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me jetai hors de mon lit et ayant fait rapidement ma toilette, je descendis à la cuisine où je pris une tasse de café; puis je demandai à Pablo des mets pour la journée, et deux bouteilles de vin. Quand il eut mis ces effets dans mon sac de voyage, je saisis mon fusil, et sortant aussitôt, je me dirigeai vers la montagne.
J’arrivai bientôt sous les lauriers fleuris sous lesquels nous nous étions donné rendez-vous, mais mon nouvel ami n’était pas encore arrivé.
J’attachai mon sac à la branche d’un arbre et je m’avançai, avec mon fusil, dans l’épaisseur de la forêt; à peine avais-je fait trois arpents que je vis sortir d’un taillis, un énorme sanglier des Andes, un peu moins gros que ceux d'Europe :
je portai aussitôt mon fusil à l’épaule, et visant. au cœur, je mis le doigt sur la détente : le coup partit.
Le sanglier que je n’avais fait que blesser, se précipita sur moi: je n’eus que le temps de me jeter derrière un arbre déraciné par la tempête ; il vint s’arrêter furieux près de l’arbre. Alors je lui envoyai ma seconde charge à bout portant, mais, soit que dans ma précipitation je l’eusse mal ajusté, soit que la crainte eût fait un peu dévier le coup, l’animal, après être tombé, se releva plus terrible, et d’un bond sauta par des-
sus l’arbre ; C’en était fait de moi ! ! je fermai les yeux attentat paisiblement le coup qui devait me donner la mort.
Cependant rien ne vint, et en ouvrant les yeux, j'aperçus mon ami, un poignard sanglant à la main, et me souriant tristement.
Cher ami, dis-je, je commence cette journée par vous devoir la vie, car sans vous, j'étais un homme mort. Veuillez donc me raconter ce qui s’est passé depuis mon évanouissement.
Quand vous avez tiré le dernier coup de fusil, j'étais à dix pas derrière vous, et comme le sanglier allait vous éventrer, je le saisis à la gorge et lui plongeai deux fois mon poignard dans le flanc ; et maintenant regardez, le voilà qui agonise.
En effet, je le vis à quelques pas de moi qui agonisait.
Ce sanglier avait environ quatre pieds de longueur, et pouvait peser de cent cinquante à deux cents livres.
Hamelin lui ouvrit le ventre, en fit sortir les entrailles et le coupa en deux. Il alla ensuite chercher de l’eau d’une source qui jaillissait du rocher et le lava.
Que voulez-vous faire de cette viande, lui demandai-je ?
Parbleu ! je veux que nous en goûtions. Rien n’est plus savoureux que la chair de cet animal.
Ah! dis-je, mais comment ferons-nous pour l'emporter jusqu’à la ville, puisque nous n’avons pas de chevaux.
Il me regarda en souriant. Il faut d’abord déjeûner, dit-il, ensuite nous songerons à ce qu’il faudra faire du reste ; et prenant son poignard qu'il avait déposé par terre, il se mit à couper des tranches de cette viande. Quand il en eut une quantité suffisante, il les saupoudra de sel et de poivre. Ensuite il alluma un grand feu et quand le bois fut brûlé, il rassembla les tisons et étendit ses tranches sur cette espèce de gril improvisé, les arrosant de temps en temps d’un excellent beurre frais qu’il avait eu soin d’apporter avec lui. Il s’en exhala bientôt une odeur et un fumet propres à exciter l'appétit du gastronome le plus difficile.
Quand la cuisson eut à peu près atteint sa :
perfection, il l’arrosa de vin. Enfin il retira son plat du feu et le déposa sur des feuilles de bananier.
Il me fit signe de m’asseoir sur l’herbe, et nous nous mîmes à manger. Je vous avouerai franchement, cher lecteur, que jamais auparavant je n’avais fait un repas aussi succulent.
Le repas terminé, il creusa un trou de deux pieds de profondeur dans le flanc de la montagne, couvrit le fond de cette fosse des cendres du foyer éteint, y coucha les restes mortels de l’infortuné sangiie. qui avait failli me tuer au lieu de me nourrir de sa chair, les sala légèrement et les couvrit de terre.
Maintenant, dit-il, fumons: et si jamais il nous prend fantaisie de revenir en ces lieux, nous 7 trouverons un repas tout prêt et cent fois meilleur que celui que nous venons de faire, car ainsi préparée, voyez-vous, cette chair acquicrt un goût digne du palais le plus rebelle.
Et qui donc vous a appris toutes ces choses, dis-je ?
Hélas ! cher ami, le besoin est un bien grand maître, lui seul m’a enseigné le moyen de ne pas mourir de faim, alors que les sbires du gouvernement anglais mo traquaient comme une bête fauve.
Chaque parole de cet homme étrange m’étonnaït et excitait de plus en plus dans mon cœur le désir de connaître les diverses péripéties de cette existence malheureuse.
Nous nous éloignâmes un peu du lieu du banquet, et tirant nos pipes et notre tabac canadien, nous fumûâmes avec délices, tout en regardant
les flet
un.
sol:
Cro cet ave dur tea nat ce
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piramider capricieusement dans le ciel bleu, la fumée de nos calumets.
Quand nous eûmes payé notre tribut au Dieu des fumeurs, Hamelin me fit le récit de ses.
aventures à peu près dans les termes suivants :