S"D Û V EN I R*S
la vanne, l'avait élé le 10 mars précédent.*
3.° Le pont du Châtelain , ou de la fontaine St Mauraqd. s'était écroulé le 2ÎI juillet i3io; et cet accident avait coûté la vie a 14 personnes. Dans cette journée, vu combat en champ clo3 devait avoir lieu au château. Le pont en pierres i qui a été reconstfuil'à cette époque , a été rétabli a neuf en 1802. Ce dernier pont a été jeté basle 18 avril 1 82 !<< • »
&/ Ice pont de la Massue, ou pont AVlaigric ( pont de bois ), est un des plus ancien* de la ville. Les prévôts de Douai et de St Albin étaient convenus que le milieu de ce pont formerait les limites de leurs jurisdictions* On prétendait même quune borne d'airain avait été mise en cet endroit dans la rivière ; on n'en trouva aucune trace , lorsque ce pont fut mis à bas le 5 juillet 1821.
5. ° Le pont du Palais de justice était connu, avant 1790 , sous la dénomination du pont du Rivage. Le i3 septembre 177 1 , on démonta la croix eu fer placée sur le parapet nord de ce pont \ elle pesait près de mille livres.
6, ° Le ppot-de Tournai a pris, ce-nom,
DKS" HÀBITÀK3 DB DOUAI. ?^6^ parce qu'un cabaret placé sur la rive droite delà rivière, en cet endroit, portait pour enseigne la Fille de Tournai. Ce pont avait été construit en bois en i56ï; il l'a été depuis, en pierres.
7/ Le pont de St Vaast s'appellait anciennement le pont Tortu, parce que sa position sur la rivière n'était pas faite a angle droit ; on le nommait aussi le pont St An* toine : il fut construit eu bois en i5g2 ; le passage, en cet endroit, a été interdit le 8 avril 1816; et, le 28 juin suivant, la culée de l'ouest de ce pont «'étant éboulée , pour prévenir tout accident , le pont entier a été démonté ; et le a5 octobre de la même année , on a jeté un pont-volant sur la rivière , pour faciliter la circulation des gens à pied.
8.* Le pont de l'abbaye des Prés fut bâti , avant l'an i538, par Philippine d'Ablain, 27.* abbesse de cette maison. Ce pont fait maintenant partie d'une propriété particulière ; il n'est assujetti à aucun passage. Il existait autrefois un pont do picrrçs , dit le pont des Béguines 3 il était placé entre les deux précédons f et probablement il aura été détruit après l'établissement de celui de l'abbaye j
ï{62 SOUVENIRS
néanmoins , en i8i5 , une arche de ce pont
existait encore sur la rive droite.
Au mois de mai Jeanne, comtesse
de Flandre , et Thomas de Savoie , son mari , donnèrent k la ville le cours de la Scarpe jusqu'à la longue borne , dite la borne au Kéviron , placée au-dela de Lallaing.
8 juillet i386. Lettres-patentes par lesquelles, sur la représentation des échevins et des bourgeois de Douai , Philippe , fils de Boi de France, époux de Marguerite, 26.® comtesse ds Flandre, ordonna aux habitaus d'Àrieux d'établir de suite des digues, assez fortes pour tenir les eaux eu leur cours accoutumé , et de telle manière que l'eau qui tombait des moulins dudit Arleux, ne puisse se rendre dans la rivière du cote de Paluel, et qu'elle descendit entièrement h Douai, afin que laforteresse n'en soit point affaiblie, et pour que la circulation de la marchandise soit entretenue. .
127 1. 6 mai. Lettre de Marguerite , comtesse de Flaudre, pour la perception du droit de vi&age sur la Scarpe et sur l'Escaut, depuis Douai jusqu'à Rupel monde. La même année , cette princesse établit des hom« joes ie prudence à Douai , pour terminer Iça
I>B5 HABIT ANS PE DOUAI. ^65 difficultés d'entre les échevins, le châtelain et le questeur du comte de Flandre , au sujet des droits des marchandises circulant sur la Scarpe , que chacune de ces partes voulait s'attribuer.
Le 16 avril 1439, le conseil de la ville deÇouai , en vertu d'ordres supérieurs , arrêta de payer les deux tiers de la somme de 3,ooo livres , montant do l'estimation de la dépense pour rédifîer et rappdier la rivière venant , d'Arleux k Douai.
En 1 590 , les échevins et les habitans d'Arras voulaient faire un canal , qui , sans passer dans Douai , aurait joint la rivière 2* l'Escarpel , afin d'éviter le passage dans la ville.
