PREAMBULE
Cfn'où il peut aller (pas fort loin peut-être), sans Tappui souvent superflu ou hasardeux d'un avant-propos ; mais j'ai bientôt senti qu'on ne saurait plus guère décrire l'Italie tant de fois décrite, sans être taxé d'une sorte de présomption dont il importe qu'on se justifie. Or, cette justification nécessaire, l'auteur seul peut la présenter, au défaut d'une apologie qu'il n'oserait attendre de la part de ceux qui dispensent l'éloge et le blâme.
Dès 1826 et 1826, j'avais déjà parcouru l'Italie, en qualité de simple dilettante* Secrétaire - bibliothécaire de l'Académie royale de France à Rome, depuis 1827 jusqu'en i83i, j'aivula capitale du monde chrétien gouvernée successivem^it par trois papes, Léon XII, Pie VIII, et Grégoire XVI ; j'y ai vu un jubilé ( celui de 1825), deux conclaves, pJusieuFS foi» les cérémonies delà sejonaine sainte, la célèbre bénédiction donnée urbi et orbiy et lea £qk.
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lies du oarBaval ( ce n'est pas ma faute si des choses si disparates se trouvent ainsi conjointes ) : enfin j'ai exploré presque toute l'Italie ; je l'ai habitée durant près de cinq années y à diverses reprises ; en un mot y j'ai franchi six fois la distance ^ui existe entre Paris et Rome.
Il m'a semblé que ces motifs réunis pouvaient m'autoriser à écrire sur un pays que j'ai eu le temps d'étudier. Toutefois , en usant d'un droit que tant d'autres se sont attribué , je me promettais bien d'en éviter l'abus. En conséquence , je n'ai pas entrepris de grossir inconsidérément le nombre des J^oyages ou Itinéraires ^ dans lesquels l'Italie se trouve méthodiquement décrite de bout en bout Je n'ai voulu que rassembler et coordonner des souvenirs éparSiLimitant mes idées dans le cadre assez étroit d'un seul volume , sans prétendre y faire tenir l'Italie entière, j'ai tenté, pour ainsi dire, de Fy résumer. On trouvera
donc ici un peu de tout ce qui rend cett^ contrée si digne d'attention. OEuvres de la nature et des hommes, sites pittores-*
ques, villes remarquables y monumens an* tiques et modernes , nobles créations des beàux-arts, singularités morales et politi* ques, j'ai parlé de toutes ces choses, mais avec sobriété^ avec retenue. Je n'ai fait , si j'ose m'exprimer ainsi , que poser des ja* Ions sur les diverses routes d'Italie ; c'est à la critique à m'apprendre si plus tard il me sera permis de remplir les intervalles que j'ai laissés vides.
En entremêlant quelques anecdotes , ou récits épisodiqpies , à mes descriptions locales et à mes remarques , j'ai eu pour but de modifier ce que ces dernières peuvent avoir de trop sérieux; car, il ne faut pas s'y méprendre, je n'ai pas eu la prétention déplacée de composer un ouvrage grave et docte , pour lequel je me déclare incompétent. Je serais trop ^heureux si,
par. fortune, cet écrit pouvait offrir une lecture qui parût facile et variée , et où l'on daignât reconnaître quelque vérité dans les tableaux , surtout de la conscience d'examen.
En ce moment tous les regards se tournent vers cette belle et malheureuse Italie, qui (chose singulière ! ) prend de l'importance dans sa faiblesse même. Ce n'était point assez qu'elle fut en proie aux terribles phénomènes des volcans et des tremblemens de terre, il a fallu qu'à ces convulsions du sol se joignît une commotion non moins redoutable dans les esprits.
Quoique j'aie vu les prémices de la révolution romaine de i83i, je me tairai sur un fait non accompli, qui déconcerte encore les prévisions : il faut laisser parler les événemens.
Je m'arrête , car les avertissemens que j'ai cru devoir placer en avant de ce volume pourraient tourner à son détriment,