‹ Souvenirs d'un directeur des beaux-artsChapitre 30 sur 88 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

nouveau, n'a eu rien à emprunter à aucun établissement d'art fondé dans un but antérieur, et certes elle ne s'en fût jamais avisée. Mais ce pourrait bien être en France une illusion de bureaucrates, lesquels ne se doutent guère que de pareilles entreprises ne sauraient être des œuvres l'accomplissant au fond d'un cabinet et par des décisions prises sur 'e papier ; qu'il y faut l'ardeur personnelle extérieure, libre et desintéressée d'agitateurs pleins de feu et de connaissances spéciales.

Il est vrai aussi que l'Etat a besoin de voir s'organier et fonctionner un tel musé.' pour compléter le cercle des moyens d'instruction du pays; et que la ville de Paris n'y est pas moins intéressée au profit de l'industrie qui fait sa richesse. Et c'est en quoi l'État et la ville doivent se concerter, pour prêter a 'oeuvre leur aide toute-puissante: à la ville de Paris de fournir le local et l'appropriation de la construction ; — à l'Etat il appartient d'octroyer chaque année au Musée des subventions dignes de lui, comme il subventionné l'Ecole spéciale d'architecture et d'autres établissements d'utilité publique, laissant à l'initiative privée, forte de tels encouragements et fermement appuyée sur la pleine bonne volonté du gouvernement, le soin de remplir, les cadres d'un programme convenu ; cette initiative sentirait qu'elle peut travailler désormais, en toute sûreté de l'avenir, à une œuvre devant profiter à l'enrichissement, à l'éducation et à la prospéri é de la nation tout entière.

C'est ainsi, mon ch:r président, que je comprends le rôle de chacun dans la conduite de l'intreprise dont vous avez, avec tant de zele et de dévouement, dirigé les premiers efforts; telle est, à mon sens, la marche qu'elle doit suivre en écartant de plus en plus, ce qu'elle a fait dés le premier jour, les préoccupations, de l'esprit de parti qui. s'il s'empare d'elle, la peut faire échouer des demain Elle triomphera, au contraire, à coup sur, car elle est profondément utile et glorieuse, si on veut bien lui permettre de rester l'œuvre de tous.

Recevez, mon cher président, la nouvelle et bien sincère assurance de mes meilleurs sentiments.

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