PRÉFACE
Et puis, cher lecteur, nos villes et nos villages, nos lacs et nos montagnes sont privés de cet intérêt historique qui fait le principal aliment des écrivains d'outre-mer qui à chaque pas, buttent pour ainsi dire, sur une histoire de six mille ans d'existence.
Le Canadien n’a pour toute ressource que son imagination. Il faut qu’il soutienne son récit par d’éternelles fictions. Telles sont les causes qui empêcheront pour longtemps notre littérature d'avancer aussi rapidement que nous pourrions l’espérer. Mais faudra:t-il jeter, de dépit, notre lyre, et condamner du même coun l'avenir littéraire de notre pays? Nous ne le croyons pas, et malgré les obstacles innombrables qu’il nous faille surmonter, nous devons, en courageux soldats de l’avenir, lutter contre l’aridité de notre histoire, et nous efforcer de faire jaillir des cendres du cacique, de nos grands lacs et de nos forêts vierges, des récits qui puissent, au moins, aplanir ces difficultés à la postérité.
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