FETE DES ANES
Cette fête se célébra* a Donai le 1." janvier de chaque année. Son institution se perd dans la nuit des temps. On a prétendu, d'une part, qu'elle était d'institution druidique, parce quelle correspondait avec le jour auquel les Druides faisaient la recherche du gui sacré. On a soutenu , d'une autre part , qu elle était une suite des / Saturnales. Cette fête n'avait aucune relation avec les animaux dont elle portait le nom , et ne présentait aucune trace de culte religieux : son principal objet était d'attirer des étrangers en ville , et d'établir avec eux , en les amusant Y dés relations commerciales.
Le 3i décembre , après-midi , les acteurs qui devaient représenter le lendemain , annonçaient, dans la ville quils parcouraient, sur des chariots ornés, les sujets de leurs exercices. Le i.er janvier, ces acieurs, revêtus de costumes analogues k tous rôles ? se rea?
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daient, dans leurs chariotfc, k l'hôtel-deville , où le corps municipal était réuni aux personnes invitées. Là, on récitait, on chantait les coq-fc-lâne; les chars parcouraient la ville, et on terminait la fête par les plaisirs prolongés de la table.
Les acteurs de cette fête formaient plusieurs compagnies ; la i.er0 citait celle des Suppôts de 1 église de St Pierre; la 2.% des Eufans Sans-souci ; la 3.*, qui était la plus nombreuse, s'appelait des Bons-compagnons , elle se divisait en deux troupes ; et la dernière était formée par les jeunes gens de toutes les classes.
# Chacun contribuait, suivant ses intérêts, et conformément à sa volonté , aux dépenses de cette fête ; les corps ecclésiastiques même ne dédaignaient pas d'y concourir, ainsi qu'on le voit d'un bail passé par le chapitre ' de St Pierre, le i.cr mai 1476, des dîmes qui se levaient à Sin, à Waziers, etc, par lequel le preneur était chargé de fournir uu char et des chevaux a cette fête.
Vers la fin du 1 5.° siècle, les habitans de Bruges 9 de Gand et des autres villes de la Flandre, avaient cessé d'iuter venir aux fêtes
de
DES H ABIT ANS DE DOUÂT* Soi delà ville de Douai, dans la crainte d'y cire arrêtés pour les dettes contractées par leurs concitoyens , envers les h^bitans de Douai. Les échevins de cette ville s'adressèrent à Philippe-le Beau , $i.e comte de Flandre % qui accorda, le 27 décembre ^3 , un saufconduit de douze jours , en faveur des étrangers qui voudraient se rendre a la fête de Douai,qui devint, par ce moyeu, plus brillante que jamais. A cette époque , ces échevins établirent un directeur de la fête , sous le titre de Capitaine -de Penon ; iU lui allouaient une somme de 3 à fao francs , pour que rien ne manquât dans h s ébats; ils faisaient en outre distribuer du vin à chaque bande de joueurs.
Cette fête n'eut point lieu en i53G, à cause du vo sinage des armées ; et, pour quç les pauvres ne souffrissent point des avantages qu'ils auraient pu recueillir du séjour des étrangers, les échevins leur firent distribuer la somme qu'aurait dû toucher le capitaine de penon.
La fête des ânes a cessé d'avoir lieu Je l/f janvier 1668 , ainsi que la procession qui » frisait précédemmeut en cette joui née.
Divertissement duPrhice de la Rclhojique.
Ce divertissement , d'un genre plus relevé (juc celui qui précède , avait lieu le 2 février de chaque année : le prince était suivi cl ua char; il était charge', ainsi que les acteurs qui le montaient , de parodier les sujets qu'oïl leur désignai r. Après avoir fait leurs exercices pardevaut les échevios , ils les réif tarent dans la ville , qu'ils parcouraient. Quatre prix d'orfèvrerie, pesant 2 marcs, étaient décernés aux meilleurs acteurs , et des lots de vin étaient distribués aux autres.
Ce divertissement a depuis été mal-adroitement parodié par les çhàretiers de rivrjgc , qui, sous le nom de Pmiper lois (pintenrs çu buveurs de lots ) , parcourent la ville le fjewicr jour du carnaval. On voyait, jadis, h la même époque , ces farceurs promener ce qu'ils appelaient la cîiarette au lait bouilli.
TITRE XXir*
SAXLE DES SPECTACLES.
it Douai , ainsi que-dans les autres villes du pa^s , on représentait des mystères tiré*
t)?3 HABITONS PB POtTAï. Bo% de l'Ëcriiuie-sainte, sur des th âhes quoa établissait dans les rues que traversaient le* princes , loiâ de leu* entrée dans ces villes.
En îSGo , on représenta par personnages > chez M. de la framerie, rue des Foulons» la Création du monde avec la Vie el la Passion de N.-S.-J.-C.
