MOULINS A L'EAU
Qui ont existé à Douai, et dont quelques* uns subsisteiit encore.
1. Le moulin a la Poudre est situé sur la branche gauche de la Scarpc ; il a son entrée dans la ville , au bas du rempart , à Test de la porte d'Arras. II sauta en 1673, époque k laquelle il était affecté a la fabrication de la poudre. Le 3i mai i6~o, la ville, à qui il appartenait , lavait donné à bail h Louis Lombart , commissaire au bureau des poudres et salpêtres de France. Le 11 octobre de ladite année 1675, l«s échevius délibérèrent de prêter la main au rétablissement de ce moulin , et de demander au ministre qu'il fût reconstruit hors de la ville, à ia sortie des eaux, pour éloilier tout danger, et prévenir des malheurs semblables a ceux dernièrement arrivés. La partie la plus importante de cette demande fut accueillie, et le 14 soùt 1688, ledit moulin fut arrenté pour 99 ans, a charge de le mettre a usage de moudre le blé et autres grains. II fut vendu k ftrrentataire le 27 mai
17349 en exécution de l'arrêt du conseil d'Etat du 3 avril de ladite année.
2. Moulin au Brai. Il est placé , tant sur la décharge gauche en amont du sas des Augustins , que sur un courant venant du moulin a la Poudre par la Fonderie. Ce moulin appartenait jadis au prévôt , et était bannal avant 1790. Il avait alors , pour Kaiser à faire son service , les moulins de Notre- Dame des Wets et de la Prairie, et le moulin a-vent de la porte d'Esquerchin , qui tous faisaient partie du domaine du même propriétaire. On peut juger de l'ancienneté de ce moulin , par l'cuoucéd'un titre de Tan i23o, par lequel Ferdinand, comte de Flandre , et Jeanne son épouse, donné* vent eu fief, k Jean Defeilo, bourgeois de Douai , 60 muids de brai par an , à prendre •ur le moulin au Brai.
3. Moulin d'Ecoufflers. Sa situation est la même que le précédent : sa place est sur i* droite du courant qui lui donne le mouvement- Il fu* vendu par l'Etat et par ceux qui y avaient aussi des droits. Le proprié* IWiÇ ^tuel, (jui possède également h mouli*
T>ES HABITA NS DB DOUAI* 67$ attenant , les & mis tous denx dans le meilleur état.
4. Moulins de la rue des Moudreurs. Ils étaient placés sur un bras de la rive gauche de la Scarpe, qu'on appelait improprement Je canal de St Christophe, sans doute à cause que, même en 1770, ou y voyait un attérissement au milieu du courant, et en amont du pont, sur lequel s'élevait un arbre ayant au pied la statue de St Christophe. En 1706, l'un de ce3 moulins s'appelait le moulin Goule j l'autre, le moulin Dclepierre, ou sous les murs. Celui à gauche a été détruit en 1770, et l'autre au mois d'avril 17915 celui-ci fut rétabli le 20 avril 1797 ; on y fabriqua du tabac en 1809, et du papier en 18 11. On y moulait du grain en 1820*
5. Moulin de la Massue, ou devant la Bîassue. 11 était situé près la petite Place, sur le ruisseau qui se rend de la ru« St Sam- Bon à la Scarpe, près le Marché aux Pois* sons. 11 ne pouvait tourner qu'alternativement .avec le moulin Tacquet. Ce moulin fut détruit vers 1810, et sou propriétaire céda à celui du moulin Tacquet, les droits qui lui compétaieiit sur l'eau du ruisseau qui le faisait mouvoir.
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6. Moulin ïacquet. Il est placé sur un bras de la rive gauche de la Scarpe y a son confluent dans cette rivière, au - delà du rivage. Ce moulin , qui tournait alternativement avec celui de la Massue , a cte' vendu par l'Etat le a5 janvier 1791- Il éiait originairement destine à moudre le blé ; on y fabriqua du papier le i5 avril iSoS ; il fut rendu à son usage primitif en 1811, et en 181 8, on en fit de nouveau une papeterie.
7. Moulin de la Prairie. Anciennement il appartenait k M. Frausus, descendant des châtelains de Douai. Ce fut lui qui le rendit & un prévôt de cette ville. En 1200, oa le connaissait sous le nom du Moulin-neuf. U est placé sur le xourant, qui, de la rue d'Esquerchin , aboutit à la Scarpe , eu avant du pont de Tournai. Avant 1790, il était l'un des secours du moulin au brai près le pont des Augustins. En 16 11 t il y avait en cet endroit deux moulins : l'un était à usage de tordoir, l'autre servait au brai. Ea 1807 , il servit à moudre les écqjrces. Depuis on y a établi une scierie pour le bois.
8. Moulin de Quène , ou des Quenes. Il était situé sur un couraut qui se détachait
DES HABIT ANS DE DOUAI. . 677 a droite du lit de la Scarpe , avant le pont des Àugustins , et qui se réunissait dans la rivière, après le bassin 5 il était aussi alimenté, par un ruisseau qui venait de la branche droite de la Scarpe, et qui traversait la rue du petit-Pout. Ce moulin , qui appartenait jadis à riiôpital-géuéral, a été démonté, lors des travaux pour l'amélioration de la[ Scarpe, le 5 février 1831.
g. Moulin du Cordonneis. Il est placé sur la gauche du courant qui baigne Y abreuvoir de St Nicolas ; il appartenait tant a rhôpit al -général qu'à divers particuliers. Ce moulin ou le suivant se nommait anciennement le moulin Lcur-Ien-dino.
10. Moulin de St Nicolas, ou des Pendards.' On le trouve vis-à-vis le précédent. 11 fut vendu par l'Etat le 10 octobre 1794»
11. Moulin d'Enfer. Il est plapé sur la droite du courant allant de l'abreuvoir St Nicolas au Pont-à-l'Ha be , et dans un flégard de la rue des Foulons. Il a été vendu par JTElat le a8 décembre 1790. Sa situation près des anciens foulons fait présumer qu'il est l'ancien mouîin à laillans.
1 1. Moulin du Pont- a-f Herbe. Au mois
O70 SOUVENIRS de juillet i53?, i! y avait deux moulins au Ponl-à -l'Herbe on les connaissait aussi sous la dénomination de moulins du Pont-a-Val. Ils étaient placés sur Tune des branches droites de la Scarpe , celle qui vient de l'abreuvoir de St Nicolas, et se rend dans la Scarpe en avant du pont de la Massue. Le moulin de la droite avait la dénomination du moulin du sieur de Raissc , ou de Pet-en brain. Celui de la gauche portait le nom de Ste Barbe ; ce dernier seul existe maintenant, l'antre fut détruit en 1780.