Le i.er novembre 1590, le Roi d'Espagne, Philippe II, accorda aux gouverneur, mayeur et échevins d'Àrras , la permissions de rendre la Scarpe navigable , depuis Arras jusqu'à Douai , à effet de joindre la même rivière & l'Escarpel, où elle était plus large* Le Roi imposa , pour conditions de ce bien- * fait , i.^que les frais de ces travaux seraient !* la charge de la ville d'Arras 5 2 * qu'on se servirait, pour la navigation de cette rivière, - du canal placé au milieu des troia canaux qui
entraient dans la ville, lequel se dirigeait vers les Frères Prêcheurs , et qui passait au Marché aux Poissons , au Rivage et sous un grand pont, ou la rivière commençait à être navigable ; 3/ que la ville de Douai continuerait d'avoir le même droit qu'antérieurement, et qu'elle supporterait , par égale portion avec celle d' Arras,Ies frais nécessaires pour nettoyer, conduire et amener d'Arleux les canaux de
la Sensée j 4'° 'a v^'e d'Arras serait tenue de paj'er le portier de la nouvelle porte d'eau , qui devait se faire h l'ouverture des remparts, lequel portier serait nommé par les échevins de Douai.
Le 21 avril 1607 , les archiducs , en prononçant sur un différend entre les échevins de Douai et ceux d'Àrras , permirent à ceuxci de continuer leurs travaux sur la rivière , en observant de ne pas fouir, et de suivre le cours de la rivière en l'élargissant , et de remplir ce ^qu'ils avaient foui a Fampoux. On voit,de cette pièce7que les travaux relatifs à la navigation de la Scarpe n'étaient pas achevés, puisque LL. À A.. SS. se réservaient de prononcer ce qui serait convenable pour faire l'ouverture k la Yilledc Douai, suivant l'octroi de i5g5.
DES HÀBITANS DE DOUAI* ^65 Le € mai i6i5 , LL. AA. SS. ordonnèrent l'exécution de l'acte de cautionnement , donné par plusieurs gentilhommes d'Arras , de restituer h la ville de Douai les intérêts causés par la démolition des ponts ; etc.
Ordonnance des archiducs du 21 juiii i6i5, portant que , si la tenue à faire à Lambres nuisait à la fortification ou aux moulins , ceux d'Arras feraient démolir les ouvrages par eux faits.
Arrêt du conseil d'état prfâs séant à Bruxelles, rendu entre les villes d'Arras et de Douai, le 18 avril 1616, portant que les ouvrages et réparations de la rivière de la Scarpe se feront aux dépens de la ville d'Arras, sans que celle de Douai soit obligée de fournir des fonds , et sans qu'il puisse être fait aucun ouvrage qui cause du préju-» dice aux moulins.
Sentence portée le 17 août 1618, parle» commissaires de LL. AA. SS. , qui astreint ceux d'Arras a construire en pierres le pont qu'ils doivent faire près le couvent des &ugu$tins , leur laissant la faculté de ne iaire qu'u» pout levis près la rue de la Vignette ^ ou de Si Ghri$tpphç,
466 S O UYKNIRS
Ordonnancé rendue le 18 août 1618, par LL. A A.. SS. , à la suite d'une sentence interlocutoire entre les villes d'Arras et de Douai, portant que la i.Cre de ces villes pourra continuer les ouvrage?, tant en dedans, qu'en dehors de la ville, par le canal du milieu; que ces ouvrages se feront sur lavis de l'ingénieur prépose' , et que tout ce qui sera nécessaire pour la sûreté de la place , ea cet endroit, sera exécuté, sans que la ville de Douai y soit intéressée , et sans qu'on puisse rien faire faire au préjudice des moulins de cette ville , en conformité de l'octroi de i5g5 ; enfin, à condition que ceux de Douai conserveront sur la rivière, pour sa visite, etc , tous les droits et autorités qu'ils avaient du pa$sé. Les travaux furent interrompus eu 1640; on les reput en 1667.
En 1682, le canal de Douai à Lille fut ouvert à la navigation.
L'arrêt du conseil d'Etat du Roi du î8 janvier i6b5, porte que les réparations nécessaires pour rendre la Scarpe navigable , depuis son entrée à Douai jusqu'au Marché aux Poissons de cette ville , seraient incessamment faites aux dépens du «magistrat
DES HÀBITÀNS DE D0UÀI. 467
d'Arras ; et qu'à l'avenir les dépenses ne'cessaires pour entretenir le lit de cette rivière en bon état, et en faciliter la navigation , seraient aussi faites pàr ledit magistrat , lequel serait chargé de payer les éclusiers des écluses qui se trouvent entre la porte de l'eau entrant et le Marché aux Poissons.