Le Zl mai i5Gâ, a la suite de représentation de mystères, où chaque personne était admise , moyennant six deniers , un incendie éclata, et consuma' plusieurs maisons vie la rue des Foulons ; les échevins obligèrent les entrepreneurs de ce spectacle a iudemniser les propriétaires des maisons incendiées.
Le déparlement du Nord forme le i.er arrondissement théâtral du royaume ; iat Ville de Lille seule a une troupe sédentaire f et une troupe ambulante fait successivement le service , pendant Tannée , dans les villes de Cambrai, Douai, Dunkcrque et Valenciennes. Cette troupe doit stationner à Douai au commencement de Tannée , et a la fête communale. Les amateurs de spectacle en cette ville ont eu souvent à se louer .dcj
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soins et des attentions qu'apportaient tes
directeurs pour charmer Jeurs loisirs.
Depuis 1790, diverses . sociétés se sont amusée6 a représenter des pièces de théâtre -7 aucune d'elles n'a mieux réussi que celle qui, le %i 4 septembre 1794 , faisait ses exercices au séminaire du Roi, et qui les transporta ensuite aux Récollets-Wàllons.
Depuis long-temps , on jouait la comédie dans la salle que les sieurs Lejeune, inaftre charpentier, et Baligand, sergent-à-verges f avaient fait construire au pavillon du Dauphin , sur la Place d'armes , lorsque cet édifice fut démoli en 1754. A. cette époque y les comédiens furent autorisés à donner leurs représentations, d'abord , dans une salle de Thotel-de- ville , puis dans les appartenions du séminaire de la Foi ; mais ces cmplacemens ayant été reconnus trop resserréi f le sieurs Nicolas Géry de Cambrai, proprié* ta te d'un jeu de paume sur le rang du sud de la rue St Thomas , obtint de l'administration municipal au mois de juin i^'SS, la permission d'établir une salle de spectacles dans son tripot , avec le privilège exclusif
1WS HÀBïTANS DE ROUÀT. 5o5 durant a5 aus , tant pour la comédie que pour les bals. Ce particulier a joui de. ces avantages jusqu'au 4 décembre ijSj.
Par acte passé le 9 aoûl 1783, entre le conseil de la ville et M. Denis, entrepreneur des fortifications, celui-ci s'obligea, moyennant une somme de 3o.ooo livres que lui compta. le trésorier de ladite ville, de construire une salle de spectacles sur le terraia de l*ancien séminaire de la Foi , situe rue de St Nicolas , qu il avait acquis du sieur Ivoy et de sou épouse. I/ouvnture de cette salit eut lieu, en présence de l'intendant de la province, le 4 décembre ij&ù ; et , attendu que divers objets restaient à terminer, - on cessa de donne* 'des représentations dans cette salle, après la seconde; et ce ne fut que le j3 février 1786, quelle fut définitivement livrée au- public. Elle fut peiute, ainsi que Je rideau et les quatie décorations du palais , du salon, de la chambre rustique et de la forêt, par M. Caullet, professeur de l'école de dessin ; et ce travail fît honneur à cet ar liste- La salle fut vendue pour 55,ooo livres , le 8 mai 1788, k trois personnes; une seule
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d'en trc-el les acquit bientôt après les parts des deux autre». A la révolution, cette personne emigra , et la salle devint propriété de l'Etat, qui la vendit le 9 septembre 1796, pour 38,5oo francs , à Irois individus, dont l'un acquit ensuite les droits des deux autres* Le i4 novembre 1806, cette propriété fut vendue, par la voie d expropriation forcée, pour le prix de 32,5oo francs, au sieur Jo+cph Fournicr , propriétaire à Valencicnnes.
Le if\ novembre i8io, le maire die la ville, autorisé par la loi du 21 avril précédent, acheta cette *aile , moyennant la somme de 5G,ooo francs , payable en deux années avec le produit d'une vente de terres au Frais -Marais,
Le t5 septembre i8i3, on commença îa restauration indispensable de la salle, et le théâtre fut machiné dans le haut, par le* soins de M. Malet, architecte de la ville. M. Cicery* décoiattur de ropéra,se chargea de peindre le r/deau, et les dc'corations du
que, et de la loi et. Le pubir entrai en jouis*
sauce de ces nouvéautes, le i5 trviier iBf^* Ïui8i6, le théâtre fut complètement
DES HABTTAN3 DK BOTXAï. 5oj
chiné dans te bas , et M. Cicery ajouta aux nouvelles décorations qu'il avait faites, celles de la place publique , du hameau , du jardin , du salon de Moliète, de la prison , eic. Ces embellis émeus fuient termines pour la fêle communale de ladite année.