Souvenirs d'un voyage en Sibérie
Mon voviige en Sibérie avait un but scientitique; je voulais, par des observations quotidiennes, étudier le système magnétique de la terre et fixer la situation géographique de différents points de ces régions si peu connues, même des hommes éclairés. Aussi ces travaux continuels, joints aux fatigues de ■la route, ne m’avaient-ils pas permis de tenir un journal des divers événements auxquels je m’étais trouvé mêlé. Dans ces circonstances, il ne pouvait entrer dans mes projets de publier une relation de voyage, et je ne songeai qu’à faire connaître à mon gouvernement les résultats scientifiques que j’avais obtenus.
La vive curiosité témoignée par mes compatriotes, qui désiraient apprendre quehjue chose sur ce pays, ainsi que sur le caractère, les mœurs et les coutumes de ses habitants, me décida à les satisfaire, en don-
AVAi^T-PROPOS.
nant, dans quelques livraisons du Norsk Folke-Ku- Icnder, ou Calendrier du peuple norvégien pour les années 1849 à 1856, plusieurs esquisses dont je puisai les matériaux dans des lettres adressées à ma femme pendant le cours de mon voyage.
Un écrivain allemand, M. le docteur Sebald, de Berlin, recueillit ces fragments et les traduisit d'après un ordre chronologique. Sur sa demande, je lui envoyai une introduction où j’exposai l’ohjet de mon excursion, avec un nouveau chapitre contenant le voyage de Christiania par Stockholm à Saint-l’étershourg, ainsi que mon séjour dans cette dernière ville.
M. Saint-René-Taillandier ayant, dans des numéros de la Revue des Deux Mondes, parlé d’une manière flatteuse de ces simples esquisses, on a proposé à ma compatriote, madame Colhan, de les traduire en français, proposition qu’elle a acceptée. Il existait, dans la traduction allemande, une lacune entre mon départ de Saint-Pétershourg et mon arrivée à Toholsk; il n’était point question non plus de mon passage à Moscou, à Kasan, à Ékatheriiiemhourg, ni de mon départ de cette ville pour me rendre vers le ÎN’ord jusqu’aux grandes fabriques et aux lavoirs d’or et de platine situés le long de la chaîne orientale de l’Oural, ni de la description de Toholsk, capitale de la Sibérie occidentale, etc., etc. J’ai tâché de combler ces lacunes pour la traduction française, que
AVANT-l'nOPOÿ. vil
j’ai l'ail accompagner d’nne carie (pii permel d’embrasser d’un coup d'œiirilinérairc du voyageur.
Je dois sculemenl rappeler qu’en publianl ces légères escjuisses j’ai cédé uniquemenl au\ inslances de mes compalriotes, chez lesquels j’élais sur de trouver la plus aimable indulgence pour l’auteur, obligé de raconter des choses souvent peu importantes en elles-mêmes. Aussi n’est-ce pas sans avoir hésité longtemps que j’ai consenti à les présenter au grand public européen sous un costume étranger.
(anusTOPiiE Hansteen.