à jeter sur cette terre nouvelle, les bases d'institutions florissantes, aujourd'hui la gloire de notre pays, le bonheur de la société,

Ces femmes sont de brillantes exceptions. Dieu leur a donné des duns surnaturels pour l'honneur de leur sexe; mais toutes les femmes ne peuvent être des héromnes. Impossible au grai.d nombre d'atteindre ainsi le sommet de l'échelle morale. |

Heureusement, la femme a un rôle plus modeste et ]lus pratique à remplir dans la société.

Et ce rôle, elle le comprend généralement, surtout en Canada, grâce peut-être à l'éducation qu’elle reçoit dans les

-couvents.

Ailleurs, ce n’est pas tout à fait la même chose. On y voit la fenime médeenr, la fenime avocat, la femme député, etc.

Aux Etats-Unis, on forme des congrès où les femmes prennent la parole, discutent leurs droits, et m°me les questics 8

sociales tout comme des hommes.

Cette émancipation de la femme, eet entraînement à des études plus fortes peut avoir son bon côté. Les hünimes, sachant qu'ils trouveront dans les femmes des jugés plus sévères, travailleront peut-être davantage à gi nrder leur supério- “rité. :

Une femme aime d'autant plus son mari, qu'elle lacsmire et le sent son supérieur comme intelligence, comme capacité. Ces choses ne se disent pas devant lés hommes; mais elles se sentent et se devinent. ss... t En dépit de ces considérations, J'avoue que je suis bien d'avis de ixisser au sexe fort l'éloquence du barreau,le; succès du bisiourt, les entraînements de l'arène parlementaire, Rien ne me parait plus déplacé que cét état de choses. J'aime la femme compagne de l'homme, qui en à tant be-

soin dans sa vie tourmentée.

*) Je laime envore davantage auprès du berceau de son en- le: fant, au chevet des malades, partout où 11 y à use douleur à soulager, un encouragement à donner. ni Je la veux bonne, intelligente, toute pétiie de douceur et d'amabilité, suffisamment instruite jour comprendre et aider té, de ses Iumières celui que le ciel fai a donné pour compagnen la de route, capable de guider ses enfants duns leurs premiers lit

pas vers lu science, | ît si su destinée l'appelle à briller dans lu société, qu’elle fru . , / £ U en soit l’ornement par se bonne éducation, le respect d'elle.

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même, sa conversation solide et distinguée.

Si cela ne suffit pas aux tulents qu’elle à reçus, aux loisirs dont elle peut disposer, qu'elle choisisse les arts, la musique, la peinture, et peut-être l’art de.bien écrire, si ce n’est pas un danger trop grand.

Voilà le champ qui convient le mieux à la délicatesse, à la modestie que l’on désire admirer chez la femme.

Nos couvents, hâtons-nous de l’affirmer, sont parfaitement

à la hauteur de leur mission, et les bonnes religieuses qui,

nous enseignent, tout à fait compétentes à faire de leurs élèves ce qu’elles doivent être.

C’est là, j'en suis convaincue l'opinion de tout le public. Et bien mal venus sont ceux qui voudraient insinuer le contraire.

Notre réunion ici, ce jour, le magnifique témoignage de sympathie apporté si spontanément, jar les anciennes élèves de cette Maison, à nos Révérerdes Mères dans leur malheur, prouvent de notre respect, et. de notre gratitude pour Îles bienfaits dont elles nous ont comblées.

Ces bonnes Mères nous ont fait ce que nous scmmes, et leur œnvre n’est pas stérile,

Chacune dans notre sphère nous avons su nous mettre au niveau de la position que nous occupons.

Les unes ont pu perdre, sur le chemin de lu vie, eur benuté, leur élégance, leur gaieté même, (il y & tant d’épines sur la route,) mais toutes ont conservé leur caractère d'honorabilité, leur dignité de femme chrétienne.

La graine précieuse semée avec tant de soins. a produit des fruits.

Nos Mères peuvent s 'apphuudir de l'éducation'qu’elles nous

ont donnée, elle était bonne, suffisamment étendue et solide.

pou» nous former à tous les états de vie.

La plupart d’entre nous ne sont pas restées inactives..

Elles sont nombreuses celles qui peuvent grouper autour | d’elles une famille de huit, dix enfants, forts, vigoureux, in-, ;

telligents, pleins d'avenir, ou du moins de bons désirs! Fe

N'avons-nous pas fait notre devoir ? |

Et ce devoir, si grand, où avons-nous puisé la force de l'accomplir ?

Dans les enseignements reçus au couvent.

Oh! mon couvent ! mes yeux sont tpleins de larmes en te contemplant.

