‹ Souvenirs d'un jeune premier. Avec [une] préf. de Jules ClaretieChapitre 36 sur 44 · HORTENSE · texte numérisé non relu

HORTENSE

C'était le nom de la sœur de la jeune fille.

Il était évident que l'expérience qui venait d'avoir lieu avait préparé l'esprit de Home ; il dit à la maîtresse de la maison :

— Vous êtes excellente musicienne, madame ; avez-vous un air que vous préfériez ?

— Oui, répondit-elle.

— Pensez-le.

Et le piano de la chambre voisine exécuta l'air de la Muette.

Ce que l'on raconte ne vaut jamais ce que Ton voit avec la perception de tous ses sens. En racontant cette soirée, je pressens l'incrédulité de mon lecteur ; mais les témoins

en étaient nombreux, étrangers l'un à l'autre, et nul d'entre eux ne pouvait se douter que je reproduirais dans mes Mémoires cette indescriptible séance.

Le seul refuge que trouve la raison dans les évocations que nul n'a le droit de taxer d'impostures, c'est d'y reconnaître la confirmation sensible de l'immortalité de l'àme.

L'homme, de quelque puissance exceptionnelle qu'il soit doué, peut-il en effet mettre la mort en face de la vie ? Les âmes, qu'elles soient au repos et réincarnées dans une planète, ou qu'elles soient errantes, peuvent-elles obéir à la voix d'un vivant et révéler le mystère de l'avenir après la mort f

Cette question suffît à me prescrire le silence. Le doute sur tout ce qui n'a pas Dieu, voilà ce (jui est seulement permis 'à l'homme.

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