Lettres-patentes du mois de mai 1715, confirmatives de la délibération des bateliers de Douai , portant qu ils ne pourraient faire aucunes voilures qu'il leur tour , et suivant 1 Tordre de leurs maîtrises, pour toutes les marchandises qui se chargeraient en cette ville : une dérogation à cette disposition a été apportée par ua autre arrêt du même conseil du 19 octobre 1716; elle porte que les particuliers faisant le commerce des grains, pourront se servir de tels bateaux qu il^jugrront à propos.
Ordonnance des Etats d'Artois du iï août 1731, portant que les paucissons qui sont au dessous des moulins placés plus bas que les décharges d'eau de Brebièrcs et de Conrchelettes , seront remises dan* l'état , déterminé par le règlement de 1716, et que la navigation établie par les lettres-palmes
et ordonnances de 1595, 1607 el 161 5 , ne causera aucun préjudice aux moulins cidessus.
Arrêt de re'vîsion rendu par le parlement de Flandre le 24 mai 1782, qui déclare que les e'chevins de Douai sont en possession d'exercer leur jurisdiction de police, depuis le pont du Châtelain jusqu'à la longue Borne, sur le courant de la Searpe , a effet de faire ôter tout ce qui est préjudiciable au cours de la rivière et à la navagation, :
Le 29 juillet 1750, on commença à curer le canal de Douai a Lille.
Arrêt du conseil d'Etat du 28 janvier 1752 , portant règlement pour la navigation de Douai à Lille.
Arrêt du conseil d'Etat du 7 mars 1753 , pour la construction d'un canal d'Aire k St- Omer ; la Flandre-Wallonne contribua pour 66,000 livres à cette opération.
Arrêt du conseil d'Etat du 12 juillet 1775 7 portant que la navigation sera a l'avenir libre depuis Dunkerque jusqu'à Lille et Douai , en passant par le nouveau çana\ de jonction et les rivières de l'Escaut , de la Scarpe, la Lys, ^Aa, la haute et la basse-
DSS H ABIT ANS DE DOUAT. 4^9 Deùle, et qui permet aux bateliers de ces différentes navigations de transporter et ramener les denrées et marchandises dune ville a Vautre, sans être obliges de rompre charge.
Le 27 juin 1781, les échevîns de Douai mirent en adjudication les frais de redressement de la Scarpe, vis-à-vis la ruelle Madame, entre le fort de Scarpe et la commune de Radies. Ces travaux furent aussitôt effectués.
Le 8 mars 1797, le gouvernement fit redresser la Scarpe , vis-k-vis les Dominicains, à l'endroit dit la Torse, qui était le passage le plus difficile pour les bateaux rem on tans vers Arras. Cet endroit fut encore amélioré en 18 14-
Décret du 17 juillet i8o5, portant que la Scarpe, depuis Arras jusqu'k son embouchure dans l'Escaut, était annexée a la i.eri partie du bassin de l'Escaut et de l'Aa , et qu'elle était comprise dans le i.*r arrondissement, qui a Lille pour son chef-lieu.
Le 24 juin 1816, le préfet porta un arrêté , par lequel il permit a la veuve Tellier de bâtir un mur sur sa propriété, le long de la
rive droite de l'entrée des eaux, dans le petit Bail , à 3 mètres 25 centimètres d'écartcment de l'ancien mur , de manière à laisser cette largeur entre le bord de la rivière et la nouvelle construction dans toute sa longueur. L'ingénieur en chef fut chargé, par le môme arrêté, d'estimer le terrain cédé
pour former ce marche-pied.
Canal do la Sensée.
