Fiquelmont à Dietrichstein ; dépêche clu 5 avril
campagnes et villes voisines, enfin tout le pays qui borde les frontières de Sa Majesté Sarde en feu. » — Cette situation, comme M. Abercromby peut bien le comprendre, réagit sur l'état des esprits dans les provinces qui appartiennent à Sa Majesté le roi de Sardaigne. La sympathie qu'excite la défense de Milan, l'esprit de nationalité qui, malgré les délimitations artificielles des différents États, se fait néanmoins très puissamment sentir, tout concourt à entretenir dans les provinces et dans la capitale une telle agitation, qu il est à craindre qu'il n'en puisse résulter d'un moment à Vautre une de ces révolutions qui mettraient le trône en grave danger; car on ne peut se dissimuler qu'après les événements de France, le danger de la proclamation d'une ré- . publique en Lombardie ne puisse être prochain. En effet, d'après des renseignements positifs, il paraît qu'un certain nombre de Suisses ont grandement contribué, par leur intervention, à la réussite du soulèvement de Milan; si Ton ajoute à cela les mouvements de Parme et de Modène, ainsi que ceux du duché de Plaisance, sur lequel on ne peut refuser à Sa Majesté le roi de Sardaigne le droit de veiller comme sur un territoire qui doit lui revenir par droit de réversibilité; si Ton ajoute qu'une grande et sérieuse exaspération a été excitée en Piémont et dans la Ligurie par la conclusion d'un traité entre Sa Majesté Impériale et les ducs de Parme et de Modène, traité qui, sous l'apparence de secours à fournir à ces petits États, les a réellement englobés dans la monarchie autrichienne,
MÉLANGES
en portant les frontières militaires, du Pô, où elles devraient finir, jusqu'à la Méditerranée, et en rompant ainsi l'équilibre qui existait entre les diverses puissances de l'Italie, il est naturel de penser que la situation du Piémont est telle que, d'un moment à Vautre, à V annonce que la république a été proclamée en Lomhardie, un mouvement semblable éclaterait aussi dans les États de Sa Majesté le roi de Sardaigne, ou que, du moins, il y aurait quelque grave commotion qui mettrait en danger le trône de Sa Majesté. C'est dans cet état de choses que le roi... se croit obligé de prendre des mesures qui, en empêchant que le mouvement actuel de la Lombardie ne devienne un mouvement républicain, épargneront au Piémont et au reste de l'Italie les catastrophes qui pourraient avoir lieu, si une telle forme de gouvernement venait à être proclamée1.
Abercromby se rendit vers minuit chez le comte BalbO; et en obtint des renseignements plus détaillés. « Lui et ses collègues, d'après les divers rapports officiels qui leur avaient été transmis par le directeur de la police, sur le danger imminent d'une révolution républicaine dans le pays, en cas que le gouvernement différât encore à porter secours aux Lombards, et voyant l'impossibilité de meltre un frein à la grande excitation qui s'étendait dans tous les États de Sa Majesté Sarde avaient décidé, etc. 2. »
Le marquis de Normamby écrivait de Paris, le 28,