Bouues Mères qui m’entendez, vous que j'aimais d’une affection si vive, trouvez-vous du changement dans le cœur de votre enfant ?..,..

Ce cri qui s'échappe de mes lèvres, comme malgré moi, serait à meilleure réponse à donner à ceux qui voudraient amonidrir l'éducation dans les couvents.

Je revois ici duus la personne de notre ex-Révérende Mère

Supérieure Générale, Sr St Jean de la Croix, ma Supérieure

d'il y a 25 aus.

U'es. une véritable joie pour moi de salue” cette bonne Mère, qui est là, au premier rang, soldat de la vieille garde qui ne meurt pas,

Je salue encore avec un indicible bonheur mon amie, (Sr Ste Hedwidge) celle qui a formé mon esprit et mon cœur... Je n'ai pas besoin de la nommer, celles qui me connaissent la connaissent, et cette amitié, c'est ma joie, mu sauvegarde, Je le dis avec tierté.

Je salue encore b:aucoup d'autres de mes Maîtresses, et de

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mes compagnes. . . Oui, c’est une joie de se revoir après 25 années de dispersion et d’oubli pour la plupart.

Nous sommes enfants, nous sommes sœurs une journée encore. |

Les unes, favorisées de la fortune, sont au faîte de l'échelle sociale ; les autres, moins privilégiées, occupent une position plus humble.

Toutes nous nous aimons encore, nous ne sommes as jalouses les unes des autres, un même sentiment nous réunit: l'amour de notre couvent, la reconnaissance pour nos maîtres- SCSe 0000

Plusieurs fisures manquent à ce rendez-vous. Four ma pari, Jeu vois deux que la tombe a ensevelies, et que ,e ne puis m'empêcher de nommer.

L'une surtout, qui est la pensée de tous: c'est l’humble prêtre, l’idole de St Roch, le vénérable fondateur de cette mission, notre bon père, le Révérend M. Charest.

L'autre, homme géréieux jar excellence, celui que plusieurs élèves de ia Len-régation ont des raisons jarticulières de regretter ; celui qui, de mon.temps, avait tani de plaisir à nous donner des prix, et qui nous les fournissait si géncreusement de ses propres deniers, Mer Bolduc.

J’ajouterai, comme souvenir personnel, les noms de deux de mes bonnes compagnes: Mde Eugène Hamel, née Ociavie DÔté, et Mie Adéline Cariicr, ma compagne de couts, giuduée en 1867.— Pauvres fleurs cueiliies eu leur matin!

Il me reste à remercier Madame la Présidente et toutes les dames crgunisatrices de la bonne idée qu'elles cut eue de préparer cette belle fête!......

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Quand la nouvelle se répandit que Villa-Maria était en flammes, ce fut un cri général de détresse.

Nos Mères avaient besoin de ce pied-à-terre. C'était pour elles, si nombreuses, une oasis dans le désert, où elles venaient se retreniper à la source de toute paix, de toute joie intérieure.

Là, la pauvre sœur malade trouvait le repos, les soins nécessaires au soulagement de ses douleurs. C'était aussi le point de ralliement, l'étape désirée!...,

Oh! Oui, il faut le rebâtir ce couvent, et j'applaudis à l’idée d'aider, dans la mesure de nos forces, aux frais de cette construction.

C’est un devoir filial, auquel toutes nous sommes heureuses d'avoir une petite part. |

J'aurais voulu emporter une abondante recette de l’humble endroit d'où je viens. Les Sœurs de la Congrégation ont déjà existé à{Rimouskiet, je puis l’affirmer en toute assurance, elles y ont laissé un bon souvenir dans le cœur de la populatiun,

Malheureusement des bazars successifs, des œuvres locales nombreuses ont épuisé la générosité des gens, en sorte que la contribution était très difficile.

Malgré cela, je suis fière d'ajouter que les Srs de la Congrégation ont des amis dévoués à Rimouski] si

Je puis citer entre tous: Sa Grandeur Mgr Blais, et notre digue curé, le Revd M. Rouleau, qui m'ont puissamment aidée et encouragée dans mon œuvre.

Je suis venue de bien loin pour assister à cette fête, mais

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je ne le regrette T'as, Ce scra l'un dis beaux souvenirs de ma vie, AIME P. Fiser Ancienne élève. ADRESSE PRÉSENTÉE PAR MADAME ED. JF. FLYNN.

AU NOM DES ANCIENNES ÉLÈvES.

