SCÈNE \ 1 Li:s Mêmes, Mlle HEICHENBERG
m"*^ reichenberg. Elle entre jogeusemenl.
Bonjour, mon petit auteur. Comment allez-vous, amour do polit auteur?
cAi.iBAN, lui baisant la main.
Et vous, chère iiilerprôto? Vous avez (ui hcau temps à Lille?
m"' beichenberg
Vous voulez diie à Bordeaux ! C'est domain <pie je vais à Lille. Je pars mémo par le train do ciriii heures. tout à l'heure; aussi dépêchons-nous de travailler, voulez vous?
JULES CLARETiE, // froisse (les papiers.
C'est cela, dépêchons-nous de travailler.
LE SEMAINIER, entrant.
J'ai le devoir et le regret do vous avertir (pu; vous navoz plus que dix minutes. {Salanirjuement.j Ce après quoi je fais déblayer la scène pour la ro|)iiso de Maître Guérin. — (Le semainier sort.)
m"** REicHENBERG, à Léotaucl, bcis .
Souffle-moi bien, toi, animal. Je ne sais plus un mot de mon rôle.
JULES (XARETiE,à CciUban.
Ça se comprend, n'est-ce pas ? Au bout de trois mois de répétitions, trois mois pour un acte !...
CALiBAN. // se lève, solennel.
Mes enfants, puisque, selon cet homme décoré qui vient de surgir et de nous apparaître, nous n'avons plus que dix minutes pour travailler; puisque notre divine Reichenberg- ne sait plus un mot de son rôle et puisque, venant de Bordeaux, elle part pour Lille, je crois vous faire plaisir en levant la séance et en vous offrant quelques consommations à l'estaminet du théâtre. Le manque de café m'appesantit le crâne, et je vois d'ici Jean Aicard qui vient causer de son Lebonnnrd avec notre énergique directeur. Donc à demain, s'il en reste et si vous avez le temps, car, quant à moi, je demeure à votre entière disposition et je m'amuse trop ici pour en manquer une. {Exil.)
JULES CLARETiE, tirant sa montre.
A demain, à la même heure !
m"" reichenberg
Ce Caliban, quel ingrat I Je viens de refuser, pour lui créer son rôle, un cachet à Lisbonne et deux à Saint-Pétersbourg.
[Elle sort, suivie de ses camarades. Le silence se rétablit, troublé seulement par un bruit de bottes oii
l'on rcconnaîl le jxis militaire de rh'mpercui-. La pensée de Sareeij plane dans les lènèbres et l'exemple de Molière envahit la solitude... déblaijée.)