‹ Souvenirs d'un impresarioChapitre 7 sur 44 · ENFANCE D ADELINA PATTI · texte numérisé non relu

ENFANCE D ADELINA PATTI

charité, à Xew-York, la jeune Adelina qui avait huit ans. Elle chanta le rondo de la SonnambuJa et la chanson de YEc/w, de Jenny Lind. L'enfant produisit une sensation inouïe et s'approcha du premier coup des célébrités qui étaient à ses côtés.

De huit à onze ans , Adelina Patti voyage avec Maurice Strakosch, et c'est par Baltimore qu'elle inaugure cette longue tournée. Le prix des places pour ces concerts avait été uniformément lîxé à 2 fr. oO. Au premier, 100 personnes seulement prirent des billets; au second, il veut 300 billets payés; au sixième, le maximum était atteint, et chaque soir 2 000 spectateurs se pressaient dans la salle pour apj)laudir la petite merveille.

A Baltimore, Maurice Strakosch rencontra Ole Bull, violoniste norvégien, improvisateur et poète sur son instrument, iiu virtuose cjui était de l'école de Paganini. Ole Bull s'associa à la troujjc de

tV SOUVENIRS n IN IMIMIESAIUO.

Slrak()>cli et vc lui une allraclion de plus.

La |HMisioiiiiaii'(' r\ hrllc-^d'iii' de Maurice Sli'akosch n'élail poiiil loiijoiii's (Huimeur facile; si (*lle aimail à cliaiiler, elle ne (lédaii^nail pas les plaisirs de son âge, el rlle |)assait la plus grande partie de son lemps à jouei" avec les enfants dont ell(* l'aisail la connaissance dans les hôtels où l'on descendait. Il fallait sonvent l'arracher au jeu ])0urlui faii'c i*eprendre ses gammes et ses exercices que son directeur tint heanconp à ne jamais lui laisser négliger.

Comme lonles les grandes artistes, Adelina avail déjà des volontés auxquelles il (Mail nécessaire de souscrire, car elle ne cédail jamais ni h la force ni à la prière.

\n jour, à Cincinnali, la petite Patti avait demandé mic p()U|K'e à Strakosch ; celui-ci n 'avail pas j)risen très grande considération le (h'sii' de rcid'aul et ne s'était pas pi'écaulioniK' du iducl eu (piestion. A l'heure du concei'l. Adelina déclare qu'elle

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ne chantera pas si elle n'a pas sa poupée. La salle est pleine, mais rien ne peut faire fléchir la résolution d'Adelina : force est bien à Strakosch d'aller acheter la poupée. Quand on la lui remet, la Patti essuie ses pleurs, saute sur la scène et chante de façon à enthousiasmer toute l'assistance.

Adelina n'était pas moins vive que volontaire. Elle avait un goût prononcé pour le Champagne; Ole Bull, son voisin de table d 'Ilote, s'avisa une fois de lui en refuser à dîner; une autre enfiint aurait pleuré. Adelina prit un autre moyen de manifester son mécontentement, et elle achninistra de sa mignonne main un maître soufflet au violoniste récalcitrant.

Il avait été décidé que {\v douze à quinze ans la Patti n(^ chanterait pas en public. Mauri(!e Strakoscli voulait (hinncr à c(^((c voix merveilleuse^ le liMups dr se former complètement; mais, pendant une de ses

H) sorvKMiJs I) r.\ imimjksahio.

absiMiccs, ('( alors (ju'il ('Mii\ail pour IM"'' Pai'odi un ojxM'a, Jean de Naple^, qui lui r('|)i'rs('iilé à N('\v-Voi"l\ en l8o7, (ioltseliallv (li'IcM'uiina les parents d'Adelina à lui conlier 1(3 [)hénonièno cl l'eninKina aux Indes orientales pour une p(;lite tournée.

En 1859, Maurice Strakosch, prenant la direction de l'Opéra Italien à New-Vork, \ fit débuter M"' Adelina Palli qui avait seize ans, et qui était, ce qu'elle est encore à prés(Mit, la femme charmante et l'artiste adoiable que l'on connaît.

Cette solennité eut lieu le 24 novembre 1859, M'^' A. l*alti n'avait eu qu'une répétition au piano, et une à l'orchestre; ce ne fut pas un succès, mais un triomphe. C'est l'habile maestro Mu/io (jui dirigeait rorch(*slre daiis cette occasion.

Au cours de cette première saison, Adelina Palli chaula : le Ihirh/cr, la Somnaniindu, J)on Pasqualo^ les Puritains, YElixir

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^d amour y Mariha, Don Juan, la Traviata, le Trovatore, R'igoletto, Ernanï, Moïse en Egypte, Linda dï Chaniouni.

Maurice Strakosch avait alors comme prime donne AP" Frezzolini, De la Grange Cortesi, Gazzaniga et Golson, comme on le voit, une pléiade extraordinaire.

Après un début aussi splendide et sur lequel on n'osait pas compter, Strakosch déchira l'engagement qui liait avec lui M"''' Patti. Cet engagement était consenti pour cinq années et exécutoire dans tous les pays où Timpresario voudrait conduire sa pensionnaire. La première année il lui payait 2000 francs par mois, la seconde 3000 francs, la troisième 4000, les quatrième et cinquième 5000. Il y a deux ans M"^^ Patti touchait 25000 francs par soirée à San-Francisco.

Le traité qui remplaça celui annulé par Strakosch, et qui est resté le mémo tant ([ue l'imprésario a eu M'"'" Patti sous sa

IS SOUVK.MIJS I) r.N l.\l rUKSA H 10.

(lii'cclioii , alh'ihiiail à (('Ile-ci la inoili('' (les ixMirlices, apri's j)1'(''1('\(mii(mi[ des frais j;éiirrau\ ; c'était une associaliori bien plu- I(M (juime e\|)loilali(^ii.

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