Macame la Supicure Générale ce Ja Congrégation de

Notre-Dame, Madame,

Il y a quelques semaines, une triste nouvelle se répandait comme l'éclair dans tout le pays et Jetait dans la douleur et dans la consternation toutes les anciennes élèves de la Congrégation de Notre-Dame : une partie du maguitique couvent de Villa-Maria était devenue la proie des flammes.

Ce fut un deuil publie, car il n’est pas une paroisse, fût-elle La plus hunble, dans la province de Québec, qui ne compte au Mons une élève de cette illustre institution.

La nouvelle de ce désastre jeta donc la désolation partout, Mais eile tit en même temps germer une idév généreuse, Cette idée se traduit aujourd’hui par cette réunion st nombreuse et si sympathique, et par l'oflrande que je suis chargée de Vous remettre, C'est un bien faible secours, si on le Coinpare à la somme énorme de dévouvuents et de sacrilees que :’61ément destructeur à si vite antantie.

Mais si nos cœurs sont larges, nos bourses sont modestes,

Ce sera du moins une consultation pour l'Alina Mater de constater, dans l’affiiction où elle est plongée, toute l'étendue

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et toute la profondeur de notre attachement. Cet siachement, pour être jusqu'ici latent, n’en était pas moins vivace, et il a fallu une catastrophe comme celle que nous déplorons pour réveiller toutes Les sympathie: qui dormaient, et nous faire comprendre combien nous sommes attachées à cette Maison par des liens qui ne se brisent pas, puisqu'ici ont rcunies plusieurs générations,

Et vous, Madame la Supérieure, qui voyez antour de vous tant d'aucieunes élèves que vous n'auriez peut-être jamais revues, sans cette triste ciconstance qui nous rassemble, an fond de votre cœur afHigé doit germer une grande Joie et vous devez dire : Si nous avons perdu un édifice qui faisait notre orgueil, Dieu nous conserve toujours un monument plus durable, parce que Le temps, au lieu de le détruire, l’accroit et le renouvelle, et ee monument, qui fait aussi notre orgueil, é’est le nombre jcalculable de ces mères de famille qui ont toujours continué à aimer leur Alma Mater et apprennent aussi à leurs enfants à l'aimer.

Si cette démonstration n'était pas provoquée par un désastre presque sans précédent, ce serait pour nous toutes, aniciennes élèves, une joie sans mélange de nous trouver réunies en

si grand nombre pour fêter les Noces d'Or de notre Maison de st Rech de Québec, et vous féliciter en même temps, ma dame la Supérieure, pour l'habileté que vous avez déployée dans la direction d’une maison d’enseiznement dont nous sommes fières à bon droit, et vers laquelle nous revenons souvent par la pensée, nous que les hasards de là vie ont dispersées partout.

L'offrande représente une valeur de quinze cents piastres, La Révérende Mère Supérieure, ayant prié Monsieur le

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Curé de répondre en son nom, il le fit comme suit : Mesdames, mesdemoiselles et mes chères enfants,

La Révérende Mère Supérieure Générale de Ia Con-

grégation de Notre-Dame n’a demandé de répondre pour elle

à la belle adresse que vous venez de lui présenter. Je regret.

te que Mère Supérieure Générale ait jugé à propus de me faire une telle demunde..Je le regrette pour vous parce que je he saurais retiplacer la voix aïinée de votre bonue Mère. Je

le regrette pour moi pures qu'en ce moment J'ai à remplir

visa-vis de vous deux devoirs trop ns ants pour ne pas être deux devoirs trop difficiles: celui de Père et celui de Mère.

Mesdames, je vous remeñcie de tout cœur des sentiments :

si délicats qui vous animent à l'égard de la Cuigrégation de Notre-Dame. Oui, il y a quelque temps, Dieu à éprouvé énormémuent la Congrégation. Dans quelques heures, s'est englouti le beau monument qui servait de maison-mère, fruit. de bien des dévouements et de bien des labeurs.

Lèes Sœurs de la Congrégation ont beaucoup pleuré cette perte irréparable. Ces ruines fumantes qui, pendant quelques jours, offraient un spectacle si douloureux, les poursuivaient jusque dans leur sommeil, de.telle sorte que pendant longtemps, pour ne pas dire encore aujourd’hui, leurs pleurs coulaient.et la nuit et.le jour, Ah! c'est que duns cet incendie : péri tout ce que la Communauté possédait de plus précieux, Inutile de vous dire ce qui à été perdu dans cette conflagration. Vous. le savez, déjà ; et vous, mesdames, qui Connaissiez lu maisvn-mère, vous savez combien les Sœurs soufirent du coup qui les à tri uppées.

.Maus, si les peines des bonnes Religieuses sont innenses,

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