La loi du i3 mai 1818, par son article i.or, accepta la soumission présentée par le sieur Augustin Honnorez, sous la date du 12 avril précédent, par laquelle il offrait de se charger de l'exécution du canal de la Sensée et des réparations à faite aux parties adjacentes des rivières de l'Escaut et de la Scarpe.v
Par le premier n.* de cette soumission , M. Honnorez s'est chargé de faire exécuter à ses frais le canal de communication de la Scarpe à l'Escaut , ' les écluses , ponts , etc. évalués fr. i,5i5,ooo
Par le n.0 2 , l'écluse d'Iwujr et les autres travaux sur l'Escaut ........ . i55.ooo
DES HÀBITÀKS DE DOUAI. JS^Jl
Report. . fr. 1,6700,000 Par le n.° 3 * la réparation des écluses de Courchelettes et de Lambies, et le redressement d'une partie du lit de la Scarpe , entre Douai et le débouché du canal
de la Sensée. • .80,000
Totah • . 1,750,000 Le 19 janvier 1820, formation à Douai d'une Société anonyme , sous le nom de Société du Canal de la Sensée. Elle fut autorisée par l'ordonnance du Roi du 18 mai i820t En juin 1819, on ouvrit la campagne pour les travaux du canal , et en octobre 1820 , la navigation y fut établie sur une longueur de a5,ooo mètres. Ainsi , eu moins de 17 mois , les projets sur ce point ont été réalisés. La rapidité de l'exécution et les succès de l'entreprise sont principalement attribués à l'influence du système de concession, au zèle de M. Vallée, ingénieur ordinaire, et à l'expérience du concessionnaire.
En exécution de l'arrêté du préfet du 1." novembre 1821 , et d'après la loi du i3mai 1818, il sera perçu, pendant 19 ans, à timbres çt à Courchelettes, 24 centime*
SOUVSNIRS par tonneau chargé , et la centimes sur chaque tonneau vide passant par ces deux écluses ; le bureau de perception sera établi à Courchelettes.
Travaux pour V amélioration de la Na~ vigation de la Scarpe dans la traversée de Douai.
Aux termes de l'article i5 de la soumission «]e M, Honnorez , acceptée par la loi du i3 mai 1818, ces travaux devaient être exécutés et terminés, avant la fin d& i8îï. Le 5 février de cette année, on commença les démolitions y le 8 mars , les bateaux cessèrent de naviguer sur la Scarpe , depuis la porte de son entrée, jusqu'au pont de la Massue. Le 12 avril, Je conseil municipal décida , et l'autorité siapérieure approuva cette décision, portant qu'un sas serait établi au delà de l'endroit où était le pont des Augustins j qu'une gare propre k virer un bateau de la plus grande dimension, sérail formée & l'entrée des eaux ; que la largeur du canal serait de 16 mètres, depuis cette gaie jusqu'au sas ; que le quai de la rive droite serait de 16 mètres , -et celui de la rive gauche de 10 ; il fut arrêté en même temps
qu'un
DES H ABIT ANS DE DOUAI. 47*5" qu'un bassin serait formé, depuis le sas jusqu'au pont des Dominicains j enfin, que des ponts- tournans seraient construits vis-à-vis les Dominicains,' et à l'entrée de la rue de la Massue, et un pont-levis sur le sas.
Le aôavçil, la Scarpe cessa de passer dans son ancien lit Le3o du même mois, on commença, au petit Bail , sur la rive gauche, la construction du mur du, quai sur la Scarpe canalisée. • i
Le i.*T juin , ce ne fut qu'à l'aide des plus grands moyens de Fart hydraulique , que Ton parvint à jeter les forideniens , même au milieu des sources du sas des Augustins. On employa, pour épuiser les eaux , p^us de sept chapelets j , et un plus grand nombre de vis d'Archimède. Ces mesures tarirent les
puits de la ville , et la fontaine de St Maurand fut mise à sec. — Le i5 juin, des mouvemens séditieux éclatèrent parmi les ouvriers e uployés aux chapelets : la fermeté de M. Honnorez et la présence de la gendarmerie , rétablirent Tordre.
Le 23 juillet, le corps royal du Génie militaire commença les trayaux pour l'ouverture de la place, k l'entrée des eaux, Le 3 septem-
4y4x ' SOUVENIRS
bre suivant, il fit jeter les fondations de la
voûte de l'entrée principale de la Scarpe.
Le 18 octobre; la construction du mur décoré du quai de la rive droite de la rivière canalisée, fut adjugée au rabais de 8 pour 100, sur l'estimation d'environ 10,000 francs.
Le a3 octobre, à 7 heures du soir, la Scarpe entra a Douai dans son nouveau lit. Le 3i du même mois, à 11 heures du matin, le bateau de Lille, V Arnaud, passa au sas des Augustins , et remonta la Scarpe -, et , le 2 novembre suivant , la barque de Cambrai à Lille arriva k Douai, en descendant la rivière ; enfin, le 22 décembre de la même année, le pont- tournant de la Massue fut livré au public;
Durant tous ces travaux, on eut à regretter la perte de deux ouvriers, qui ont e'té Victime g de leur imprudence. Le premier eut le ventre ouvert le 5 juin , par la mauivelle de la vis d'Arehimède, qu'il avait abandonnée. L'autre
Al
TITKE XII L